Tensions internes chez Porsche après le départ de deux hauts cadres
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Selon plusieurs médias allemands, la décision a été impulsée par le petit-fils du fondateur de Porsche, membre du conseil de surveillance.
YVES HERMAN
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Selon plusieurs médias allemands, la décision a été impulsée par le petit-fils du fondateur de Porsche, membre du conseil de surveillance.
YVES HERMAN
La marque de voiture de luxe Porsche a annoncé le départ surprise de deux de ses dirigeants, signe de turbulences au sein du fleuron du groupe Volkswagen, dont les ventes chutent, surtout en Chine. Le conseil de surveillance de Porsche prévoit « le départ anticipé à l'amiable » du vice-président du conseil d'administration, Lutz Meschke, et du directeur des ventes de la marque, Detlev von Platen, peut-on lire dans un communiqué publié samedi soir, sans expliquer les raisons de cette séparation.
Dans le détail, la presse allemande fait état de divergences croissantes et tensions entre Lutz Meschke, également directeur financier du constructeur de luxe, et le patron de Porsche, Oliver Blume, qui cumule cette fonction avec celle de la direction groupe Volkswagen dans son ensemble. La décision serait ainsi venue du conseil de surveillance et de l'un de ses membres en particulier, Wolfgang Porsche, petit-fils du fondateur de la marque de luxe.
Le directeur financier aurait été rendu principal responsable de la baisse du cours de Porsche en Bourse. Le titre a dévissé de moitié depuis deux ans, atteignant désormais 60 euros. Les superviseurs du constructeur n'auraient pas non plus apprécié des révélations de presse sur des affaires immobilières menées par Lutz Meschke, dans la station chic de Kitzbühl, en plus de ses fonctions dans l'automobile, indique le quotidien Süddeutsche Zeitung.
Plus globalement cette annonce surprise s'inscrit dans les difficultés de la marque de luxe, jusqu'alors très rentable. Porsche n'est pas épargnée par la chute des ventes de la maison mère Volkswagen. Cette dernière a annoncé cet hiver vouloir supprimer 35.000 emplois en Allemagne dans sa marque principale VW, et arrêter la production dans deux de ses usines. Une première historique.
Sur l'année 2024, Porsche a subi un recul de 3 % de ses livraisons dans le monde, et de 28 % en Chine, son premier marché. C'est un recul encore plus important que chez VW, dont les ventes ont reculé de 1,4 %. Résultat, Porsche a été contraint de réviser cet été ses prévisions pour l'année 2024. En outre, l'entreprise a réduit son objectif de marge à une fourchette comprise entre 14 % et 15 % (contre 15 % à 17 % précédemment).
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Ces licenciements de deux hauts responsables présagent d'un « très gros problème » pour Porsche, et révèlent « la situation difficile de l'industrie automobile allemande » concurrencée par Chine, estime Ferdinand Dudenhöffer, expert du secteur automobile.
L'ensemble du secteur automobile européen est en crise depuis plus d'un an, plombé par la baisse de la demande mondiale, la hausse des coûts et la concurrence croissante des marques chinoises. « Les jeunes constructeurs automobiles chinois sont devenus des concurrents extrêmement coriaces et arrachent des clients aux marques haut de gamme allemandes », explique-t-il.
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En parallèle, les menaces du président américain Donald Trump d'augmenter les droits de douane sur les importations européennes fragilisent le marché américain, source de revenus pour Volkswagen. « Les droits de douane élevés rendent les Porsche chères aux États-Unis, et la fabrication aux États-Unis est difficilement concevable » pour la marque, explique Ferdinand Dudenhöffer.
(Avec AFP)
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