Stellantis restructure sa direction face à la chute du bénéfice net
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Antonio Filosa prend les rênes de Stellantis, restructurant la direction face aux défis stratégiques et à la chute des bénéfices en 2024.
PAULO WHITAKER
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Antonio Filosa prend les rênes de Stellantis, restructurant la direction face aux défis stratégiques et à la chute des bénéfices en 2024.
PAULO WHITAKER
L'arrivée d'Antonio Filosa à la tête de Stellantis et l'officialisation de la nouvelle équipe dirigeante interviennent à un moment charnière pour le quatrième constructeur automobile mondial. Cette réorganisation, annoncée dans un contexte de forte érosion des bénéfices en 2024 et de défis structurels, vise à insuffler un nouvel élan et à rassurer les marchés sur la capacité du groupe à pivoter face aux mutations profondes de l'industrie. Les implications concrètes de ces changements, tant sur la culture d'entreprise que sur les orientations produits et géographiques, sont d'ores et déjà scrutées par l'écosystème économique et financier.
L'entrée en fonction d'Antonio Filosa, qui conserve ses responsabilités pour la région Amérique du Nord et les marques américaines, est loin d'être anodine. Cette décision, saluée par les analystes de Jefferies comme « logique vu la contribution de cette région » aux résultats, souligne la prépondérance des marchés américains dans la génération de profits pour Stellantis, malgré un volume de ventes européen supérieur. Ce maintien à la barre de l'Amérique du Nord, où des difficultés ont précipité le départ de Carlos Tavares, met en lumière le caractère critique de cette zone pour l'équilibre financier du groupe. Antonio Filosa hérite d'un dossier complexe, notamment la tempête des droits de douane américains et la nécessité potentielle de rapatrier une partie de l'importante production mexicaine aux États-Unis, des enjeux qui pèseront lourdement sur la rentabilité future.
La composition de la « SLT » (Stellantis Leadership Team), désormais forte de douze membres aux côtés d'Antonio Filosa, révèle un subtil équilibre des forces. Avec six Français, trois Américains et trois Italiens, la nouvelle équipe témoigne d'une volonté de concilier les héritages de PSA et de Fiat-Chrysler, tout en signalant un recentrage significatif vers l'axe italo-américain, incarné par le PDG lui-même et John Elkann, président du conseil d'administration.
Les nominations de Jean-Philippe Imparato à la tête de la région Europe, d'Emanuele Cappellano pour l'Amérique du Sud, et de Philippe de Rovira pour le « reste du monde » sont des signaux forts quant à la distribution des responsabilités.
Le repositionnement de Monica Genovese aux achats et de Sébastien Jacquet à la qualité, ainsi que le rattachement direct de Ralph Gilles (design) et Olivier François (marketing) au directeur exécutif, confirment une inflexion stratégique.
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Selon les analystes de Jefferies, cette dernière décision est « positive », la précédente direction ayant « négligé l'importance du marketing et des identités de marque », un point crucial pour regagner la confiance des consommateurs.
Le départ de Maxime Picat, dont le nom circule désormais pour la direction de Renault, marque la fin d'une ère et ouvre des spéculations sur un éventuel remaniement au sein de l'industrie automobile française.
Pour Stellantis, cette transition s'accompagne d'une urgence à restaurer la confiance des clients, particulièrement ébranlée par les problèmes de fiabilité rencontrés sur plusieurs marques, notamment avec les moteurs Puretech et les airbags Takata. Ces incidents, ayant entraîné pannes et accidents graves, ont directement affecté la réputation du constructeur et contribué à la baisse de ses parts de marché et de ses bénéfices en 2024.
La nouvelle équipe dirigeante, avec Sébastien Jacquet à la qualité, aura la lourde tâche de redresser la barre et de démontrer un engagement sans faille envers l'excellence produit.
En Europe, Stellantis doit impérativement regagner des parts de marché. Le défi est double : convaincre les acheteurs hésitants face aux véhicules électriques encore onéreux et, simultanément, accélérer le développement d'une offre hybride plus abordable et pertinente.
Le lancement imminent de la Fiat Grande Panda, combinant motorisations hybride et électrique, est un symbole fort de cette accélération et de cette approche pragmatique. Selon les données internes du groupe, l'élargissement de cette offre est jugé essentiel pour s'adapter aux dynamiques de marché et aux contraintes d'accessibilité. La capacité de Stellantis à innover tout en maîtrisant ses coûts sera déterminante pour sa compétitivité sur le Vieux Continent.
Depuis l'annonce de sa nomination, Antonio Filosa a multiplié les déplacements, visitant l'usine historique de Peugeot à Sochaux, puis l'Italie, l'Espagne, l'Allemagne, la Slovaquie et rencontrant des concessionnaires en France. Cette tournée vise à rassurer les équipes, les syndicats et les investisseurs.
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Si l'action Stellantis cédait 1,70 % à la Bourse de Paris en milieu de journée le 23 juin, dans un marché stable, cela traduit une certaine prudence de la part des marchés. Les défis sont considérables : après des marges records durant ses premières années, Stellantis doit désormais prouver sa résilience face à la chute de ses bénéfices et aux incertitudes géopolitiques et sectorielles. L'attention est désormais tournée vers les premières décisions concrètes de la nouvelle équipe pour inverser la tendance.
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