Bruxelles accorde un sursis aux constructeurs automobiles sur les objectifs de CO2
La Tribune (avec AFP)

Photo d'illustration
Yves Herman
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La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a annoncé lundi la mise en place d'un mécanisme de flexibilité visant à alléger temporairement la pression sur les constructeurs automobiles européens peinant à respecter les objectifs de réduction des émissions de CO₂ fixés pour 2025. Cette initiative intervient alors que le secteur traverse une crise profonde, exacerbée par la concurrence croissante des groupes chinois.
Le dispositif, qui sera intégré dans un amendement ciblé au règlement sur les normes de CO₂, prévoit d'étaler le calcul des émissions moyennes sur trois ans, de 2025 à 2027, au lieu d'une seule année. Cette mesure offrirait ainsi un répit aux constructeurs retardataires sans pénaliser ceux qui respectent déjà les objectifs, lesquels bénéficieront d'un crédit d'émissions.
« Les objectifs restent les mêmes, mais cela signifie plus de flexibilité pour l'industrie », a déclaré Ursula von der Leyen à l'issue d'une rencontre avec des dirigeants de la filière automobile, dont BMW, Renault, Stellantis et Volkswagen. La présidente a également assuré qu'un amendement pourrait être rapidement approuvé par le Parlement européen et le Conseil, soulignant l'urgence de la situation.
Cette annonce fait suite à une première réunion fin janvier et précède la présentation, prévue mercredi, d'un plan d'action européen pour soutenir le secteur automobile. En interne, l'initiative a été portée par le Français Stéphane Séjourné, qui a défendu une approche plus pragmatique face aux défis économiques actuels. « Nous ne pénaliserons pas l'industrie que nous devons aider », a-t-il affirmé, se félicitant du compromis trouvé.
La décision de Bruxelles répond également aux pressions exercées par plusieurs États membres, dont l'Allemagne, la France et l'Italie, fermement opposés à l'idée d'imposer des amendes aux constructeurs en difficulté. Ces pays, inquiets des répercussions économiques et sociales, plaidaient pour une solution plus souple.
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Cependant, cette concession suscite la colère des ONG environnementales, qui dénoncent un recul dangereux dans la lutte contre le changement climatique. Ces organisations craignent que cette flexibilité n'affaiblisse les efforts de transition vers des véhicules moins polluants, alors même que le calendrier prévoit toujours la fin des moteurs thermiques d'ici 2035.
Les normes CAFE (Corporate Average Fuel Economy), qui imposent une réduction progressive des émissions par véhicule, restent inchangées avec un seuil de 93,6 grammes de CO₂/km en moyenne dès janvier 2025. Jusque-là, les constructeurs avaient globalement respecté ces exigences, mais l'entrée en vigueur du nouveau palier représente un défi majeur dans un marché en déclin.
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« D'une part, nous avons besoin de prévisibilité et d'équité pour les pionniers (...). D'autre part, nous devons écouter les voix qui demandent plus de pragmatisme », a insisté Ursula von der Leyen, tentant de concilier ambitions climatiques et impératifs industriels. La balle est désormais dans le camp du Parlement européen et du Conseil, qui devront se prononcer rapidement sur cette proposition.
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