Les chiffres donnent le tournis : selon la Direction de l'immobilier de l'État (DIE), rattachée à la direction générale des Finances publiques (DGFiP) à Bercy, les services de l'État et de ses opérateurs occupent 97 millions de mètres carrés, dont 23 millions de mètres carrés de bureaux. Le reste étant constitué de logements, d'établissements d'enseignement supérieur, de locaux techniques, de maisons forestières de l'Office national des forêts (ONF) ou encore des bases de gendarmerie et de sous-marins nucléaires. Si l'État reste propriétaire de 80 % de ce parc, pour les 20 % restants, il est « soit locataire classique dans le privé, soit occupant de bâtiments de collectivités locales, en assumant toutefois leurs dépenses, affirme à Décideurs Immobiliers, le directeur de l'immobilier de l'État, Alain Resplandy-Bernard.
Un patrimoine XXL de 192 550 bâtiments - d'après la Cour des comptes - éparpillé façon puzzle que « l'État doit aussi mieux maîtriser », selon François Bayrou. « L'État est propriétaire de très nombreux biens immobiliers pour un montant de plusieurs centaines de milliards [d'euros] », a déclaré le Premier ministre, le 15 juillet, lors de son « moment de vérité ». Et ce, avant d'annoncer la création d'une société foncière pour « réduire, réaliser chaque fois que possible en tout cas, gérer et rendre utile le patrimoine improductif de l'État ».
Et pour cause : depuis décembre 2023, la Cour des comptes alerte sur « l'absence de rationalisation des surfaces de bureaux » ou encore « le retard pris en matière de mise aux normes énergétiques », chiffrant le coût des travaux entre 140 et 150 milliards d'euros d'ici à 2050. Les « Sages » de la rue Cambon recommandant ainsi de créer une véritable foncière d'État à qui serait transférée la propriété des biens.