Synonymes, à tort ou raison, de destruction des centres-villes et d'étalement urbain, les 1.500 entrées de ville datant des années 1960 n'ont jamais autant fait parler d'elles. Snobées pendant cinq ans malgré la crise des « gilets jaunes », qualifiées de « France moche » par l'ancienne ministre des Collectivités Caroline Cayeux, ces « boîtes à chaussures » immenses, ces parkings XXL et ces ronds-points à n'en plus finir connaissent une seconde jeunesse.
Depuis le lancement à Bercy en septembre 2023 d'une politique publique dédiée et dans un contexte de zéro artificialisation nette (ZAN) des sols, la requalification de ces 500 millions de mètres carrés bénéficie de moyens économiques, financiers et humains dans le cadre du programme gouvernemental baptisé « Action Cœur de Ville 2 ». Exit la mono-activité commerciale, place à l'embellissement visuel, aux logements et aux entreprises.
« L'optimisation du gisement de foncier inutilisé, et donc disponible, est devenue une priorité pour les collectivités »,déclare àLa TribuneMichel-François Delannoy, directeur du département Appui aux territoires à la Banque des territoires. Le sujet est« non seulement en train de monter en puissance, mais il est aussi identifié comme essentiel par les maires ».
Ce cadre de la Caisse des Dépôts en veut pour preuve que dix conventions d'accompagnement ont déjà été signées depuis avec des villes moyennes, parmi lesquelles Saint-Lô, Autun, Albi, Montbrison, Cahors et Saint-Nazaire. A la clé ? Une enveloppe pouvant atteindre 150.000 euros et couvrant des frais d'ingénierie ou des prêts bonifiés pour investir dans l'acquisition de terrains ou la réalisation de travaux.