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Covid: le vaccin de Sanofi, enfin proche de la ligne d'arrivée, pourrait séduire les réfractaires de l'ARNm

latribune.fr

Publié le 23 février 2022 à 17:01 - Mis à jour le 23 février 2022 à 18:57

Sanofi et gsk vont demander l'autorisation de leur vaccin anti-covid-19

Les essais du vaccin Sanofi, réalisés sur des milliers de personnes, indiqueraient qu'il permet d'éviter systématiquement les hospitalisations liées au Covid.

DADO RUVIC

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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Le géant pharmaceutique français Sanofi a annoncé des résultats positifs à grande échelle pour son vaccin anti-Covid, développé avec le britannique GSK. Une nouvelle faite sans triomphalisme puisqu'elle arrive presqu'un an après la date initialement espérée. Les deux groupes vont désormais demander l'approbation réglementaire de leur vaccin aux États-Unis et dans l'Union européenne. Ils espèrent trouver leur place sur ce marché très concurrencé, en séduisant notamment les rétifs aux vaccins à base d'ARN messager.

C'est un peu un « ouf » de soulagement pour Sanofi. Le laboratoire français, qui développe avec le britannique GSK un vaccin anti-Covid à base de protéine recombinante, en a enfin annoncé des résultats d'essais positifs à grande échelle, soit la dernière étape avant une éventuelle mise sur le marché.

Ce nouveau vaccin fait preuve de« données d'efficacité (qui) sont comparables aux données cliniques récentes obtenues avec des vaccins autorisés »,a affirmé ce mercredi 23 février Thomas Triomphe, chef des vaccins au sein du géant français, dans un communiqué.

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Les essais, réalisés sur des milliers de personnes, indiqueraient que le vaccin permet d'éviter systématiquement les hospitalisations liées au Covid. Il serait, par ailleurs, efficace à 57,9% pour empêcher la contamination avec des symptômes.

Utilisé uniquement en dose de rappel, le vaccin de Sanofi a induit une augmentation significative des titres d'anticorps(*) neutralisants de l'ordre de 18 à 30 fois, quel que soit le vaccin reçu en primo-vaccination et dans toutes les tranches d'âge.

Comme c'est la règle, Sanofi et GSK communiquent dans l'immédiat sans rendre publiques les études sur lesquelles sont basés ces résultats. Les deux groupes comptent donc demander prochainement l'approbation du vaccin aux autorités sanitaires des États-Unis et de l'Union européenne (UE).

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Le vaccin Sanofi, à supposer qu'il soit approuvé par les autorités, va arriver sur le marché bien plus tard que ses concurrents et dans un contexte déjà perturbé par le variant Omicron. Ce dernier résiste en partie à l'ensemble des vaccins, y compris celui de Sanofi qui, comme en témoignent les chiffres publiés par le groupe, ne limite que partiellement les risques d'infection.

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Mais si le vaccin perd en partie de son intérêt au plan collectif car il n'empêche pas totalement la transmission du virus par les personnes vaccinées, il apparaît très efficace contre les formes graves et peut donc trouver sa place dans les campagnes de vaccination.

À ce titre, certaines autorités sanitaires, notamment françaises, tout comme Sanofi et GSK eux-mêmes, font un pari plus ou moins avoué : que ce nouvel arrivant séduise les personnes qui n'ont pas voulu recevoir un vaccin à base d'ARN messager (ARNm) par méfiance envers cette technologie très novatrice, qui apparaît toutefois très sûre, plus d'un an après le début des campagnes de vaccination.

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Le vaccin de Sanofi et GSK se base en effet sur une technologie plus classique, celle dite de la "protéine recombinante" - la même qu'utilise l'américain Novavax, dont le vaccin Nuvaxoviden est en passe d'être mis sur le marché en France (d'ici la fin février). C'est « une technologie bien établie qui a été utilisée largement dans des vaccins précédents contre d'autres infections virales » dont notamment la grippe saisonnière, a souligné dans le communiqué Roger Connor, responsable des vaccins chez GSK.

Hors du créneau des sceptiques jamais vaccinés, Sanofi, à qui l'Union européenne avait déjà précommandé de nombreuses doses de vaccins, compte aussi trouver sa place dans les campagnes de rappels.

Enfin, certains analystes soulignent que de nombreux pays, surtout en voie de développement, n'ont pas encore de fort taux de vaccination, laissant potentiellement des marchés à Sanofi et GSK.

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Presque un an de retard

Faite sans triomphalisme, l'annonce de Sanofi et GSK intervient près d'un an après la date initialement espérée par Sanofi. Le français tablait à l'origine sur des résultats avant la mi-2021 mais a subi six mois de retard à cause d'un problème de dosage.

En fin d'année, il a encore dû repousser son calendrier, car il rencontrait des difficultés à trouver des personnes jamais contaminées au Covid, une nécessité pour mener des essais fiables.

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Ces retards ont laissé le champ libre aux concurrents de Sanofi, désormais au cœur de multiples campagnes de vaccination, à commencer par le pionnier des vaccins développé par l'américain Pfizer et l'allemand BioNTech sur la base de la technologie de l'ARN messager.

Ce contraste a alimenté de vives polémiques en France sur l'incapacité de la recherche nationale à développer un vaccin anti-Covid, également mise en avant par l'annonce d'un échec de l'institut Pasteur début 2021.

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De bons résultats financiers pour Sanofi malgré les déboires du vaccin

Pour autant, Sanofi a enregistré un chiffre d'affaires de près de 37,8 milliards d'euros sur l'année 2021, en hausse de 4,8%. La confiance dans le laboratoire français a même été suffisante pour annoncer l'augmentation de son dividende de 4% pour ses actionnaires au prochain exercice annuel (3,33 euros par action, contre 3,20 euros lors de l'exercice précédent). Pour le groupe, le bénéfice net par action des activités a d'ailleurs progressé de 15,5% à taux de change constant, soit davantage qu'anticipé initialement.

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Le concurrent Pfizer, loin devant

De bons résultats qui restent néanmoins très loin de ceux de Pfizer. En effet, le chiffre d'affaires du géant américain, leader du marché du vaccin anti-Covid avec l'Allemand BioNTech, a bondi de 95% en 2021 (à 81,3 milliards de dollars) et son bénéfice net a plus que doublé, à 22 milliards de dollars.

Des spécialistes du secteur pharmaceutique sont en tout cas cléments envers Sanofi: en Bourse, le titre, qui n'a guère pâti en Bourse de ces controverses, prenait encore près de 1,5% ce mercredi 23 février à la mi-journée.

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(avec AFP)

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(*) La quantité d'anticorps présente dans le sérum est déterminée par titrage de celui-ci en dilution limite. Le titre d'un sérum correspond à l'inverse de la dernière dilution positive. Il est à noter que certains auteurs définissent le titre d'un sérum comme la dilution donnant 50% de la réaction maximale observée. (Source: Laboratory for Vascular Translational Science, LVTS)

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