EXCLUSIF. Déjà labellisé « Engagé RSE » depuis 2018, le groupe immobilier LP Promotion, d'origine toulousaine, va aussi devenir une société à mission. Pour composer le comité de mission, l'entreprise vient de faire appel à l'ancienne ministre du Logement, de l'Egalité des territoires et de la Ruralité Sylvia Pinel. Interview croisée avec Pierre Aoun, directeur général.Dans le Top 20 des promoteurs immobiliers français avec 250 millions d'euros de chiffre d'affaires estimés en 2022, le groupe LP Promotion, implanté en Occitanie, en Nouvelle-Aquitaine, en Île-de-France et en Auvergne-Rhône-Alpes, vient de s'adjoindre les services de Sylvia Pinel. Députée (radicale de gauche) jusqu'en juin dernier après avoir été la ministre de François Hollande jusqu'en 2016, elle rejoint le comité de mission du producteur de logements neufs (2.250 réservés en 2022) et de résidences gérées (27 en gestion pour les étudiants, les jeunes actifs et les seniors, et 42 en cours de développement).
LA TRIBUNE - Pourquoi LP Promotion va-t-elle devenir une entreprise à mission ?
PIERRE AOUN - Ces valeurs sont au cœur de nos métiers depuis une vingtaine d'années. Dès 2018, nous avons été le deuxième promoteur labellisé « Engagé RSE » sur le référentiel ISO 26 000 et avons atteint le niveau confirmé en 2022. Devenir une entreprise à mission permet de donner du sens à nos jeunes collaborateurs pour qui la transition écologique est un prérequis indispensable. Il s'agit d'inscrire durablement cette stratégie au cœur de l'entreprise.
Sylvia Pinel, vous avez quitté l'Assemblée nationale il y a neuf mois. Pourquoi avez-vous accepté aujourd'hui de prendre part à la composition du comité de mission ?
SYLVIA PINEL - L'identité de LP avait déjà du sens : celle de promouvoir des réalisations de qualité avec des exigences de service et des prix de sortie accessibles. Le groupe est un promoteur engagé qui maîtrise de A à Z les processus de construction, mais qui ne se contente pas de livrer une opération et de partir. Il reste un gestionnaire et un syndic engagé durablement dans les besoins des habitants et des collectivités. Alors que le BTP est le premier responsable des gaz à effet de serre devant les transports, c'est le sens de son action et de la mienne de continuer à nous développer sur le territoire national et de rechercher du sens face aux urgences économiques, environnementales et sociales. Tout comme il est important que les enjeux de décarbonation et de biodiversité se retrouvent dans cette volonté de faire bouger les lignes, il est enthousiasmant de participer à cette aventure positive qui répond à ces défis. A la différence d'autres filières qui peuvent simplement afficher ces valeurs, je me retrouve dans cette éthique de l'innovation que j'avais portée il y a quelques années au gouvernement.