Un de principaux avocats des chauffeurs Uber en France va déposer, grâce à une levée de fonds, quelques 500 demandes de requalification de chauffeurs Uber en CDI devant les prud’hommes. En parallèle, un site Internet vient de voir le jour pour faciliter les actions en justice des VTC.Il est l'une des bêtes noires d'Uber. Avocat au barreau de Paris, Jérôme Giusti s'est spécialisé, ces dernières années, dans le droit du travail des employés des plateformes numériques. Il est aujourd'hui considéré comme l'« avocat des chauffeurs » Uber. Dans l'Hexagone, il défend quelques 270 dossiers de requalification de ces travailleurs, sur le papier indépendants, en salariés en CDI. Mais il se dit débordé. A La Tribune, l'avocat affirme qu'il n'est plus en mesure de prendre de nouveaux dossiers.
Ce spécialiste en droit du numérique et des nouvelles technologies a décidé de procéder de la même manière que les start-up qu'il connaît si bien. Avec son cabinet Metalaw, il a réalisé ce qui s'apparente à une levée de fonds, auprès d'un fonds d'investissement dont il entend taire le nom pour le moment, pour traiter davantage de dossiers. Cette manne va lui permettre de financer « une action collective pour 500 nouveaux chauffeurs », précise-t-il. A partir « de mai-juin », il entend déposer chaque jour, pendant « trois ou quatre mois », plusieurs dizaines de demande de requalification en CDI au conseil de prud'hommes.
« J'ai déjà un deuxième investisseur »
Et ce n'est qu'un début. « J'ai déjà un deuxième investisseur pour un autre paquet de 500 », précise-t-il. Ces « investisseurs » ont visiblement été rassurés par les faits d'armes de l'avocat. Celui-ci a notamment fait condamner Uber à une amende retentissante de 290 millions d'euros l'été dernier, aux Pays-Bas, pour le transfert de données personnelles de chauffeurs à son siège aux Etats-Unis.
Aux yeux de Jérôme Giusti, sa nouvelle solution de financement présente plusieurs avantages. Les chauffeurs, qui n'ont souvent pas les moyens de payer pour de telles actions, explique-t-il, n'ont pas à débourser un centime. « Mes honoraires sont payés par le fonds, lequel percevra 20 % des sommes » remportées en cas de requalification en CDI, détaille Jérôme Giusti. L'avocat, qui précise avoir déjà décroché environ 200 requalifications, souligne que les indemnités peuvent s'élever, au bout du bout, à plusieurs dizaines de milliers d'euros.