La crise de l'immobilier est passée, mais celle du « logement est devant nous », a estimé ce mercredi le président de la Fnaim. La Fédération nationale de l'immobilier s'est d'ailleurs montrée insatisfaite des annonces faites la veille par le Premier ministre.
L'immobilier va mieux d'après la Fédération nationale du secteur (Fnaim), qui a dressé ce mercredi 15 janvier le bilan du marché pour 2024. Ainsi, le repli des volumes de vente a « atteint un palier » et les prix tendent aussi à se stabiliser (-0,8% en 2024), signe d'une « reprise progressive » du marché, selon son président, Loïc Cantin.
Dans le détail, selon les premières estimations de la Fnaim, le nombre total de transactions immobilières réalisées en 2024 a baissé de 11% sur un an, à 775.000. Et en trois ans, le marché s'est écroulé de 36%. Soit « la plus forte baisse des ventes depuis plus de 50 ans », a commenté le porte-voix des professionnels de l'immobilier. Mais le pire serait passé. « Alors que la première partie de l'année a vu le nombre de ventes poursuivre son déclin, la fin de l'année marque une stabilisation, et semble dessiner un léger rebond sur les derniers mois », indique la fédération.
La Fnaim explique ce recul par « l'effet combiné de l'inflation, de la hausse des taux et des difficultés croissantes d'accès au crédit immobilier ». Et voit désormais des « signes encourageants de stabilisation ». « Les professionnels doivent aujourd'hui se préparer à un redémarrage progressif, qui dépendra notamment des évolutions des taux d'intérêt et des politiques publiques en faveur du logement », estime Loïc Cantin.
La Fnaim alerte toutefois sur la situation du secteur du logement, qu'elle juge préoccupante. Car le parc de logements sociaux est saturé, la construction neuve tourne au ralenti et l'offre locative privée s'est réduite. Sur ce dernier point, Loïc Cantin prévient même qu'il y a « urgence à agir ». « 2023 a été difficile, 2024 était compliqué, surtout pour les étudiants, et 2025 sera pire », prédit-il. En cause, des tensions déjà présentes sur le parc locatif qui « ne retombent pas ».
« Aujourd'hui, nos mandats de gestion locative sont en baisse d'au moins 30% », ce qui montre selon lui que « de moins en moins de Français ont pour projet d'investir dans l'immobilier locatif ».
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Un constat fait par l'ensemble des réseaux d'agences immobilières dans leur bilan de l'année 2024. Les appartements disponibles à la location sont moins nombreux en raison notamment des nouvelles contraintes pour les propriétaires, selon Yann Jéhanno, du réseau Laforêt. Et de détailler : « L'augmentation de la taxe foncière, l'encadrement des loyers, le gel de l'indice de révision ou encore le coût des rénovations énergétiques [qui] ont échaudé les investisseurs ».
Ces derniers sont en outre de plus en plus nombreux à préférer la location touristique de courte durée. Ainsi, le nombre de nuitées de ce type a bondi de 86% en cinq ans selon des chiffres d'Eurostat, relayés par la Fnaim, basés sur les annonces disponibles sur les plateformes Airbnb, Booking, Expedia et Tripadvisor. « La France est le 1er marché européen de la location de courte durée via les plateformes », affirme d'ailleurs la Fédération dans son communiqué.
Des annonces qui ne convainquent pas
La question du logement a justement été évoquée mardi par le Premier ministre dans sa déclaration de politique générale. « Nous avons besoin d'une politique de logement repensée et de grande ampleur. Chacun doit avoir accès à un logement abordable », a exhorté le chef du gouvernement devant les députés. Avant de lister différentes actions qu'il entend mettre en place : « Lever les contraintes en matière de construction de logements », relancer l'investissement locatif et l'accession à la propriété, « soutenir les maires bâtisseurs » ou encore lancer la construction de logements étudiants.
Des annonces qui ont laissé la Fnaim sur sa faim. Pour la fédération, François Bayrou n'a qu'« effleuré la question du logement ». Dans un communiqué ce mercredi, elle « alerte sur la nécessité de mesures structurantes pour accompagner la reprise et dynamiser le secteur ». Et avance ses propres idées : « Une réduction des charges fiscales sur les transactions immobilières, un soutien massif à la rénovation énergétique et un allégement des contraintes pesant sur les propriétaires bailleurs ».
A contrario, la Fédération des promoteurs immobiliers s'est montrée satisfaite de la prise de parole du Premier ministre. Dans un post publié sur LinkedIn mardi, son président, Pascal Boulanger, juge que la feuille de route est « claire ». « Simplifier les procédures et les normes, densifier, relancer l'investissement locatif et l'accession à la propriété et soutenir les maires bâtisseurs [sont] des objectifs [qui] répondent point par point aux propositions portées » par les professionnels du logement neuf, a-t-il relevé. Reste désormais à agir.