Les médecins de demain devront-ils être obligés de s'installer dans les déserts médicaux ? Rien n'est moins sûr. Une proposition de loi appelée loi Garot, du nom du député socialiste de la Mayenne qui la porte, était toujours en cours de discussion à l'Assemblée nationale ce mercredi. Le premier article du texte, le plus explosif, vise à conditionner l'installation des médecins dans les zones les plus dotées au départ d'un autre.
À la surprise générale, il a été largement adopté début avril et les députés doivent désormais se pencher sur d'autres aspects du texte avant un vote final de l'ensemble du texte au plus tôt ce mercredi. Mais rien est joué, puisque le premier vote de l'article 1 n'avait réuni que quelques députés. Ils seront peut-être plus nombreux sur le vote final, malgré toutefois les nombreux ponts de mai qui ne facilitent pas la tâche.
Depuis l'arrivée de cette proposition dans l'hémicycle, les avis divergent quant à l'efficacité d'une telle mesure et les crispations augmentent entre les médecins et les patients obligés d'attendre parfois plus d'un an pour avoir un rendez-vous.
Les premiers concernés par cette mesure protestent contre son injustice. « Nous sommes pointés du doigt comme les responsables de la situation, alors que ce sont les politiciens les fautifs », tempête le docteure Sophie Bauer, présidente du Syndicat des Médecins Libéraux (SML). Les médecins dénoncent un manque chronique de professionnels de santé lié au numerus clausus, instauré dans les années 1970 pour limiter le nombre d'étudiants en médecine. De 64 000 médecins en 2012, ils ne sont plus que 57 000 en 2025, pour une population qui a augmenté de plus de 3 millions d'habitants entre-temps.