Si en France et en Europe, aucun constructeur ne se réjouit officiellement de la dégringolade des ventes de la marque américaine de voitures électriques, certains se mobilisent pour séduire ses clients déçus, dont une partie fustige la « bromance » d’Elon Musk avec Donald Trump.Tesla a longtemps été le champion mondial des ventes de voitures électriques. Mais cette période est désormais révolue. Le constructeur américain, propriété du milliardaire Elon Musk, est désormais dans l'œil du cyclone. Il souffre depuis plusieurs mois d'une violente dégringolade de ses ventes.
Celles-ci ont chuté de moitié en Europe, entre janvier et février, à seulement 19 000 unités, selon de l'ACEA, le lobby de l'automobile sur le Vieux Continent. Dans l'Hexagone, ses immatriculations ont aussi plongé de près de 45 %, à un peu plus de 3 500 voitures écoulées sur la même période, rapporte pour sa part la Plateforme automobile (PFA), qui rassemble les constructeurs français.
Difficile de ne pas voir dans cette débâcle commerciale une conséquence de « bromance » d'Elon Musk avec Donald Trump. Sur le Vieux Continent comme aux États-Unis, Tesla est devenu une cible, en témoignent les dégradations visant ses voitures, ses concessions, ou ses stations de recharge. Les manifestations contre la marque se sont également multipliées. Pendant l'une d'elles, à New York, des opposants ont notamment brandi une pancarte « Tesla finance le fascisme ». Certains automobilistes, visiblement embarrassés, n'hésitent plus à apposer sur leur voiture un autocollant dont le message a le mérite de la clarté : « J'ai acheté cette voiture avant qu'Elon devienne fou ».
L'opération séduction de Volkswagen
Quoi qu'il en soit, en face, les concurrents de Tesla lorgnent ses parts de marché. D'autant que tous les constructeurs mettent aujourd'hui les bouchées doubles dans l'électrique, afin d'être dans les clous de la réglementation européenne sur la baisse des émissions de CO2. Mais la plupart des acteurs interrogés par La Tribune tiennent peu ou prou le même discours : chacun se dit convaincu par sa propre stratégie, et entend, officiellement du moins, y rester fidèle quelles que soient les difficultés de ses rivaux. « Nous n'avons pas de stratégie anti-concurrent spécifique, argue Vincent Salimon, le PDG de BMW France. Nous avons suffisamment investi dans notre stratégie de long terme pour ne pas avoir de réaction à court terme sur les difficultés d'un concurrent. »