Baisse des APL : le double discours du gouvernement

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Annoncée peu après les élections législatives, la diminution forfaitaire des APL de 5 euros, avec des conséquences sur les ménages modestes comme sur les bailleurs sociaux, avait mobilisé associations étudiantes, organismes HLM et partis politiques d'opposition.
Annoncée peu après les élections législatives, la diminution forfaitaire des APL de 5 euros, avec des conséquences sur les ménages modestes comme sur les bailleurs sociaux, avait mobilisé associations étudiantes, organismes HLM et partis politiques d'opposition. (Crédits : Gonzalo Fuentes)
En marge du conseil des ministres de rentrée, le ministre et le secrétaire d’Etat à la Cohésion des territoires, Jacques Mézard et Julien Denormandie, ont défendu, ce 22 août 2018, la baisse des APL - après l’avoir critiquée avant l’été...

C'est à n'y plus rien comprendre. Invité sur LCI ce mercredi 22 août 2018, le ministre de la Cohésion des territoires, Jacques Mézard, a refusé de parler de "coup de rabot" en matière de politique du logement, et ce, malgré la réduction annoncée de 1,2 milliard d'euros de son budget en 2019 :

« Il faut être précis : il n'y aura pas de baisse des allocations, il y aura une mesure juste (...) : c'est la contemporanéité des allocations logements. »

Or, cette baisse viendra principalement de la réforme des APL, désormais calculées sur les revenus à l'instant T et non plus en fonction de ceux-ci lors l'année n-2. « C'est ça qui fait à peu près le milliard d'euros, avec une mesure qui n'est pas une mesure de rabot, qui n'est pas une mesure budgétaire », a d'ailleurs confirmé sur BFMTV son secrétaire d'Etat Julien Denormandie.

"Une mauvaise décision" pour Denormandie... le 6 mai dernier


Annoncée peu après les élections législatives, la diminution forfaitaire des APL de 5 euros a déjà des conséquences sur les ménages modestes comme sur les bailleurs sociaux et mobilise encore associations étudiantes, organismes HLM et partis politiques d'opposition. Lors de la séance de questions au gouvernement du 26 juillet 2017 à l'Assemblée, Alexis Corbière, député de La France insoumise (LFI), avait ainsi interpellé le ministre de l'Action et des Comptes publics Gérald Darmanin en brandissant pain de mie, pâtes et sauce tomate pour témoigner des achats qui pouvaient être faits avec cette somme.

Dix mois plus tard, le 6 mai dernier, le secrétaire d'Etat Julien Denormandie avait d'ailleurs qualifié cette mesure de « mauvaise décision ». Le 5 juin dernier, à l'occasion de la signature d'une convention entre l'Etat, la Caisse des dépôts et Action logement, c'est le ministre Jacques Mézard qui s'était, à son tour, dit « conscient de ce qui était demandé au monde HLM », ajoutant :

« Il faut que nous soyons capables d'amener des moyens pour compenser les décisions découlant du projet de loi finances 2017. »

32,5 milliards d'euros de gains en 2017

Dans un contexte où l'immobilier a rapporté en 2017 à l'Etat et aux collectivités locales un excédent fiscal de 32,5 milliards d'euros, au regard des derniers chiffres officiels de la Commission des comptes du logement, présidée par le même Jacques Mézard, ces dernières déclarations ont donc de quoi surprendre.

Reste à voir aussi ce qui sortira le 12 septembre prochain de la commission mixte paritaire Assemblée nationale-Sénat chargée de trouver une issue à l'adoption définitive du projet de loi Evolution du logement, de l'aménagement et du numérique (Élan).

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Commentaires
a écrit le 25/08/2018 à 9:32 :
se gouvernement méprisant escroquerie ,loyer 50% du salaire pour vivre il reste des clopinettes vivement 2024
a écrit le 24/08/2018 à 10:53 :
L apl c'est devenu n'importe quoi, c'est en principe aider les personnes pauvres pour payer leur loyer, mon fils a 26 ans, vient de décrocher son premier emploi au "smic" et récupéré par chance un logement à 460€, il ne possède aucun meuble ni vaisselle ni rien hormis une vieille tv plasma et un pc hors d'àge quand à son compte bancaire zéro pointé, résultat aucun droit.
Année de référence 2016 pour les droits, 1500 €, aucune ressources pour 2017, à quand des APL pour les ayant-droits, ceux qui bossent et cotisent?
C'est tout de même ahurissant que ce sont surtout ceux qui ne sont pas salariés voire étrangers qui sont prioritaires, c'est même contreproductif pour la caf: pousser les gens à ne pas travailler, vivre de combines puisqu'aucun droit alors que ça devrait débuter le premier jour de taf.
a écrit le 23/08/2018 à 10:07 :
Il faut abroger les APL pour tous ceux qui sont en état de travailler.
Réponse de le 23/08/2018 à 18:19 :
Faut qu'on m'explique pourquoi ça ne choquait personne d'avoir jadis des APL élevées alors que les loyers étaient faibles et qu'aujourd'hui cela semble insoutenable ! Insoutenable pour qui ? Pour les égoïstes...
a écrit le 22/08/2018 à 19:01 :
Si le secrétaire d’Etat reconnaît que le gouvernement a pris une “mauvaise décision”, celle-ci n’a pas été corrigée contrairement à qu’il laisse entendre. De fait, la baisse des APL de 5 euros par mois a bien été reconduite en 2018 pour tous les allocataires du privé. Cette réforme figure en effet dans la loi de finances votée en fin d’année dernière.
a écrit le 22/08/2018 à 18:23 :
Nos politiques sont sensationnels dans leur rhétorique pour abuser le peuple de belles paroles surtout lorsqu'ils sont dans l'opposition : ils ont toutes les solutions aux problèmes !
Une fois aux manettes, ce n'est plus la même chose, ils s’aperçoivent que ce qu'ils ont dit n'est manifestement plus possible parce qu'ils ne connaissaient pas suffisamment les dossiers...
Aujourd'hui les réalités sont là, la croissance n'est pas au rendez vous pour les recettes fiscales et il faut faire des arbitrages parce que les caisses sont vides...
Sous Hollande, les impôts ont augmenté de plus de 30 milliards...
Le matraquage fiscal est à son apogée et on peut dire adieu au pouvoir d'achat !
Cette situation est d'autant plus grave que l'état ne fait rien pour diminuer les dépenses publiques qui ont quadruplées au cours du 20 siècle.
Réponse de le 23/08/2018 à 0:18 :
je ne comprends pas bien... diminuer les APL, ce n'est pas une baisse de dépense publique?
Réponse de le 23/08/2018 à 17:52 :
Mais oui mais c'est bien sûr! Revenons aux conditions de vie du XIXème siècle!!!! C'est ça la solution! A bas l'école pour tous, la sécurité sociale et quoi encore!
Par ailleurs, avez-vous lu l'article, il s'agit bien de baisser les dépenses publiques!
a écrit le 22/08/2018 à 16:56 :
Les politiques changent pas les discours. J’écoutais ce matin le secrétaire d’état au logement M. Denormandie son discours ressemblait à tous les secrétaires ou ministres qui ont occupé ce poste depuis au moins trente dans le style « avec ce gouvernement le logement sera une priorité, avec en prime l’annonce d’un chèque de la Caisse des Dépôts de 10 milliards pour le logement social combien de fois ai-je entendu cette chanson avec bien sur la bienfaitrice Caisse des Dépôts celle qui sert surtout à la politique bien plus qu’aux citoyens qui l’alimentent. Puisque l’on parle de l’instant T pourquoi ne pas mettre les autres actions sociales comme la garde des enfants et autres dans la même configuration non pourquoi, parce que Bercy a du faire tourner les ordinateurs et là pas de gain pour le budget mais plus une augmentation des dépenses. Nous sommes en politique c’est-à-dire dans le mensonge permanent les hommes et femmes de cette caste changent les pratiques douteuses sont à l’identique. Dans le même style j’écoutais là aussi sur un média Mme Cluzel la secrétaire d’état aux handicapés, pour lequel je suis directement concerné, là encore les paroles étaient du copié collé depuis des décennies avec une parole qui montre une méconnaissance des difficultés de l’handicap et des familles particulièrement sur le logement, la transmission des logements en tant que patrimoine etc etc. Je reconnais en M. Sarkozy même si ce n’était pas forcément un homme politique pour qui mon bulletin de vote pouvait être acquis, ses actions pour l’handicap ont eu ma reconnaissance électorale à contrario de M. Hollande pour qui l’handicap se résumait malheureusement aux sans dents. Sommes nous encore dans le bal des menteurs politiciens comme la CSG qui devait immédiatement être visible par une baisse des cotisations sur les salaires ou la fin de la TH qui n’est plus en une seule fois mais au moins en 3 et encore attendons peut-être un passe passe politique expliquant le besoin d’un délai supplémentaire pour l‘application . M. Macron , son gouvernement et sa majorité se vantent de tenir les promesses, un peu romancées et nous ne sommes pas à la fin du quinquennat. L’économie fait du surplace alors pour tenir les promesse nous paierons l’addition par des augmentions de taxes ou barème. L'affaire M. Benalla a montré que les majorités changent les petits arrangements avec la vérité NON.
a écrit le 22/08/2018 à 16:36 :
Baiser les APL doit faire baiser à moyen terme les loyers et fera baiser le prix de l’immobilier il faut le faire, car on a toujours fait l’inverse hausse des APL qui conduisait à la hausse des loyers. Qui conduisait à la hausse de l’immobilier
Réponse de le 22/08/2018 à 20:15 :
Les prix du béton ou du fil électrique, le salaire des ouvriers du bâtiment, restent les mêmes, APL ou moins d'APL
Réponse de le 23/08/2018 à 8:31 :
Une politique logement qui coûte bien trop cher pour des résultats bien trop maigres. La suppression des APL paraît dès lors logique. Mais voilà, sèvre-t-on plus facilement des dopés aux prestations sociales du jour au lendemain, ou par petites doses de 5 euros tous les trois mois..? C'est toute le système sociale faite de compromis, de petites Lois, de corrections année après année qu'il va falloir détruire, pour évidemment reconstruire;. Il faudrait peut-être tout supprimer et réallouer aux plus faibles une prestation globale sise sur le nombre de personnes dans le foyer fiscal, et bien sûr les revenus, le tout fiscalisé, à charge pour les intéressés de payer pleinement leurs dépenses.
Réponse de le 23/08/2018 à 12:09 :
le cout d un logement c est surtout le foncier. apres comment vous expliquez que le prix du meme logement a triple en 20 ans ? c est le prix du beton ?
Ca serait pas plutot les PTZ, APL, Pinel couple a des taux d interet faible ?

Apres il est sur que faire baisser le prix de l immobilier c est favoriser les jeunes (acheteurs net) au depend des vieux (vendeurs net ou bailleurs). Ce qui est delicat electoralement parlant (les vieux votent plus) mais payant economiquement (plus de consommation car moins d argent investi dans le parpaing et plus d argent investi dans l industrie si l immobilier ne rapporte plus rien)

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