Immobilier : le patron de Saint-Gobain réclame un « plan Marshall de la rénovation »
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Le groupe de matériaux produit des plaques de plâtre et de verre dans de nombreux pays.
CHARLES PLATIAU
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Le groupe de matériaux produit des plaques de plâtre et de verre dans de nombreux pays.
CHARLES PLATIAU
Quand le bâtiment va tout va. Cet adage pourrait être finalement une des solutions pour répondre aux enjeux pluriels du climat, du pouvoir d'achat, et des réductions d'énergie. C'est en tout cas ce que défend le directeur général de Saint-Gobain. A l'occasion de l'inauguration du salon Batimat à Paris, Benoît Bazin a plaidé en faveur d'un « plan Marshall de la rénovation » des bâtiments, logements, bureaux ou administrations. Pour lui, les aides au coup par coup pour aider les propriétaires à mieux isoler leurs habitats ne sont pas suffisantes.
Selon lui, « il faut changer d'ordre de grandeur et accélérer sur les rénovations globales de bâtiments » au lieu d'accorder des aides au coup par coup sur des « simples gestes » comme l'installation d'une pompe à chaleur, un changement de fenêtres, ou l'installation de lampes à led.
Il y a en effet encore beaucoup à faire dans le domaine de la rénovation des bâtiments. Selon une étude de l'Observatoire national de la rénovation énergétique (ONRE) publiée l'été dernier, la France compterait 5,2 millions de « passoires énergétiques » sur 30 millions de résidences principales. Soit plus que lors de la précédente estimation en 2018 (4,8%).
La loi Climat et Résilience votée en 2021, et mise en place progressivement, vise à encourager les propriétaires à engager des travaux d'isolation. Les logements mal isolés, dits « passoires thermiques » ou « énergétiques », sont progressivement considérés comme indécents au regard de la loi. Pour aider et encourager les particuliers à se lancer dans des travaux, des aides de l'Etat sont disponibles, comme le programme « Ma Prime Renov », qui doivent être augmentées à quelque 2,5 milliards selon le projet de loi de finances pour 2023 (au lieu de 2 milliards en 2022).
Le patron de Saint-Gobain voudrait aller plus loin et aimerait aussi « embarquer » les banques sur le sujet de la rénovation énergétique des bâtiments, grand chantier qui va durer des années selon lui. « En France, les banques ne prennent pas de risque sur le bien immobilier mais raisonnent uniquement en termes de risque sur l'emprunteur et que le logement soit en catégorie (énergétique) G ou A, elles s'en moquent (...) or les prêteurs devraient s'intéresser à ce sujet dans un environnement où l'énergie va coûter quatre fois plus cher, et où la capacité à rembourser un emprunt peut en être affectée », a-t-il dit. « Le pouvoir d'achat sera d'autant meilleur que l'emprunteur ne dépense pas son salaire dans sa facture énergétique ».
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Alors que l'industrie du verre, très consommatrice de gaz et d'électricité, subit de plein fouet la hausse des coûts de l'énergie, le groupe de matériaux, qui produit des plaques de plâtre, du verre dans de nombreux pays, n'a subi « aucune fermeture d'usine » liée au renchérissement de l'énergie, a indiqué Benoît Bazin. Sa couverture énergétique était assurée à 80% en 2022, et l'est à 60% pour 2023.
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Par ailleurs, Benoît Bazin a indiqué que son groupe, présent dans 75 pays et qui a quintuplé ses bénéfices en 2021 à 2,5 milliards d'euros, envisage le recyclage des matériaux de façon « stratégique », et qu'il va « monter en puissance » sur ce sujet. Saint-Gobain va aussi s'intéresser aux sujets liés au « traitement de l'air », a-t-il dit. Pour rappel, la construction est responsable de près de 40% des émissions de gaz à effet de serre mondiales selon l'Onu, dont 28% liées à l'utilisation de l'énergie (lumière, chauffage, climatisation), et 11% aux matériaux.
(Avec AFP)
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