« Nous avons un grand chantier à ouvrir : celui de la gouvernance des politiques du logement. L'enjeu, c'est de redéfinir la balance entre les libertés locales - qui doivent grandir - et en même temps la capacité de l'Etat à reprendre les choses en...
En conclusion du Conseil national de la refondation (CNR) dédié au logement, la Première ministre Elisabeth Borne a informé les élus locaux que l'Etat pourrait reprendre les choses en main en cas de blocage de permis de construire. Des déclarations qui passent mal aux yeux des principaux concernés. Le gouvernement a certes annoncé une mission sur l'exploitation des données sur le logement, mais pas le retour d'une aide aux maires bâtisseurs. L'habitat est-il toujours un pilier de la réforme...
Où sont passées les promesses du président-candidat puis du chef d'Etat réélu, de décentraliser la politique de l'habitat ? Qu'en est-il de l'aide aux maires bâtisseurs, relancée entre 2020 et 2022 et remise sur la table mi-mai par le ministre de la Ville et du Logement en personne devant les parlementaires ?
« Nous avons un grand chantier à ouvrir : celui de la gouvernance des politiques du logement. L'enjeu, c'est de redéfinir la balance entre les libertés locales - qui doivent grandir - et en même temps la capacité de l'Etat à reprendre les choses en main lorsque la situation l'exige »,a déclaré, hier, le ministre Klein.« Chacun doit prendre ses responsabilités. Si nous ne parvenons pas à lever les blocages, notamment en matière de permis de construire, l'Etat est prêt à prendre les siennes »,a appuyé la Première ministre, en clôture du CNR Logement.
Identifier les blocages
A cette occasion, Elisabeth Borne a fait savoir qu'elle avait « chargé » les ministres Christophe Béchu (Transition écologique et Cohésion des territoires) et Olivier Klein (Ville et Logement) de « [lui] faire des propositions dans les prochaines semaines ».
« Je souhaite que les dans les territoires concernés, les préfets engagent un dialogue avec les maires pour identifier les blocages et l'aide que l'Etat pourrait apporter », a poursuivi la cheffe du gouvernement, faisant référence aux engagements d'augmentation du nombre de logements pris par les collectivités dans les programmes locaux de l'habitat (PLH).
« Il est essentiel qu'ils soient tenus », a encore martelé Elisabeth Borne. C'est le cas à la métropole de Rennes (450.000 habitants) où sa présidente (PS) Nathalie Appéré a fixé un objectif de 4.500 logements par an, moyennant 30 millions d'euros de budget annuel. Mieux, l'édile est en train d'adopter un nouveau plan local de l'habitat à 5.000 logements chaque année en gardant la propriété des sols, ne serait-ce que pour maîtriser les coûts de sortie dans le logement libre.
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« Si l'on prive les maires de ce qu'est la manière de dessiner le territoire ou si l'on systématise les autorisations d'urbanisme, ce sera un retour en arrière »,met déjà en garde Nathalie Appéré.« Nous voulons regarder là où il y a des difficultés: est-ce des questions financières ? foncières ? de la bonne ou de la mauvaise volonté ? l'absence de promoteurs ? Il y a un écart parfois entre les ambitions et les réalités »,réplique ce 6 juin le ministre Klein à La Tribune.