Transition énergétique, guerre en Ukraine, pénuries... les sous-traitants automobiles du Centre-Val de Loire sous tension
Guillaume Fischer, à Tours
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La fermeture de NGK Spark Plug à Meung-sur-Loire sera au menu des conversations le 6 février prochain à Bercy, entre Jean-Pierre Sueur, sénateur du Loiret, et le ministre délégué chargé de l’industrie, Roland Lescure.
Reuters
Transition énergétique, guerre en Ukraine, pénuries... les sous-traitants automobiles du Centre-Val de Loire sous tension
LOIRET. Le site du fabricant japonais de bougies automobile NGK Spark Plug à Meung-sur-Loire cessera son activité d’ici l’été 2023. La conséquence notamment des incertitudes pesant sur la filière automobile, majeure dans la région. Elles poussent la collectivité à accélérer les aides à la transition des sous-traitants.
NGK Spark Plug France vient d'annoncer courant janvier la fermeture de son usine située à Meung-sur-Loire, à 20 kilomètres d'Orléans. La filiale hexagonale du groupe japonais, leader mondial des systèmes d'allumage et de capteurs pour l'automobile, réalisait 40% de son volume d'affaires en Russie avant l'interdiction des exportations dans le pays en février 2022. NGK Spark Plug France était à ce titre le principal sous-traitant de bougies d'allumage pour la marque automobile Lada. Le reste de l'activité s'adresse principalement à des clients au Maghreb, en Europe de l'Est ainsi qu'a Moyen-Orient.
L'usine a réalisé l'année dernière une production de quelque 35 millions de bougies, majoritairement destinées à la rechange de pièces sur les moteurs thermiques. Avec un chiffre d'affaires de 145 millions d'euros et un résultat net de huit millions d'euros, NGK Spark Plug France avait malgré tout généré de bonnes performances en 2022, grâce à la revente d'autres types de bougies pour le marché européen.
La fermeture de l'usine à Meung-sur-Loire aura pour conséquence le licenciement économique des 77 salariés à partir d'avril. NGK Spark Plug France a mandaté un cabinet extérieur de conseil à la fois pour reclasser ces collaborateurs et pour tenter de trouver un repreneur. Implantée depuis 1991 dans le Loiret, la société dispose d'un site de 10 hectares et d'un bâtiment de 5.000 m2. Elle maintiendra son siège situé au Plessis-Robinson dans les Hauts-de-Seine, employant 48 salariés.
Outre le volet conjoncturel du conflit en Ukraine, l'arrêt programmé de la motorisation thermique par les constructeurs automobiles, prévue à l'horizon 2035 en Europe, explique également la décision de retrait du géant japonais (3,8 milliards d'euros de recettes et 11.000 employés). L'usine de Meung-sur-Loire était à ce titre la seule unité de production de NGK Spark Plug sur le Vieux continent.
La transition écologique, notamment des moyens de transport, a d'ores et déjà un impact significatif sur l'économie du Centre-Val de Loire. La filière automobile représente sur le territoire 400 sous-traitants qui employaient quelque 29 000 salariés en 2022. Ainsi, la Société industrielle de fonderie aluminium (SIFA), détenue par Alty Industry et basée également dans le Loiret à Orléans, a été liquidée en décembre 2022. Le fabricant de soupapes de moteurs Tenneco, installé à La Source, avait lui aussi fermé ses portes trois mois plus tôt. De son côté, l'équipementier Borgwarner situé à Blois s'est recentré vers les injecteurs pour moteurs à hydrogène. Moins directement concerné mais brique emblématique de la filière dans l'Indre, Advance Wheels, dernier fabricant français de jantes de pneus, a finalement être racheté par Saint-Jean industrie, avec un coup de pouce financier décisif de l'Etat et de la région. « Vu les crises qui se succèdent dans l'automobile, baisse des ventes, inflation en hausse, pénurie de semi-conducteurs, le risque est énorme pour la sous-traitance du secteur fortement implantée sur notre territoire », indique François Bonneau, président de la région. « La fin du moteur thermique est de surcroît considérée comme un saut dans le vide pour une partie des industriels et leur représentant Luc Chatel ». Président la Plate-forme de l'automobile, qui représente la puissante filière en France avec 400.000 emplois, l'ancien ministre de l'Education nationale appelle depuis plusieurs mois à une accélération de la transformation du modèle des sous-traitants à l'approche de l'échéance de 2030 puis de 2035.
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