Merck veut supprimer 800 postes en France

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(Crédits : © 2009 Thomson Reuters)
Au moins 20% des effectifs sont concernés, notamment dans la visite médicale, après la fusion "défensive" engagée en 2009 par Merck et Schering-Plough.

Coup dur pour les salariés français de Merck et Schering-Plough, les deux laboratoires américains qui ont fusionné en novembre 2009. Guy Eiferman, patron du nouvel ensemble dans l'Hexagone, a annoncé 800 suppressions d'emplois sur un total de près de 4.000 salariés, selon des sources syndicales. La direction confirme ce chiffre mais précise que "ce n'est qu'un ordre de grandeur, afin de pouvoir débuter les négociations". " Il pourrait y en avoir davantage si l'on compte les départs non remplacés", rétorque un syndicaliste. Depuis l'officialisation de la fusion et l'annonce d'un objectif de 15% de réductions d'effectifs au niveau mondial, les salariés redoutaient des coupes claires en France, troisième filiale de Merck et deuxième pour Schering-Plough. (lire La Tribune du 31 octobre 2009). A juste titre, semble-t-il : ces mesures sont parmi les plus importantes du secteur depuis deux ans.

Concrètement, le laboratoire de recherche et développement (R&D) de Schering-Plough à Riom (Puy-de-Dôme), qui emploie 125 salariés, sera fermé au profit du site de toxicologie de Merck situé dans la même localité. La cession d'une partie de l'usine d'Éragny-sur-Epte (Oise, 352 personnes) est aussi à l'ordre du jour, comme l'a révélé la semaine dernière l'Agence de presse médicale. "Nous souhaitons garder la production d'insuline [un tiers des salariés, Ndlr] mais cherchons un repreneur pour la production pharmaceutique classique", confirme la direction. Les usines d'Hérouville-Saint-Clair (Calvados), Mirabel (Puy-de-Dôme) et du Puy-en-Velay (Haute-Loire) seront conservées.

Pertes de brevets

Mais le plus lourd tribut pourrait être payé par les salariés des deux sièges et surtout les visiteurs médicaux, qui sont aujourd'hui 1.200 à 1.400 en France, selon les syndicats. La fusion avec Schering doit permettre à Merck, désormais numéro trois mondial, de faire face à ses pertes de brevets, notamment celui du blockbuster Singulair, contre l'asthme, en 2012. "Les sites de Riom et Eragny appartenaient à Organon [le laboratoire néerlandais racheté par Schering en 2008, Ndlr] et n'avaient fait l'objet d'aucun investissement récent", souligne-t-on en interne. Au siège de MSD-Chibret (filiale française de Merck), on précise que "le projet de nouvelle organisation sera présenté en septembre". Les salariés des deux sites de Riom seront en grève ce vendredi.

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