PSA-Dongfeng supprime la moitié de ses effectifs en Chine, le partenariat vieux de 27 ans menacé

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(Crédits : Reuters)
Coup dur pour la coentreprise formée par Dongfeng et Peugeot Citroën Automobiles (DPCA), avec la suppression de milliers de postes et l'abandon de deux des quatre sites d'assemblage qu'ils détiennent en commun dans le pays. De nombreux constructeurs occidentaux sont en difficulté sur le marché chinois. SI cette dernière tentative en date de redresser la situation échouait, Carlos Tavares pourrait prendre des décisions définitives.

PSA Peugeot Citroën et son partenaire chinois Dongfeng ont décidé de supprimer plusieurs milliers de postes en Chine et de se défaire de deux des quatre sites d'assemblage qu'ils détiennent en commun dans le pays, montre un document que Reuters a pu consulter.

Ces décisions constituent la dernière tentative en date du groupe français de sortir du rouge en Chine, le premier marché automobile mondial, où il traverse depuis des années une crise profonde avec pour conséquence une accumulation de pertes financières.

La coentreprise Dongfeng Peugeot Citroën Automobiles (DPCA), basée dans le centre de la Chine à Wuhan, va diviser par deux le nombre de ses salariés pour le ramener à environ 4.000, via la fermeture d'un de ses quatre sites et la vente d'un autre.

"Nous sommes à deux doigts de devoir nous retirer du marché chinois"

Selon le document, ces décisions sont le fruit d'un accord conclu le mois dernier entre Carlos Tavares, président du directoire de PSA, et Zhu Yanfeng, président de Dongfeng.

Les deux constructeurs ont refusé de commenter dans le détail les projets de restructuration de leur coentreprise.

"Nous travaillons de concert avec tous nos partenaires pour améliorer les performances d'ensemble de nos activités en Chine (...)", a dit un porte-parole de PSA.

Si l'accord ne donne pas satisfaction, deux sources proches du constructeur français ont déclaré que cela pourrait inciter Carlos Tavares à mettre un terme au partenariat, vieux de 27 ans, avec Dongfeng, qui détient 12,2% de PSA. Voire de cesser toute activité en Chine.

"Nous sommes à deux doigts de devoir nous retirer du marché chinois. La situation est aussi grave que cela", a dit une des sources.

PSA essaie d'améliorer ses performances en Chine dans des circonstances qui ne sont guère favorables pour l'ensemble des constructeurs. Après avoir été pendant des années la vache à lait du secteur avec des taux de croissance à deux chiffres, le marché automobile chinois s'est contracté en 2018 pour la première fois depuis les années 1990.

Et, sous le coup notamment des tensions commerciales sino-américaines, il devrait encore reculer de 5% cette année.

De nombreux constructeurs occidentaux en difficulté en Chine

Mais avant même ce retournement, bon nombre de constructeurs occidentaux avaient commencé à éprouver des difficultés en Chine, en raison notamment d'une tendance des consommateurs du pays à privilégier des fabricants locaux.

Les problèmes de PSA en Chine remontent plus loin encore: cela fait quatre ans que les ventes du groupe s'effondrent sur le marché chinois et le groupe a déprécié de 400 millions d'euros sa participation dans DPCA, ramenant sa valorisation à 500 millions.

En 2018, les ventes chinois de PSA sont tombées à 251.700 contre un pic à 731.000 en 2014.

"Nous n'abandonnons pas la partie. Nous poursuivons la mise en oeuvre de notre plan d'action visant à faire baisser les coûts fixes", a dit le porte-parole de PSA.

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a écrit le 15/08/2019 à 9:48 :
Quelqu'un peut t'il nous dire ce qu'ils fabriquent comme véhicule Donfeng/PSA ?

S'agit t'il de modèles originaux, de Peugeots rebadgés sauce chinoise ?

Je pose la question parce que Renault s'en sort plutôt bien de son coté avec Dacia, une marque qui initialement n'avait pas vocation à venir sur le marché français et qui finalement fait le gros des bénéfices de Renault.

Citroen a probablement fait une grosse erreur en ne soutenant pas la commercialisation en France de la C-elysée, pas ridicule, et à un prix canon (14 000€). Ca aurait pu être la version chinoise de la logan.
a écrit le 13/08/2019 à 18:21 :
En parlant franc,il semble donc que PSA ( et les autres groupes qui sont en difficultés non-nommés) n'ont pas su adapté leur programme au marché chinois.
a écrit le 13/08/2019 à 10:22 :
Pour être aller en Chine l'année dernière, je peux vous confirmer que les voitures françaises y sont très rares. Les seuls que l'on voyait «souvent» étaient les C5 . Par contre, les Volkswagen étaient très présente et c'est même le véhicule qui equipait tout les taxis de Shanghai. Beaucoup de japonaise aussi qui avait déjà et depuis longtemps captivé le marché. Les constructeurs français ont probablement pensé que la french touch et l'image du luxe à la françaises pouvaient se transmettre à la voiture : Monumentale erreur.... Pourtant, ils ont probablement essayé tout les moyens pour faire la promo de leur véhicule dans l'empire du milieu mais ils ont échoué et Tavares n'a pas tord de vouloir jeter l'éponge sur un marché qui lui fait plomber ses bénéfices...
a écrit le 12/08/2019 à 20:15 :
Les chinois se tournent vers l’electrique, alors forcément Peugeot qui ne vend que du diesel (et n’a aujourd’hui aucune solution électrique) se retrouve à l’amende
Réponse de le 13/08/2019 à 8:45 :
Non les chinois achétent se que leur gouvernement demandent d 'acheter .
Le chinois s' associe souvent pour prendre le savoir faire des autres,puis vous laisse tomber,pour voler de se propre aile .Mais ça personne ne l'a encore compris ....
Réponse de le 13/08/2019 à 9:26 :
Je vous rejoins ts les 2. Les chinois obéissent à ce que leur dde le PC qui se tourne résolument vers l'électrique. En témoigne les nx Suv électriques chinois sortis ces derniers mois dont un commercialisé au RU ss la marque MG.
Leur savoir faire est tel désormais qu'ils ambitionnent à l'horizon de 10 ans le leadership ds la voiture électrique sur batterie connectée pour sa classe moyenne et à H2 pour ses classes supérieures.
Les associations d'un constructeur généraliste étranger avec un opérateur local qui + est ds l'essence, c'est fini. Le train est passé .
a écrit le 12/08/2019 à 15:32 :
"cela pourrait inciter Carlos Tavares à mettre un terme au partenariat, vieux de 27 ans, avec Dongfeng, qui détient 12,2% de PSA."
Avec le jeu des droits de vote double, c'est le groupe chinois qui est l'actionnaire le plus influent avec 20 % des droits de vote, contre 17,5 % pour Peugeot et 10 % pour bpifrance, chacun détenant le même pourcentage du capital, 12,23 %.
Si Nissan fut redressé par Renault, PSA, alors dans le rouge, le fut par Dongfeng et ses milliards !
Réponse de le 12/08/2019 à 16:43 :
Et vous oubliez les français... l'Etat est monté au capital AVEC DongFeng en 2014
a écrit le 12/08/2019 à 14:41 :
"... bon nombre de constructeurs occidentaux avaient commencé à éprouver des difficultés en Chine, en raison notamment d'une tendance des consommateurs du pays à privilégier des fabricants locaux" : visiblement, y'en a qui sont plus malins que nous en fait !!
Réponse de le 12/08/2019 à 16:32 :
je reviens justement de chine. Franchement, il y a bien plus de voitures etrangeres en chine (pas mal d allemandes, des americaines et des japonaises) qu en France (ou on voit surtout des PSA-Renault)
En plus les voitures etrangeres en chine sont souvent montees sur place (les Audi par exemple sont assemblees sur place meme si les pieces sont faites en europe).
pour finir, une voiture chinoise est moins chere, mais elle est de moins bonne qualite et se revend moins bien je suppose. donc au final, pas sur que ca soit si interessant
Réponse de le 13/08/2019 à 9:55 :
cd, désolé de vous contredire.
Mais R PSA ne roulent pas ds la même catégorie que les premium allemandes. Et tt le monde ne peut s'offrir des voitures à 40000 euro, sauf peut-être les automobilistes urbains chinois à ppa identique qui font partie des classes aisées choyées par le pouvoir.
Après, question de qualité, c'est qu'une question de tps qui se réduit à la vitesse V : voyez le tps qu'ont mis les fabricants asiatique ds l'électronique GP pour atteindre et dépasser nos std ds les années 80 et maintenant avec les smartphones et PC...
a écrit le 12/08/2019 à 12:30 :
Alors que PSA avait investi dans un centre de design local pour créer des ouature au gout du marché.
a écrit le 12/08/2019 à 10:11 :
"Nous poursuivons la mise en oeuvre de notre plan d'action visant à faire baisser les coûts fixes"

Ils ont arrêté de nous lobotomiser avec leur si puissante bêtise de "coût du travail", vocabulaire qui pour une fois est allé bien trop loin sémantiquement avertissant le travailleur qu'il était vu comme un ennemi par son employeur.

Du coup ils nous parlent de "coût fixe", plus vague, moins facilement identifiable mais les gars c'est justement parce que vous ne pensez plus que par le moins que toute l'économie locale se casse la feuille, parce que l'investissement et et les salaires sont réquisitionnés par les paradis fiscaux.

Sans consommation pas de croissance, vous avez pu penser, parce que votre capacité de raisonnement ne dépasse pas 5 ans, pouvoir le remplacer par la rente financière mais celle-ci ne donne pas aux gens le pouvoir de consommer.

Vous n'êtes plus en mesure de guider la classe productrice vous n'êtes plus que des chouineurs attentistes croyant les bobards que vos médias nous imposent à longueur de journées.

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