Renault croit encore au monospace, les autres s'interrogent...

Nabil Bourassi à Genève
Renault continue à croire au monospace ! En soi, c'est une nouvelle puisque depuis le nouvel Espace, repositionné en "crossover", on pensait que la marque au losange voulait abandonner ce segment. Et bien non ! Et pour preuve, le nouveau Scénic est bien un monospace ! Pas de crossover donc pour la mère des monospaces compacts ? Ou de subtils éléments de langage ? Il faut dire que Renault a tout de même remonté la garde au sol, tel un crossover. ..
Mais pour Delphine de Andria, directeur du segment C chez Renault, le monospace est loin d'être mort. "En Europe, le monospace est clairement un segment en déclin, il est passé de 28% du marché du segment C à 16%, mais nous pensons que cette chute s'est stabilisée", explique-t-elle à La Tribune. "Il existe un réservoir de clientèle qui ne souhaite pas s'orienter vers les SUV", poursuit-elle.
D'après elle, le monospace offre des propriétés qu'un SUV n'offre pas : modularité arrière, trois places arrières de taille égale, plancher bas... Elle reconnaît toutefois que le segment avait besoin d'être modernisé et que nul autre que Renault n'était mieux placé pour relancer le monospace. Renault avait effectivement lancé le segment des monospaces compacts en 1994 avec Mégane Scénic : "Nous sommes légitime pour réinventer le concept, et nous avons écouté ce que voulaient les clients", explique Delphine de Andria.
Il faut dire qu'avec 5 millions d'exemplaires en 20 ans d'exercice, Scénic est un best-seller de Renault en Europe.
En réalité, la question du monospace est un véritable casse-tête chez les constructeurs automobiles. Pour certains, l'affaire est entendue, il n'y aura plus de monospaces dans leur gamme. D'autres font face à un cruel dilemme : comment abandonner un segment qui, autrefois, a fait les beaux jours de leurs marques. Certaines mauvaises langues disent que Renault a tout fait pour sauver les noms Espace et Scenic, véritable ADN de la marque au losange. Chez Opel, on s'interroge également sur l'avenir de la Zafira, un des monospaces les plus vendus en Europe, dont le nom est très prégnant sur le marché. "Les noms de ces modèles ont parfois une notoriété plus forte que la marque elle-même", nous confie un bon connaisseur du monde automobile.
Chez Peugeot, la question est quasiment tranchée : "Nous avons arrêté la 807, s'agissant de la 5008, nous verrons...", lance Maxime Picat, patron de la marque Peugeot, interrogé par La Tribune. En substance, le patron de la marque Peugeot explique que l'avenir de la 5008 ne se fera certainement pas dans une configuration de monospace : "La chute du segment va s'arrêter pour se stabiliser, mais les volumes ne sont plus suffisants, notre stratégie est de réduire le nombre de modèle et nous sommes résolument tournés vers les SUV", ajoute Maxime Picat. Chez Citroën, on a également abandonné le segment des grands monospaces avec l'arrêt du C8. On est toutefois satisfait du dernier C4 Picasso, vendu à 120.000 exemplaires en 2015.
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Luca de Meo, PDG de Seat, en revanche, tient à son monospace. "L'Alhambra nous rapporte beaucoup d'argent, et nos clients sont contents", se réjouit-il. Tout en reconnaissant que ce modèle n'est pas dans le segment le plus dynamique, il revendique néanmoins une hausse de 17% des ventes de ce modèle en 2015, et une part de marché de 23% du segment dans le monde.
Les constructeurs sont donc partagés. L'argument ultime est celui de l'internationalisation des modèles mais ce n'est pas possible avec un monospace, un modèle très européen.
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