LA TRIBUNE - Le ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires a fait état vendredi dernier d'une dégringolade des réservations de logements neufs l'an dernier. L'immobilier neuf est-il en panne ?
VÉRONIQUE BÉDAGUE - Au premier semestre 2022, nous avions tous en tête que nous manquions de permis de construire, mais la demande était encore là. En septembre, nous avons constaté un retournement du marché avec une baisse de la demande en raison de la brutalité de la hausse des taux qui sont passés de 0 à 3% en l'espace d'un an. Les conséquences sont lourdes : avec le même budget, nos clients particuliers achètent environ 8 m² de moins. Ils ont donc perdu presque une pièce en un an. La hausse des taux a également impacté négativement l'investissement. Les investisseurs préfèrent placer leur argent sur des obligations qui affichent des taux d'intérêt de 4 à 5% que d'investir dans du logement dont le rendement moyen s'élève à moins de 3%. Le deuxième semestre 2022 a donc été compliqué. Et le premier semestre 2023 le sera également car cette tendance continue. Au premier semestre 2023, nous prévoyons bien une baisse de la demande des particuliers et des investisseurs qui se détournent du logement, que ce soit des particuliers avec un Pinel qui ne fonctionne plus, que des institutionnels qui préfèrent mettre leur argent dans des obligations.