C'est un pavé dans la mare qui pourrait une nouvelle fois amener les médecins à défiler dans la rue. Dans le pacte de lutte contre les déserts médicaux présenté par le Premier ministre, François Bayrou, en avril dernier, les médecins généralistes pourraient devoir exercer jusqu'à deux jours par mois de soin dans les déserts médicaux. Une mesure qui vient contrer la proposition de loi du député Guillaume Garot, obligeant les nouveaux médecins à s'installer dans les déserts médicaux.
Si ce volet a fait beaucoup de remous chez les professionnels de santé, il en est un autre qui pourrait arriver sous peu : la régulation de la pratique de médecine esthétique. Dans le plan présenté par François Bayrou, un petit paragraphe mentionne ce sujet : « Encadrer, en lien avec l'ordre des médecins, les conditions d'exercice d'une activité de médecine esthétique et assurer le plafonnement des activités esthétiques non dédiées au soin, à hauteur de 10 % du chiffre d'affaires d'un médecin généraliste conventionné. »
Sur le chiffre d'affaires, la proposition est prise par « le gouvernement seul », souligne l'ordre des médecins. Une régulation irréaliste pour l'institution, comme pour les professionnels de santé, rappelant que le prix de la médecine esthétique est bien plus élevé que l'activité de consultation de médecine générale. « Le chiffre d'affaires d'un cabinet de médecin généraliste se situe entre 10 000 euros et 20 000 euros par mois », explique un médecin à Paris souhaitant garder l'anonymat. « Or, dix injections de botox représentent déjà 6 000 euros de chiffres d'affaires. L'équation est impossible ! »