Les pistes des professionnels du Grand Paris pour résoudre la crise du logement

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Le Grand Paris.
Le Grand Paris. (Crédits : Getty)
Réunis par le Cercle Grand Paris de l’investissement durable ce 1er octobre, acteurs publics et privés entendent tirer dans le même sens pour traiter la question de l’hébergement.

Les logements du Grand Paris sont inaccessibles pour la majorité des Franciliens. C'est pourquoi le Cercle Grand Paris de l'investissement durable, qui réunit des professionnels de la ville, organisait ce 1er octobre une rencontre sur ce thème à la Fédération française du bâtiment. 

Le Grand Paris Express, projet emblématique de la métropole-capitale de demain, s'impose aussitôt dans le débat. Non seulement, il désenclavera de nombreux quartiers et accélérera les temps de trajet domicile-travail, mais il s'accompagnera aussi de projets immobiliers neufs autour des 68 gares du réseau.

Sur le papier, tout est sur les rails jusqu'en 2030, date officielle de la livraison en intégralité du super-métro. Dans les faits, il n'est pas sûr que certaines portions prévues pour les Jeux olympiques et paralympiques ouvrent en temps et en heure, comme c'est le cas pour la ligne 15 Sud entre pont de Sèvres (Boulogne-Billancourt) et Noisy-Champs, reportée à 2025.

L'éternelle question des prix

Quand certains, à l'image de Nicolas Buchoud, président de ce think tank, ne veulent pas « rester les bras croisés en attendant », d'autres se méfient de l'essor de constructions supplémentaires. « La croissance de population entraîne la congestion, assure ainsi le directeur général des services de Courbevoie Alain Cluzet. Même le Grand Paris Express n'est pas prévu pour une hausse supplémentaire de trafic. »

Dans le même temps, les prix des biens immobiliers, dans ces bassins de vie bientôt mieux desservis en transports, ne cessent de grimper. Ce qui fait dire aux professionnels que la colocation peut constituer une réponse abordable pour les jeunes actifs. Ce qui pose également débat.

À l'instar d'un représentant de MDH Promotion, d'aucuns considèrent ainsi que le métro circulaire livré, « cela desserrera un peu les prix sur Paris et la petite couronne ». À l'inverse, Soazig Dumont, analyste à l'Institut d'épargne immobilière et foncière, rappelle que la région a un solde migratoire négatif et observe que « la croissance de la population est très forte dans les départements limitrophes » de l'Île-de-France.

100 millions d'euros pour les copropriétés dégradées

Pour retenir les ménages sur place, peut-être faudrait-il améliorer le confort dans l'existant, c'est-à-dire réhabiliter l'habitat. Cécile Gruber, de l'Agence parisienne du climat (APC), a ainsi calculé qu'il faudrait rénover 3.200 logements par an pendant trente-deux ans, pour atteindre les objectifs zéro carbone que se sont fixés les institutions du Grand Paris.

À ce titre, la société d'économie mixte du conseil régional, Energies Posit'If, pourra prêter de l'argent aux copropriétés dégradées dès le premier semestre 2019. La Banque européenne d'investissement (BEI) lui a en effet ouvert une ligne de crédits de 100 millions d'euros, dans laquelle elle pourra piocher.

La végétalisation de la ville est également à l'agenda des différentes parties prenantes. « Cela joue sur la sérénité et la paix sociale. Les espaces verts créent du lien et des cadres de vie bienveillants », considère un porte-parole du Conseil international biodiversité et immobilier. « C'est une demande des villes, des aménageurs et des futurs habitants », renchérit Hélène El Aiba, directrice générale adjointe Ile-de-France d'Icade Promotion.

Entre autres problématiques qu'il conviendrait de ne pas éluder : l'accueil des migrants ou encore la prise en charge des seniors...

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a écrit le 02/10/2018 à 12:31 :
C'est une usine à gaz mal planifiée ils ne savent pas penser la ville , Ce que l'on peut voir dans leurs expressions c'est le désarroi face à la valeur , l'argent et démontrent des incapacités à imposer le bien commun , alors tout sera juxtaposé comme ils ont construits l'Ile France au détriment des populations et surtout de la sécurité qui est déjà bien mise à mal .
a écrit le 02/10/2018 à 9:27 :
En parlant de crise du logement :

L'immobilier parisien coûte cher jusqu'après la mort. Le prix des places dans les cimetières parisiens a atteint 15.000 euros pour 2 mètres carrés ! Selon le rapport que la Chambre régionale des comptes a publié ce lundi 1er octobre sur les services funéraires municipaux, les places sont chères et les demandes nombreuses pour être enterré à Paris. En effet, comme le rapportent Les Échos, sur les 20 cimetières gérés par la capitale, 14 intra-muros sont saturés, car "jusqu'en 2007, les concessions funéraires vendues aux familles y étaient toutes des concessions perpétuelles".

Même si désormais, les magistrats précisent que des concessions funéraires désormais limitées sur 10 à 50 ans sont proposées, mais que 97 % des concessions en cours restent perpétuelles. C'est encore plus complexe pour les sépultures du célèbre Père-Lachaise d'avant 1900 qui sont classées et protégées. Les Échos notent que pour 5.000 demandes à Paris de concessions, la mairie ne dispose que de 150 places libres intra-muros ! Face à ce manque de places, Paris n'a eu de cesse d'augmenter les prix pour réguler le marché.Ainsi, pour une concession perpétuelle à Paris, il faut débourser 15.528 euros, contre 11.086 euros en 2010. Une explosion des prix qui entraînent une ségrégation sociale et obligent des familles à se tourner vers les concessions à durée limitée. "Le niveau très élevé des tarifs d'achat de concessions funéraires a nécessairement pour conséquence de réserver les inhumations aux populations les plus aisées. Cette tendance est encore amplifiée par le fait que le cabinet du maire dispose en permanence d'une dizaine de places réservées" juge la Chambre régionale des comptes.
a écrit le 02/10/2018 à 9:09 :
Simplement, voilà un des revers des lois concernant le locatif privé, que ce soit par l'IFI et de l'abandon de l'état dans la défense de la propriété et du propriétaire.
a écrit le 02/10/2018 à 5:23 :
Meme le nouveau "metro" n'est pas prevu pour une augmentation du taux des habitants !
La gestion a la francaise dans sa splendeur. Cout a minima 35 milliards, on croit rever, non, c'est une realite.
a écrit le 01/10/2018 à 19:23 :
Une seule solution ; Décentraliser tout ce que peut aller en régions.
Avec les technologies modernes (video conf, ...les transports rapide TGV), il est incompréhensible que tant d' administrations, organisme de ceci et cela, qui ne sont pas à vocation commerciale reste agglutinés dans Paris même. Et quand les entreprises comprendront que les salariés ont une meilleure qualité de vie en région (sauf Lyon) qu 'en région parisienne, la crise de logement fera partie du passé.
Réponse de le 02/10/2018 à 9:38 :
Vous avez raison en principe, mais il faut penser à l'emploi des conjoint(e)s des salarié(e)s. Cela bloque tout à mon avis. Je suis content d'avoir échappé à l'horrible région parisienne, mais la province manque souvent cruellement d'emplois.

(Provincial, j'ai horreur de ce mot "région" qui se veut politiquement correct mais sous-entend que l’Île-de-France n'était pas une région comme les autres, elle serait d'une essence supérieure...)

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