Logement neuf : chute alarmante des permis de construire
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Ces chiffres montrent que la crise de la construction, qui dure depuis 2023, continue.
REUTERS/Stephane Mahe
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Ces chiffres montrent que la crise de la construction, qui dure depuis 2023, continue.
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Le secteur du logement neuf continue de s'enfoncer dans la crise. En 2024, seuls 330.400 logements ont été autorisés à la construction, marquant une chute de 12,3 % par rapport à l'année précédente, selon les données provisoires publiées par le ministère de l'Aménagement du territoire et de la Décentralisation. Si un léger rebond de 5 % a été observé au quatrième trimestre, il ne suffit pas à compenser la tendance globale à la baisse.
Cette situation inquiète d'autant plus que les mises en chantier ont également reculé de 11,1 % sur un an, pour atteindre 263.100 logements. La construction de logements individuels a été particulièrement touchée (-14,9 %), tandis que les logements collectifs ont enregistré une baisse de 10,7 %. Ces chiffres montrent que la crise de la construction, qui dure depuis 2023, continue. Elle a été alimentée par la flambée des coûts des matériaux, la hausse des taux d'intérêt et la fin de dispositifs incitatifs à l'investissement locatif.
Derrière la construction, c'est toute la filière logement qui souffre. Selon le cabinet Bain & Company, l'année 2024 a été « désastreuse » pour l'immobilier résidentiel en Europe, avec une chute de 19 à 21 % de l'activité en France. Le nombre de défaillances d'agences immobilières a explosé (+225 % par rapport à 2019), illustrant le profond marasme du secteur.
Face à cette situation, le gouvernement tente de réagir. Lors de son discours de politique générale, le Premier ministre François Bayrou a affirmé que le logement devait devenir une « mission centrale ». Il s'est engagé à « lever les contraintes en matière de construction », notamment en réduisant les délais d'autorisation et en facilitant les changements d'usage des bâtiments. « Simplifier les procédures et les normes, densifier, relancer l'investissement locatif et l'accession à la propriété » : ces annonces, saluées par la Fédération des promoteurs immobiliers, doivent encore se traduire en actes.
Malgré un contexte morose, des signes encourageants commencent à apparaître. Bain & Company prévoit une amélioration progressive du marché immobilier dès 2025, notamment portée par le besoin impératif de nouveaux logements. La baisse des taux d'intérêt amorcée en fin d'année 2024 pourrait également redynamiser le secteur.
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Parallèlement, le gouvernement soutient une proposition de loi visant à suspendre sous certaines conditions l'interdiction de location des logements classés G au diagnostic de performance énergétique (DPE). Initialement prévue par la loi Climat et Résilience, cette interdiction est contestée par de nombreux bailleurs, notamment en copropriété, où la réalisation de travaux peut être longue et complexe.
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Le texte, défendu par le député Bastien Marchive et le socialiste Iñaki Echaniz, prévoit que l'obligation de décence énergétique ne s'applique qu'aux nouveaux baux, ou au moment de leur renouvellement. Un bailleur pourra aussi continuer à louer son bien si les travaux sont jugés impossibles pour des raisons techniques ou refusés administrativement. Cette flexibilité vise à éviter un blocage du marché locatif. Toutefois, le texte prévoit des contreparties : les locataires de logements énergivores sans travaux prévus pourront demander une réduction de loyer, proportionnelle à leur surconsommation d'énergie. En revanche, ceux qui s'opposent aux travaux ne pourront pas en bénéficier.
(Avec AFP)
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