Brexit : les constructeurs Français seront les moins impactés

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(Crédits : Reuters)
Alors que la perspective d'un "no deal" n'a jamais été autant envisagée, les constructeurs tentent d'anticiper l'impact tant d'un point de vue financier que logistique. D'après une note de Deutsche Bank, les constructeurs automobiles français pourraient subir un moindre préjudice par rapport à leurs concurrents européens.

Le Brexit sera-t-il un drame pour l'industrie automobile européenne ou pas ? Les intervenants de la conférence organisée ce matin par le Comité des constructeurs français d'automobile (CCFA) n'ont pas franchi le pas d'une telle sentence, mais sans pour autant avoir sous-entendu le contraire... Bien au contraire...

L'élasticité prix va lourdement impacter le marché britannique

C'est Gaëtan Toulemonde, analyste spécialiste de l'industrie automobile chez Deutsche Bank, qui a posé le décor macroéconomique. D'après lui, le marché automobile britannique représente 17% du marché européen. L'archipel importe environ 1,8 million de voitures et en exporte 700.000. Le rétablissement des barrières douanières sans accord, le fameux No Deal, pourrait représenter quelques 5 milliards d'euros de taxes... Soit autant d'argent à répercuter dans les prix, ce qui risque de lourdement impacter le marché britannique.

Gaëtan Toulemonde rappelle que l'élasticité prix généralement retenue dans le secteur est de 1 pour 1, autrement dit, une hausse de 10% des prix fait baisser de 10% la demande. Hugues de Franclieu, chef du bureau de la politique commerciale et du soutien à l'export du ministère de l'Economie et des Finances, de son côté, a rappelé qu'en cas de "no deal" entre l'Union européenne et le Royaume-Uni, les textes communautaires prévoient qu'une taxe de 10% sera instaurée à toutes les importations de voitures produites outre-Manche. Mais, les pièces d'équipementiers, elles, ne seront pas soumises aux taxes. En revanche, elles subiront des contrôles et des formalités réglementaires complexes.

1.000 camions par jour

Marc Mortureux, directeur général de la Plateforme Automobile, a illustré cette idée: "Il y a 1.000 camions par jour qui quittent le continent pour alimenter les usines britanniques, si chacun doit subir un contrôle de 10 minutes, on a 27 kilomètres d'embouteillages". Et Gaëtan Toulemonde rappelle qu'en valeur, les importations britanniques dans l'industrie automobile représentent 30 milliards d'euros.

Mais selon l'analyste, il y a peut-être une bonne nouvelle dans ce tableau très sombre. Selon lui, l'industrie automobile française serait moins touchée que les autres groupes européens. D'après une note élaborée par Gaëtan Toulemonde, et publiée par Deutsch Bank, Renault pourrait être impacté à hauteur de 100 à 200 millions d'euros par le Brexit, et environ le double pour PSA. D'après l'analyste, Jaguar-Land Rover, propriété du groupe indien Tata pourrait perdre environ 800 millions d'euros, soit un impact significatif au regard de son chiffre d'affaires (moins de 30 milliards, contre plus de 70 milliards pour PSA). Toujours selon cette même note, Nissan se verrait affecter à hauteur de 7% de son résultat d'exploitation. Le constructeur automobile japonais construit l'essentiel de sa production en Angleterre, et est donc très fortement exposé aux questions de barrières douanières.

Et d'ajouter que même face aux constructeurs automobiles allemands, les constructeurs français sont mieux placés. Le mieux étant l'ennemi du bien, les Français seront juste un peu moins impactés, mais la facture restera élevée!

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Commentaires
a écrit le 10/04/2019 à 13:06 :
Erreur de titre il aurait fallu écrire no brexit .
a écrit le 10/04/2019 à 12:43 :
D'après une étude de la CNUCED, la Chine serait la grande gagnante d'un non deal sur le Brexit.
Ce n'est pas une surprise, mais les chiffres annoncés sont très élevés. ~ 35 Md pour la Chine
https://www.lemoci.com/actualites/pays-marches/brexit-la-chine-en-tete-des-gagnants-dun-non-accord-lue-grande-perdante/
a écrit le 10/04/2019 à 11:54 :
Le Brexit n'aura pas lieu, c'est la France de 2005, ce vote est aux oubliettes et la France avait intérêt à tout faire pour ça sinon pour nous c'était la catastrophe !
Donc plus de soucis on peut tout continuer et le port qui a coûté un bras ne servira à rien ! Excellent encore des millions à la benne !
a écrit le 10/04/2019 à 11:36 :
Le constructeur automobile japonais (Nissan) construit l'essentiel de sa production en Angleterre ? Vraiment, plus qu'au Japon ? Combien de pour cent du total, pouvez-vous préciser svp.
a écrit le 10/04/2019 à 10:49 :
Lorsque je regarde cette photo je me dis que le grand Jim Cooper, l'inventeur de la vraie Mini, doit se retourner dans sa tombe..
a écrit le 10/04/2019 à 8:12 :
Ben écoutez si pour une fois dans l'histoire de l'europe les constructeurs automobiles français seront mieux placés que les constructeurs automobiles allemands on va le prendre avec plaisir hein !

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