Automobile : BMW plombé par la chute de ses ventes
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Coup dur pour BMW. Les résultats du troisième trimestre du constructeur allemand ne sont pas bons. Son résultat net n'a été que de 476 millions d'euros, a-t-il indiqué dans un communiqué ce mercredi. Soit une baisse de 83,8% sur un an. Ce recul a pris de court les analystes. Le consensus d'experts interrogés par Factset tablait en effet sur un résultat net de 1,3 milliard d'euros, soit près du triple.
Forte baisse également du bénéfice d'exploitation. À 1,7 milliard d'euros, il s'affiche en recul de 61%. Les analystes s'attendaient à mieux, à 1,8 milliard d'euros. Idem pour le chiffre d'affaires du groupe. Si la baisse est moindre elle est néanmoins importante, de 15,7% sur un an. Il s'est ainsi établi à 32,4 milliards d'euros, contre 34,3 milliards d'euros attendus par les analystes.
L'une des raisons à ces mauvais résultats est à chercher du côté des livraisons de voitures. Elles ont reculé de 13% sur un an. Particulièrement en Chine (-30%). Or, l'Empire du milieu est le principal marché : BMW y réalise près d'un tiers de ses ventes. Il faut dire que la conjoncture chinoise, où la croissance s'essouffle, n'est pas propice aux achats par les consommateurs. Et les constructeurs allemands subissent dans le même temps la concurrence croissante de leurs homologues chinois sur ce marché. Principalement sur le segment des voitures électriques.
La baisse des ventes est aussi liée à un système de freinage défectueux qui a affecté 1,5 million de véhicules et a entraîné des rappels et des arrêts de livraisons. Si bien que BMW a entrepris des « actions techniques » et des provisions de plusieurs centaines de millions d'euros. Ces difficultés avaient d'ailleurs contraint le groupe à publier fin septembre un avertissement sur résultats et à revoir ses objectifs annuels.
Enfin, la gamme de produits vendus a été défavorable pour BMW. Les ventes de ses modèles les plus chers, et donc les plus rentables, se sont en effet affichées en repli.
Dans ce contexte, la marge opérationnelle de BMW a chuté au troisième trimestre. Elle s'élève à seulement 2,6%, contre 10,6% à la même période l'an dernier. Le groupe avait revu en septembre son objectif de marge opérationnelle pour 2024, visant une marge comprise entre 6 et 7%, contre 8 et 10% auparavant.
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BMW en est loin mais reste optimiste. Les ventes retardées par les problèmes techniques devraient stimuler son quatrième trimestre. Le constructeur se dit d'ailleurs en bonne voie pour atteindre ses perspectives financières ajustées pour l'ensemble de l'année.
BMW peut, en outre, s'enorgueillir d'un point : ses ventes de voitures électriques ont continué d'augmenter au troisième trimestre (+10%). Ce qui tranche avec la situation de ses confrères allemands, Mercedes et Volkswagen, qui les ont vues plonger (de respectivement -31% et -10%). Au global, toutefois, les constructeurs allemands connaissent les mêmes difficultés, tous plombés par le marché chinois.
Si bien qu'ils tous ont annoncé ces dernières semaines revoir leurs prévisions annuelles à la baisse. Volkswagen est même allé plus loin. Le groupe se prépare à fermer des usines en Allemagne, pour la première fois de son histoire, et à supprimer des milliers d'emplois. Une restructuration historique pour le géant qui cherche impérativement à diminuer ses coûts.
Avec la déroute des constructeurs outre-Rhin, c'est toute l'économie du pays qui souffre. Car le secteur de la construction automobile est le plus important de l'industrie allemande. Cela devrait participer à faire plonger la première économie européenne dans la récession en 2024. Les principaux instituts de conjoncture du pays prévoient en effet une baisse de 0,1% de son produit intérieur brut (PIB). Ce serait alors la deuxième année d'affilée que l'Allemagne connaît une récession.
Plus globalement, c'est l'ensemble du secteur automobile européen qui est en souffrance. Même le champion des profits Stellantis, qui chapeaute Peugeot, Fiat, Chrysler, traverse une période compliquée. Lui non pas sur le marché chinois, mais sur le marché nord-américain, son habituelle machine à cash.
Les concessionnaires peinent à y écouler des véhicules jugés trop chers. Pourtant, le groupe multiplie les promotions depuis quelques mois, limitant ses marges. Résultat, Stellantis a prévenu début octobre qu'il n'atteindrait pas son objectif répété de marge opérationnelle à deux chiffres cette année. Elle devrait se replier entre 5,5% et 7%, contre 12,8% en 2023.
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Le marché automobile européen est resté sur des volumes de vente faibles depuis la pandémie. À cela s'ajoutent des tarifs élevés en concessions, un contexte économique morose qui n'incitent pas à changer de voiture et la faiblesse du marché sur les véhicules 100% électriques, selon les analystes. Tout cela fait craindre une nouvelle crise dans l'industrie automobile du Vieux continent. Et avec elle, une menace sur l'avenir des quelque 2,4 millions de salariés du secteur en Europe.
(Avec agences)
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