Ce vendredi, le président américain a demandé aux principaux groupes pharmaceutiques de baisser le prix de leurs médicaments, sous peine de représailles. Cette décision pourrait entraîner une hausse des prix en Europe.
Donald Trump passe à la vitesse supérieure pour faire baisser le prix des médicaments Outre-Atlantique. Jeudi soir, le président américain a envoyé des courriers à 17 entreprises pharmaceutiques leur demandant de réduire les prix de vente de leurs traitements sous peine de représailles. Parmi les destinataires : Merck, Novartis, Pfizer, AstraZeneca, Novo Nordisk ou encore Sanofi.
«Si vous refusez d'agir, nous déploierons tous les moyens à notre disposition pour protéger les familles américaines contre les pratiques abusives en matière de prix des médicaments», écrit le président dans ces courriers quasiment identiques.
Les Américains paient en effet 2,5 fois plus cher leurs médicaments qu'en France, en raison d'une libre fixation du prix par les laboratoires. Donald Trump a avancé que ces derniers verront leur prix baisser « de 50 à 80 ou à 90 % ». Les laboratoires ont désormais jusqu'au 29 septembre pour appliquer ces réductions. En réaction, les valeurs boursières du secteur pharmaceutiques ont toutes baissé ce vendredi matin après l'annonce de l'envoi de ces courriers, avant de remonter légèrement dans la journée.
Depuis son arrivée au pouvoir, Donald Trump a multiplié les annonces afin de baisser les prix des médicaments. Un chantier déjà entamé par Joe Biden, qui avait placé 10 références sur lesquels les prix doivent être négociés avant d'en rajouter 15 nouvelles, dont les médicaments anti-obésité, très convoités dans le pays. L'objectif : limiter, voire supprimer, le reste à payer pour les bénéficiaires du programme de couverture santé public Medicare, accessibles aux Américains de 65 ans et plus, mais aussi réaliser d'importantes économies. Des mesures qui ne devraient prendre effet qu'en 2026.
L'actuel locataire de la Maison-Blanche a, quant à lui, repris la main en signant un premier décret en avril dans lequel il ordonne à son gouvernement de travailler à une série de mesures pour faire baisser le prix des médicaments aux États-Unis. Parmi les actions listées : l'amélioration du processus de négociation entre l'assurance-santé publique et les groupes pharmaceutiques ou encore la possibilité offerte aux États d'importer directement des médicaments depuis des pays étrangers aux coûts moindres. Un nouveau décret a ensuite été signé en mai, Donald Trump assurant, là encore, que le prix des médicaments baisserait, mais sans détailler de solutions concrètes.
De son côté, le laboratoire Roche proposait, il y a une semaine, de supprimer les intermédiaires de vente, nombreux dans le pays, ce qui permettrait de « réduire de 50 pour cent du prix des médicaments », selon le directeur général du groupe. Une mesure approuvée par Sanofi ce jeudi lors de la présentation des résultats financiers.
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Outre la baisse de tarif pour les Américains, l'objectif de Donald Trump est de répartir le prix de l'investissement dans l'innovation, que les laboratoires répercuteraient uniquement Outre-Atlantique selon lui. L'Europe est particulièrement visée, accusée par le président américain d'appliquer des prix trop bas ne permettant pas de participer suffisamment au financement de la recherche. Un constat en partie partagé par les laboratoires. En avril, 32 d'entre eux avaient adressé une lettre à la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen demandant de mieux rémunérer l'innovation sur le Vieux Continent.
À cette exigence de baisse de prix s'ajoute également la mise en place de droits de douane à hauteur de 15 % en Europe pour les produits pharmaceutiques exportés aux États-Unis, l'un des gros marchés des laboratoires implantés en Europe. Si ces derniers ne réduisent pas leurs marges, ces récentes décisions pourraient entraîner une augmentation du prix des médicaments en Europe afin de compenser la baisse américaine, ou une série de délocalisations de production dans des pays à bas coûts.