Le néerlandais Ebusco fabriquera ses bus dans l’usine Renault de Cléon

Qui se ressemble s’assemble. En passe de basculer vers le 100% électrique moins gourmand en mètres carrés, la principale usine mécanique de Renault libère un bâtiment pour héberger une unité de production à l’enseigne d’Ebusco, un constructeur néerlandais de bus électriques dont le dernier modèle revendique une autonomie record.
Entré sur le marché français au début de cette année, le constructeur installé à Deurne aux Pays Bas compte sur son dernier modèle ici en photo et sur sa future implantation industrielle en Normandie pour creuser son sillon de ce côté-ci du Rhin.
Entré sur le marché français au début de cette année, le constructeur installé à Deurne aux Pays Bas compte sur son dernier modèle ici en photo et sur sa future implantation industrielle en Normandie pour creuser son sillon de ce côté-ci du Rhin. (Crédits : Ebusco)

L'usine Renault de Cléon proche de Rouen, qui fabrique les moteurs électriques de la marque au losange, a trouvé un locataire pour les 21.000 mètres carré qu'elle s'apprête à libérer dans le cadre de sa mutation vers le zéro émission. Une fois vidé de son contenu et remis en état, le bâtiment sera occupé par le constructeur néerlandais de bus électriques Ebusco qui signera un bail de longue durée à l'automne. A compter de décembre 2023, cette entreprise, peu connue en France, y assemblera ses véhicules de dernière génération et y fabriquera les pièces en carbone qu'ils renferment. Le tout moyennant un investissement de 10 millions d'euros.

« Ce sera notre seconde usine et la jumelle de celle qui a été inaugurée à Deurne (Pays Bas ndlr) l'hiver dernier», précise Jean-François Chiron, directeur général d'Ebusco France, par ailleurs ex DGA de Transdev. A pleine capacité, niveau qui devrait être atteint en 2026, le site qui est voué à devenir le siège de la filiale française emploiera 350 salariés et produira 500 bus par an. Sa cible commerciale ? Les pays de l'Europe du Sud, l'Espagne en tête, mais surtout l'hexagone : une terre de conquête pour Peter Bijvelds, PDG et principal actionnaire d'Ebusco. « La France représente la plus grande flotte de bus en Europe (30.000 unités ndlr) et est donc un marché stratégique », souligne-t-il.

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La France, terre de conquête

Dans la ligne de mire du néerlandais, l'échéance de 2025, date à laquelle toutes les collectivités françaises devront obligatoirement se convertir au 100% zéro émission lors du renouvellement de leurs flottes de bus. « C'est pourquoi nous devons être prêts vite parce que quand une collectivité s'engage, c'est pour longtemps », reconnaît Jean-François Chiron.

L'intéressé n'en fait pas mystère. Il convoite en particulier l'énorme gâteau de la RATP. L'opérateur francilien, qui règne sur un tiers du parc de bus français, s'est en effet engagé à remplacer la plus grande partie de ses autobus diesel par des véhicules zéro émission dans le cadre du programme dit « bus2025 ». Bien que faisant figure de challenger, Ebusco espère figurer parmi ses futurs fournisseurs. « Nous devrions être en bonne position pour en emporter au moins un morceau », veut croire son patron français.

Une autonomie de 500 km

Pour faire la différence, le constructeur mise sur son dernier modèle dénommé 3.0, celui précisément qui sera assemblé à Cléon. Construit en matériaux composites avec des technologies empruntées à l'aéronautique, le véhicule revendique un poids inférieur de 30% à celui de ses rivaux et promet une autonomie de 500 kilomètres à la mise en service. « Presque le double de la capacité des bus concurrents, y compris au bout de dix ans », assure Jean-François Chiron.

L'engin a déjà séduit un premier acheteur français. En février dernier, Nicolas Mayer Rossignol, président de la Métropole rouennaise avait passé une grosse commande de 80 bus 3.0, livrables entre 2023 et 2026. Il sait depuis cet été qu'ils seront fabriqués à quelques kilomètres de son bureau.

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Commentaires 4
à écrit le 23/08/2022 à 10:51
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Attention, les moteurs allemands et batteries chinoises made in Hollande ne seront pas fabriqué sur le site qui n'est qu'un site d'assemblage, dommage :) mais toujours bon a prendre !

à écrit le 23/08/2022 à 8:59
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parce qu' on a besoin des néerlandais en France pour construire des bus électriques?..DANS MA JEUNESSE HEULIEZ, SAVIEM, RENAULT étaient omniprésent dans ce segment de constructeurs... Qu' on fait Ses industriels?....VENDUS ...ou RACHETES ... Il es...

le 23/08/2022 à 13:01
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Les belges font rouler les bus à hydrogène, comme Alstom des trains à hydrogène en Allemagne, voire les autrichiens qui ont faire revivre les trains de nuit, en Allemagne qui n'y croyait plus, puis en France (inspiration). On ne peut pas être précurs...

le 24/08/2022 à 14:21
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nous on a president qui a vendu alstom avec un ex 1er ministre un autre ex 1er ministre a voulu ventre thomson pour 1 franc au coreen et thomson n'est plus francais et combien d'autre un autre ex 1 er ministre president de france chine il a brade ...

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