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Airbags Takata : retour sur une affaire loin d'être terminée

Photo de Jean-Victor Semeraro

Jean-Victor Semeraro

Publié le 25 juin 2025 à 05:18 - Mis à jour le 30 septembre 2025 à 19:40

L’entreprise japonaise Takata a fait faillite en 2017.

L’entreprise japonaise Takata a fait faillite en 2017.

TORU HANAI

Le Quotidien Numérique

11 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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DOSSIER. Mardi 24 juin, le gouvernement français a déclenché une mesure d’ampleur inédite : l’arrêt immédiat de circulation pour 800 000 véhicules supplémentaires équipés d’airbags Takata. La Tribune revient sur l’un des plus grands scandales ayant ébranlé le monde automobile ces vingt dernières années.

Retour au garage. Le ministre des transports, Philippe Tabarot, a réclamé, mardi 24 juin, l'immobilisation de tous les véhicules Citroën C3 et DS3 (Stellantis) nécessitant un changement d'airbags. Pour cela, il a convoqué les dirigeants de Citroën en leur demandant d'appliquer en urgence une mesure de « stop drive » pour les autos faisant l'objet d'un rappel.

Cette décision fait suite à un nouveau drame lié aux airbags défectueux Takata survenu à la mi-juin. Après avoir percuté une glissière de sécurité, une mère de famille d'une quarantaine d'années a été mortellement blessée par le déclenchement de l'airbag de sa Citroën C3. L'accident a eu lieu le 11 juin à Reims. Sa fille de 14 ans, passagère dans le véhicule, a également été blessée, selon le parquet de Reims, confirmant une information de Radio France.

Déjà, au printemps 2024, le groupe Stellantis avait lancé une vague de rappels de véhicules, notamment pour la Citroën C3, en envoyant un courrier à 246 000 clients, leur intimant de ne plus conduire jusqu'à la réparation. À la mi-février 2025, Citroën et DS ont étendu ces rappels à 236 000 clients du nord de la France, propriétaires de C3 et DS3 immatriculés entre 2008 et 2013.

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Officiellement, avant ce terrible événement de Reims, le ministère des Transports avait recensé 30 accidents en France, ayant provoqué 12 décès en Outre-mer et un en métropole.

Au-delà de la France, les airbags du fabricant japonais - qui a fait faillite en 2017 - ont fait des dizaines de morts dans le monde et des centaines de blessés, principalement aux États-Unis et en France. En cause, l'introduction d'un gaz dans les airbags, le nitrate d'ammonium, sensible à l'humidité et à la chaleur. Un gaz qui se dégrade avec le temps, au point de faire exploser l'airbag en cas de choc.

La Tribune revient sur cette affaire qui a commencé il y a près de vingt ans.

Les prémices d'une affaire hors norme

L'affaire a commencé en 2008 aux États-Unis au sein du constructeur japonais Honda. La firme automobile s'aperçoit alors de dysfonctionnements liés aux airbags Takata, son fournisseur. Certains accidents se révèlent mortels pour les conducteurs, mais l'administration américaine tarde à réagir.

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Un scandale qui prend lentement de l'ampleur

Jusqu'en 2014, le scandale des airbags défectueux va lentement prendre de l'ampleur. Alertée, la National highway traffic safety administration (NHTSA), qui s'occupe de la sécurité routière aux États-Unis, s'en mêle. Ford, Chrysler et Toyota sont notamment touchés par le problème. Chez Takata, le président Stefan Stocker est contraint d'abandonner son fauteuil, remplacé par le petit-fils du fondateur, Shigehisa Takada. À l'aube de 2015, 24 millions de véhicules ont été rappelés dans le monde pour changer leurs airbags.

Toyota et Nissan lancent des rappels massifs

Au printemps 2015, le constructeur japonais Nissan fait revenir au garage 1,56 million de véhicules dans le monde. De son côté, un autre constructeur nippon, Toyota, lance le rappel de 5 millions d'automobiles. Mais c'est un autre acteur, Honda, qui est le plus durement touché : la firme est obligée de rappeler 12 millions de véhicules à l'échelle du globe. Le scandale, marqué alors par la mort aux États-Unis de 5 personnes roulant en Honda, emporte le directeur général de la marque, Takanobu Ito, qui doit laisser sa place.

Le gendarme américain inflige une forte amende à l'entreprise

Le mois de novembre 2015 marque un tournant dans l'affaire. La firme japonaise est condamnée à une amende par le NHTSA, l'agence de sécurité routière américaine : 70 millions payables immédiatement en cash et 130 millions d'euros supplémentaires en cas de non-respect de la décision de l'administration américaine. Takata doit tout simplement arrêter la production de ses airbags défectueux. De son côté, le constructeur Honda décide de bannir les airbags Takata de ses nouvelles productions.

Un 10e cas mortel aux États-Unis en 2016

Le 31 mars 2016, l'airbag Takata du conducteur d'une Honda Civic de 2002 explose au Texas (États-Unis) à la suite d'un accident. Malgré les campagnes de rappel, le véhicule n'avait pas été révisé... En ce printemps 2016, cet accident marque le 10e décès depuis le début de l'affaire (le 11e dans le monde).

Takata finit par déposer le bilan

Acculée par 8 milliards d'euros de dette, l'entreprise nipponne dépose finalement le bilan en juin 2017. La faillite de ce vieil industriel est un séisme. Ses activités sont revendues à Key Safety Systems (KSS), un équipementier américain doté d'un actionnariat chinois. Et ce, pour 1,4 milliard d'euros. Cotée depuis 1933 à la Bourse de Tokyo, Takata en est radiée le 27 juillet 2017.

Une affaire loin d'être achevée

L'accident mortel de Reims prouve que le scandale Takata n'est aujourd'hui pas terminé. Les airbags défectueux ont déjà provoqué le décès de 27 personnes aux États-Unis et plus de 400 blessés. Et pas moins de 13 morts en France. Un bilan toujours provisoire et qui pourrait encore s'alourdir dans les mois à venir. « Au total, les airbags de plus de 2,3 millions de véhicules sont encore à remplacer en métropole », selon le ministère des Transports.

En France, le parquet de Paris s'occupe de traiter l'ensemble des procédures liées à la firme nipponne. Pour informer les consommateurs, les pouvoirs publics ont mis en ligne une liste des rappels menés par les différents constructeurs en précisant les modèles de véhicules concernés par rapport à leur année de production.

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Les marques touchées par l'affaire Takata dans l'Hexagone sont très nombreuses : Audi, BMW, Cadillac, Chevrolet, Chrysler, Citroën, Daihatsu, Dodge, DS, Ferrari, Ford, Honda, Jaguar, Jeep, Lancia, Land Rover, Lexus, Mazda, Mercedes, Mitsubishi, Nissan, Opel, Peugeot, Seat, Skoda, Subaru, Suzuki, Tesla, Toyota et Volkswagen.

(Avec AFP)

Jean-Victor Semeraro

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