Automobile : l'équation à cinq inconnues de l'impact de la guerre en Ukraine
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La troisième lame du rasoir... Après la crise du Covid, puis la pénurie des semi-conducteurs, la filière automobile est de nouveau saisie par une nouvelle crise majeure qui n'avait pas été anticipée et qui va pourtant profondément impacter le secteur. La guerre russe en Ukraine va bouleverser une industrie automobile européenne déjà éprouvée par trois années de crise. Personne ne s'est encore aventuré sur les conséquences de cette nouvelle crise tant les questions se posent sur la durée du conflit, ou son risque de propagation... Pour autant, cinq principaux points critiques sont identifiables.
C'est l'une des conséquences les plus immédiates de la guerre. Michelin a suspendu la production sur plusieurs sites en raison de problèmes logistiques liés à la livraison de matières premières comme de la résine ou du noir de carbone, en provenance de Russie. Plusieurs constructeurs ont également été privés de pièces critiques, suspendant de fait la production sur plusieurs sites. Les groupes allemands sont notamment touchés par la suspension des usines de Leoni, un fabricant de câbles. Volkswagen, sa filiale Audi, mais également BMW, Mercedes ou Porsche ont eu recours à des mesures de chômage partiel face aux ruptures d'approvisionnement de câbles. Volkswagen a ainsi stopper la production de son principal site industriel à Wolfsburg pour deux semaines minimum.
Les industriels sont quasi-immédiatement impactés par la moindre variation de livraison puisqu'ils pratiquent massivement le "mono sourcing en juste-à-temps", ce qui revient à dépendre d'un seul fournisseur sans constituer de stocks. Leoni travaille cependant à donner le relais à ses sites situés au Maghreb ou au Kosovo, mais l'opération est complexe à mettre en œuvre.
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Le marché des matières premières est sens dessus dessous. Le nickel a augmenté de 250% sur la seule journée du 7 mars. La Russie étant le premier exportateur de ce métal indispensable pour éviter la corrosion des alliages. La guerre vient ainsi prolonger la période de forte hausse des matières premières qui avait suivi la fin des confinements généralisés et provoqués un embouteillage dans les livraisons et les prises de commande. L'aluminium a augmenté de 62% en un an, le cobalt de 56%. Le palladium s'est envolé de 76% depuis mi-décembre. Enfin, le lithium a littéralement explosé de 480% sur un an.