"Sous Trump, l'automobile américaine a vécu sur ses acquis", Xavier Mosquet
Propos recueillis par Nabil Bourassi
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LA TRIBUNE - En 2016, Donald Trump avait consacré une partie de sa campagne électorale à dénoncer la désindustrialisation automobile. Quel bilan peut-on faire de ces quatre années de mandat pour l'automobile américaine ?
XAVIER MOSQUET - L'analyse de l'administration Trump de l'époque disait que l'industrie automobile américaine avait détruit des emplois à cause d'accords internationaux qui étaient défavorables à l'industrie américaine. Elle a ainsi remis en cause l'accord du Nafta [en français : Alena, Ndlr] devenu l'USMCA [en français : ACEUM, pour Accord Canada-États-Unis-Mexique, Ndlr].
Cet accord avait effectivement contribué à transférer des emplois des États-Unis au Mexique, mais il avait aussi contribué à renforcer la compétitivité de l'industrie automobile américaine. Le nouvel accord contraint les importations automobiles en provenance du Mexique à augmenter son contenu fabriqué aux États-Unis. C'est une façon d'augmenter le coût de production au Mexique dans le but de rapatrier la production sur le territoire américain.
En réalité, il semblerait qu'il y ait surtout eu un effet d'annonce. Car s'il y a bien eu quelques rapatriements, ils se sont faits à la marge, et les investissements opérés aux États-Unis se seraient, pour la plupart, de toute façon faits sur le sol américain. Il n'y a aucune logique économique à rapatrier des emplois mexicains aux États-Unis sauf à renchérir le coût de production américain.
Il y a pourtant une industrie automobile américaine avec de nombreux travailleurs...
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Même si on voulait rapatrier des emplois aux États-Unis, il aurait fallu investir lourdement dans la formation mais également dans la modernisation des usines afin de gagner en compétitivité pour justifier ce rapatriement. Ce qui n'a pas été fait. Au Michigan, grande région automobile, les électeurs qui avaient adhéré au message de Donald Trump en 2016, n'ont vu aucun changement. L'État vient de basculer dans le camp démocrate.
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Propos recueillis par Nabil Bourassi