30 mai 2023. À en croire les personnalités présentes, la date est historique pour l'ex-bassin minier et pour la réindustrialisation de la France. Carlos Tavares, ex-grand patron de Stellantis, a fait le déplacement en personne dans le Pas-de-Calais. Il est entouré d'élus locaux et régionaux, dont Xavier Bertrand, ainsi que plusieurs ministres, parmi lesquels Bruno Le Maire et Agnès Pannier-Runacher. L'inauguration de la toute première gigafactory implantée en France, portée par ACC, suscite de multiples espoirs. La production de batteries électriques en grande série doit alors démarrer quelques mois plus tard, en janvier 2024.
Née d'une alliance entre les deux constructeurs automobiles (Stellantis et Mercedes) et le géant de l'énergie TotalEnergies-Saft, Automotive Cells Company (ACC) réaffirme ce jour-là son ambition de produire sur le site de Billy-Berclau/Douvrin des batteries de type NMC (lithium-ion) afin d'équiper jusqu'à 800 000 véhicules électriques par an d'ici à 2026, soit la bagatelle de 27 GWh. Le projet, surnommé sans fausse modestie « l'Airbus des batteries », vise à répondre à une demande croissante de batteries de voiture, mais aussi à contrer la concurrence asiatique et à asseoir la souveraineté industrielle européenne.
Mais les débuts d'ACC vont vite se compliquer. Le démarrage est contrarié par des difficultés de mise au point du processus industriel, fonctionnant en partie avec des machines venues de Chine. « Les cadences sont beaucoup plus faibles que prévu, on n'avait pas envisagé de telles difficultés », reconnaît fin octobre Yann Vincent, directeur général d'ACC dans Le Courrier Picard. Toutes les étapes de la production demandent de la précision, de la pulvérisation d'« encre » en couche ultrafine (huit fois moins épaisse qu'une feuille d'aluminium) à l'assemblage des cellules en modules, en passant par la découpe et la mise en forme des électrodes... Tout se joue au micromètre près.