La voiture électrique confrontée à des vents contraires en France
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Luca de Meo, le patron de Renault, appelle l'UE à reporter une obligation de baisse des émissions de CO2 pour l'année prochaine.
Reuters
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Luca de Meo, le patron de Renault, appelle l'UE à reporter une obligation de baisse des émissions de CO2 pour l'année prochaine.
Reuters
Les désaccords entre Renault et Stellantis, les deux cadors français de l'automobile, s'étalent désormais sur la place publique. Le premier ne cache pas sa crispation à l'égard de l'obligation européenne de baisse des émissions de CO2 pour l'année prochaine. Les faibles ventes de voitures électriques, qui ont plongé cet été, nécessitent, d'après Luca de Meo, le patron de Renault, que Bruxelles reporte cette échéance.
Une note informelle, non signée mais où beaucoup retrouvent la patte du dirigeant, a circulé ces jours derniers dans les instances européennes. Le document alerte sur le peu d'engouement des clients pour l'électrique : le marché européen « stagne depuis plus d'un an, à moins de 15% pour les voitures particulières, et à 7% pour les utilitaires », alerte-t-il. En conséquence, le texte appelle Bruxelles à différer de deux ans, de 2025 à 2027, l'obligation de baisse des émissions de CO2. Si rien n'est fait, les constructeurs pourraient, poursuit la note, écoper d'énormes amendes. Celles-ci pourraient atteindre « 13 milliards d'euros pour les voitures particulières, et trois milliards d'euros pour les véhicules utilitaires ».
Mais en face, Stellantis ne joue pas, du tout, la même partition. Son chef de file, Carlos Tavares, a dit tout le mal qu'il pensait d'un tel report. Ce dimanche, au concours d'élégance automobile de Chantilly, où il présentait ses marques premium, le dirigeant a jugé cette perspective « surréaliste ». Hors de question, à l'entendre, de changer maintenant les règles du jeu pour des questions concurrentielles. « Tout le monde connaît les règles depuis longtemps, tout le monde a eu le temps de se préparer, et donc maintenant, on fait la course », a-t-il lâché à l'AFP.
À lire également
Certains redoutent les conséquences de ce bras de fer à distance sur le marché français de l'électrique. Le danger, pour certains observateurs, serait d'envoyer un mauvais signal au consommateur, en lui expliquant que ce n'est pas le moment de se convertir à cette technologie. Cette situation préoccupe Marc Mortureux, le directeur général de la Plateforme française de l'automobile (PFA), le lobby du secteur. S'il considère qu'il sera « très compliqué » pour les constructeurs de respecter les objectifs de l'UE, il se garde bien, pour l'heure, d'appeler à leur révision, au risque que la filière se tire une balle dans le pied.