Sans attendre la présentation d'un nouveau budget en Conseil des ministres, les élus locaux se séparent de bâtiments pour dégager des marges de manœuvre.« Collectivité territoriale cède bâtiment public, édifice religieux ou gendarmerie de préférence, pour faire face au budget 2025. Bailleur social privilégié, compétences immobilières vivement recommandées. Annonce sérieuse - discrétion exigée. » Si un élu local devait passer une annonce pour vendre son patrimoine, elle ressemblerait sans doute à cela. Et pour cause, l'opération peut lui rapporter gros, s'il s'y prend bien.
Certes, le projet de loi de finances a été censuré par l'Assemblée nationale, faisant tomber le gouvernement Barnier. Mais l'effort d'a minima 5 milliards d'euros réclamé aux communes, intercommunalités, départements et régions, risque de leur revenir en boomerang dès janvier. Malgré la nomination du Palois François Bayrou à Matignon, il est peu probable que les édiles échappent à un tour de vis budgétaire.
Une politique conduite en Île-de-France
Chacun y va donc de son montage économique et financier pour espérer récupérer des espèces sonnantes et trébuchantes. A commencer par Valérie Pécresse, dès le lendemain de son élection à la région Île-de-France, en décembre 2015. Sa première décision a consisté à se séparer de dix sites en location et en propriété à Paris intra-muros pour s'installer à Saint-Ouen, en Seine-Saint-Denis.
Depuis, la présidente (LR) du conseil régional francilien a vendu le siège du boulevard des Invalides à AG2R pour 176 millions d'euros et mis en location, pour 30 ans, le bâtiment de l'hémicycle rue de Babylone moyennant 57 millions d'euros. Quant à ses deux nouveaux immeubles de l'autre côté du périph', Valérie Pécresse est toujours locataire, mais a cédé les options d'achat pour dégager 71 millions d'euros.
César Armand avec Cécile Chaigneau (Occitanie), Guillaume Fischer (Centre-Val de Loire) et Pascale Paoli-Lebailly (Bretagne)