La route solaire Wattway sera (enfin) commercialisée fin 2019

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(Crédits : Charles Platiau)
Malgré des dégâts sur la chaussée-test en Normandie, l'entreprise Colas est "en discussions avancées" avec une chaîne de supermarchés au Japon qui envisage d'acquérir le projet de route solaire Wattway, a annoncé à La Tribune son directeur général Frédéric Gardès, en marge de la présentation des résultats semestriels du groupe Bouygues, ce jeudi 29 août.

Hervé Le Bouc, le président de Colas, l'avait promis au début de l'année : la route solaire WattWay, ce projet qui tend à développer une surface routière recouverte de cellules solaires capables de transformer les rayons du soleil en énergie, devait être commercialisée "courant 2019". "Nous sommes en train d'améliorer la technique et d'affiner nos offres marketing", expliquait alors le patron de la filiale du groupe Bouygues dédiée à la construction d'infrastructures liées à la route et au rail.

Interrogé par La Tribune ce jeudi  29 août à l'occasion des résultats semestriels de la maison-mère, Frédéric Gardès, qui a succédé à Hervé Le Bouc en mai 2019 en tant que directeur général, a confirmé la vente d'électricité issue de ce concept pour fin 2019-début 2020, "pour des générateurs de courant autonome pour la voirie". 

"Le produit est assez mature", a ainsi assuré Frédéric Gardès. "On parle de là où amener des fils ne serait pas économique, comme pour des bornes de recharge pour vélos électriques."

Des "joints en lambeaux" sur la chaussée-test

Depuis 2016, la chaussée Wattway, composée de cellules photovoltaïques insérées les unes par-dessus les autres qui se déposent directement sur l'infrastructure existante sans travaux, est expérimentée sur un kilomètre de route départementale, du côté de Tourouvre-sur-Perche dans l'Orne (Normandie).

Mais d'après une enquête du Monde publiée en juillet dernier, la route aurait été "amputée fin mai d'une centaine de mètres trop abîmés pour être réparés", avec des "joints en lambeaux", des "panneaux solaires qui se décollent de la chaussé" et de "nombreux éclats qui émaillent la résine protégeant les cellules photovoltaïques."

"C'est un chantier d'expérimentation comme il en existe 40 autres à la Réunion ou en Amérique du Nord", réplique aujourd'hui le DG. "Il remplit tous les objectifs recherchés et toutes les parties prenantes en sont très contentes."

"En discussions assez avancées" pour une vente au Japon

Comme pour confirmer la bonne santé du projet, deux contrats avait été signés et des contrats-cadres étaient en cours avec des clients très importants, avait, par ailleurs, déclaré son président Hervé Le Bouc lors de la présentation des résultats annuels fin février, sans pour autant préciser lesquels.

"Nous sommes en discussions assez avancées avec une chaîne de supermarchés japonais qui y trouvent un intérêt pour les parkings, en plus de panneaux photovoltaïques déjà installés sur leurs toits", a annoncé aujourd'hui Frédéric Gardès.

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Commentaires
a écrit le 01/09/2019 à 14:21 :
Ce projet est en dehors des clous, sur tous les plans, par rapport à une voirie classique et à des capteurs photovoltaiques au sol.

la route solaire coute beaucoup plus cher, résiste beaucoup moins longtemps, et a un rendement électrique deux fois plus faible. L'énergie produite revient entre 7 et 10 x plus cher qu'au tarif de gros.

Autant dire que sa généralisation est impensable.
a écrit le 30/08/2019 à 15:32 :
Il parait qu'on imperméabilise trop les sols, mais pour faire du fric continuons...
Des analystes du milieu des transports prévoient l'arrivée massive de la propulsion à l'hydrogène rapidement, d'ici à une dizaine d'années. Je suppose que ce gentil lobby pro électrique fera tout ce qui est en son pouvoir pour couler ce concurrent.
a écrit le 30/08/2019 à 2:32 :
Exemple type prouvant que notre civilisation n'a pas d'avenir. Le projet Wattway n'aurait pas dû dépasser le stade d'une étude sérieuse (démontrant son inefficacité). Et pourtant, nous continuons à gaspiller de précieuses ressources épuisables dans une nouvelle tentative foireuse.
a écrit le 29/08/2019 à 21:21 :
Si les parkings sont trop occupés, ça ne génèrera rien, et la nuit y a pas de voitures mais pas de soleil non plus. Des panneaux faisant ombrage au parking, énergie dessus, ombre dessous mais ça doit avoir un coût supérieur à construire. Se garer sur des panneaux ça les usera moins que rouler dessus à 70km/h, camions, tracteurs.
Sur une route il faut impérativement avoir le réseau électrique à proximité, pour renvoyer l'énergie fabriquée. C'est donc pas possible partout sur le million de routes françaises.
Réponse de le 30/08/2019 à 11:07 :
Super optimiste comme approche, c'est bien
Réponse de le 30/08/2019 à 13:19 :
Pas les places de parking mais les voies d'accés aux parkings.
Réponse de le 01/09/2019 à 14:34 :
la route solaire revient à 2000€/m2 et celle de démonstration est déjà bonne à refaire au bout de deux ans.

Je doute qu'une toiture équipée de capteurs revienne à la moitié de ce prix, avec en prime un rendement électrique plus que doublé, la possibilité de récupérer des eaux de pluie non souillées, la protection des véhicules (ombre), et des capteurs garantis pour au moins 20 ans....
a écrit le 29/08/2019 à 21:01 :
La transition écologique c'est bien mais dans ce cas là des questions se posent quand même. Cinq millions d'euros ont été dépensés par le contribuable pour financer la route expérimentale. Alors effectivement, une expérimentation par définition peut se solder par un échec mais dans ce cas précis, plusieurs experts avaient des doutes très sérieux sur ce projet et surtout avaient des arguments crédibles et qui se sont vérifiés. Par exemple , certains experts disaient qu'il fallait impérativement que ce genre de panneaux soient en pente pour que la saleté ne s'accumule pas. Par ailleurs je crois qu'il n'y a pas besoin d'avoir un bagage technique solide pour comprendre que rouler sur des panneaux est un excellent moyen pour les salir...
Lors d'une expérimentation, un échec peut se justifier, il se justifie beaucoup moins si il est prévisible. Ceux qui ont débloqué les fonds publics ont-ils au moins tenté d'avoir l'avis d'un expert sur la pertinence d'un tel projet? Je crois avoir la réponse...
Réponse de le 29/08/2019 à 21:23 :
Mme Royale ne voulait pas en installer 1000km ? Dans l'euphorie du moment. :-) Ah bon, elle n'est pas experte, dommage.....

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