Covid-19 : trop d'ouvriers contaminés, Top Glove (70 milliards de gants chirurgicaux par an) va fermer la moitié de ses usines

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Un travailleur inspecte les gants sur la chaîne de fabrication de l'usine Top Glove de Shah Alam, en Malaisie, le 26 août 2020.
Un travailleur inspecte les gants sur la chaîne de fabrication de l'usine Top Glove de Shah Alam, en Malaisie, le 26 août 2020. (Crédits : Lim Huey Teng/Reuters)
Le plus gros fabricant mondial de gants chirurgicaux a annoncé la fermeture de la moitié de ses usines dans les environs de Kuala Lumpur à cause d'une flambée de cas de Covid dans ses rangs. L'entreprise malaisienne est accusée de maltraiter les travailleurs immigrés et même soupçonnée de pratiquer le "travail forcé" - en clair, l'esclavage: de fait, les États-Unis ont décidé en juillet dernier de bannir l'importation des gants fabriqués par les sous-traitants de Top Glove.

Une entreprise malaisienne, qui se présente comme le plus gros producteur de gants chirurgicaux au monde, va être contrainte de fermer plus de la moitié de ses usines après un pic de cas de coronavirus parmi les ouvriers, ont indiqué lundi les autorités.

Une entreprise qui profite de la crise et maltraite ses salariés

Top Glove a connu un bond de la demande depuis le début de l'épidémie alors que les États se précipitaient pour acquérir et stocker les équipements de protection, faisant augmenter d'autant les bénéfices et le cours de l'action.

Mais il y a eu une poussée de cas de Covid-19 parmi ses employés -- dont beaucoup sont des travailleurs migrants sous-payés -- dans ses usines d'une zone industrielle située près de la capitale, Kuala Lumpur.

Plus de 1.000 cas étaient recensés lundi, poussant le gouvernement à ordonner leur fermeture.

"Sur le conseil du ministère de la Santé, il a été convenu lors d'une réunion spéciale aujourd'hui de fermer 28 usines Top Glove (...) par étapes pour permettre aux travailleurs de se soumettre à des tests et à une quarantaine", a indiqué le ministre de la Défense Ismail Sabri Yaakob.

Il n'a pas précisé quand ces fermetures débuteraient.

Les États-Unis soupçonnent du travail forcé et stoppent leurs importations

Le groupe possède 47 ateliers -- dont 41 en Malaisie -- et beaucoup de ses employés viennent du Népal et vivent dans des complexes de dortoirs surpeuplés. Top Glove n'a pas répondu aux demandes de commentaires, et la manière dont ces fermetures vont affecter ses opérations reste peu clair.

Le groupe peut produire 70 milliards de gants par an et est un très important producteur mondial.

La Malaisie se bat contre l'arrivée d'une deuxième vague de l'épidémie de coronavirus, virus qui a jusqu'ici infecté plus de 56.000 personnes et en a tué 337.

Les fabricants de gants du pays -- ainsi que d'autres industriels -- sont accusés depuis longtemps de maltraiter les travailleurs migrants, et les États-Unis ont décidé en juillet de bannir l'importation des gants fabriqués par les sous-traitants de Top Glove en raison de soupçons de "travail forcé".

top glove

[Le 17 novembre , à Klang, en Malaisie, alors que sévit une nouvelle flambée de coronavirus dans leurs rangs, des travailleurs immigrés employés par Top Glove font la queue pour une distribution de nourriture à l'intérieur de l'enceinte de leur résidence de travailleurs sous surveillance renforcée. Photo Lim Huey Teng/Reuters]

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Commentaires
a écrit le 23/11/2020 à 17:46 :
En parlant des États-Unis :

C'est une affaire qui provoque de nombreux remous aux Etats-Unis, jusque dans la classe politique. Les responsables d'une usine américaine de traitement de viande ont été suspendus après avoir été accusés d'avoir organisé des paris en avril sur combien de leurs employés seraient testés positifs au Covid-19. Plus de 1.000 employés ont contracté le virus dans l'usine Tyson Foods de conditionnement de viande de porc, dans l'Etat rural de l'Iowa. Le fils d'un d'entre eux, Isidro Fernandez, décédé des suites de la maladie en avril, a porté plainte contre le géant de la viande.

L'entreprise est accusée d'avoir incité les ouvriers malades à continuer à se rendre à l'usine en pleine pandémie à travers un système de primes, en appelant à la "responsabilité" des employés pour que les Américains "ne meurent pas de faim". "Au moins un ouvrier de l'établissement qui a vomi sur la chaîne de production" a été invité par la direction à continuer à travailler, détaille la plainte.Au même moment, ajoute le texte, un des chefs de l'usine a "organisé un pari entre responsables pour tenter de deviner combien d'employés seraient testés positifs au Covid-19". Tyson Foods a annoncé avoir suspendu les responsables mis en cause et d'avoir lancé une enquête interne.

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