Normes CO2 : le secteur automobile pointe l’inertie de Bruxelles

Luca de Meo, le président de l'ACEA et PDG de Renault.
© LTD / CORENTIN FOHLEN POUR LA TRIBUNE DIMANCHE

Luca de Meo, le président de l'ACEA et PDG de Renault.
© LTD / CORENTIN FOHLEN POUR LA TRIBUNE DIMANCHE
C'est une énième missive d'alerte dont s'est fendu, dimanche dernier, le lobby des constructeurs automobiles européens (ACEA). Celui-ci a appelé une nouvelle fois l'Union européenne à réviser « instamment » la réglementation sur les émissions de CO2. Celle-ci se durcit l'an prochain. Les constructeurs qui ne vendront pas assez de voitures électriques risquent, en clair, d'écoper de lourdes amendes.
Consciente des difficultés du secteur, Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, a récemment annoncé un « dialogue stratégique » sur l'avenir de l'automobile au mois de janvier. S'ils saluent l'initiative, les constructeurs considèrent qu'ils n'ont pas le temps d'attendre jusque-là. Aux yeux des Renault, Stellantis et autres Volkswagen, le secteur doit être fixé au plus tard d'ici à la fin de l'année.
Le patron de Renault appelle, au plus tôt, à « une déclaration politique claire de la Commission européenne d'ici la fin 2024 ». Sans quoi « l'industrie automobile risque de perdre jusqu'à 16 milliards d'euros de capacité d'investissement, soit en payant des pénalités, soit en réduisant la production, soit en s'associant à des concurrents étrangers, soit en vendant des véhicules électriques à perte », avertit-il.
Pourquoi cet empressement ? Parce que si 2025 s'ouvre sans certitude sur le front des amendes, les constructeurs devront intégrer cette perspective dans leurs budgets. Ils devront passer « des provisions », expliquait Luca de Meo au Mondial de l'Auto en octobre dernier. « Tu prends de l'argent, tu le mets dans le frigo, et tu ne le mets pas dans le business », s'était-il agacé.
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L'ACEA rappelle qu'aujourd'hui, les ventes de voitures électriques, boudées par les clients car trop chères par rapport à leurs équivalents thermiques, « stagnent à environ 13% de part de marché » en Europe. Or celle-ci devrait atteindre environ 23% pour éviter les amendes. « Cet écart est trop important pour être comblé à temps », poursuit le lobby. Pas sûr, pour autant, que la Commission soit sensible à ces arguments.
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