À quelques mois d'un budget de la Sécu qui sera décisif et alors que le déficit ne fait que s'accroître, les Entreprises du médicament (Leem), principal syndicat des laboratoires pharmaceutiques, publie, ce mardi, son baromètre 2025 en partenariat avec PwC sur l'attractivité de la France pour le secteur. L'objectif : montrer que les entreprises pharmaceutiques génèrent de la valeur pour le pays, mais, surtout, alerter sur les risques qui pèsent sur elles.
Le lobby pharmaceutique constate, en effet, une nouvelle baisse du nombre de médicaments avec une autorisation de mise sur le marché européen qui sont accessibles aux patients en France. En 2024, seulement 60 % d'entre eux étaient disponibles, soit 6 points de moins par rapport à l'année précédente. C'est la plus grosse chute parmi les grandes puissances européennes, ce qui place désormais le pays derrière l'Allemagne, l'Italie, le Royaume-Uni et l'Espagne en matière de disponibilité de médicaments. À titre de comparaison, l'Allemagne affiche un taux de disponibilité de 89 % et l'Italie de 93 %.
L'une des raisons pourrait être le prix des médicaments, environ 10 % plus bas que la moyenne européenne pour ceux n'ayant pas de génériques et 16 % pour les autres. En effet, en France, les négociations entre le Comité économique des produits de santé - dépendant du gouvernement - et les laboratoires pharmaceutiques mènent régulièrement à un véritable bras de fer, tirant à la baisse les prix de vente des médicaments vendus dans le pays. Ce qui réduit donc les marges des industriels, notamment sur les nouveaux médicaments innovants, onéreux, et sur lesquels s'appuient principalement les laboratoires pour faire des bénéfices. En conséquence, la France n'est donc pas un marché non prioritaire pour eux.