Economie du médicament : l'équation des traitements du cancer devient de plus en plus complexe
Florence Pinaud
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Photo d'illustration
Oncodiag
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La politique française du médicament a atteint ses limites. Illustration ? Les tarifs des nouveaux traitements atteignent des sommets, dénoncés par les associations de patients, tandis que Janssen a retiré son anticancéreux du marché français faute de pouvoir en tirer le prix escompté. De fait, la Sécurité sociale n'a plus aujourd'hui les moyens de payer les meilleures innovations anticancéreuses à tous les Français. À moins de continuer à creuser les déficits. Pour survivre, elle va devoir faire évoluer ses règles et trouver de nouvelles sources de financement. Entre labos et autorités de santé, chacun cherche des solutions tout en prenant soin de défendre ses intérêts. Faut-il rationner les soins, forcer les labos à revoir leurs marges ou faire travailler un jour férié « cancer » ? L'équation est compliquée.
> Episode 1 : La France n'a plus les moyens de se payer un cancer incurable
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Du côté des producteurs, les arguments ne manquent pas. Pour le Leem, les tarifs des nouveaux traitements sont dus au changement du profil de l'innovation. « Dans notre économie, les blockbusters avec leurs gros volumes de vente permettaient d'amortir les investissements R&D et les milliers d'essais nécessaires pour découvrir un nouveau médicament, explique son directeur général Philippe Lamoureux. Aujourd'hui, les innovations sont des traitements de précision pour soigner des formes de cancers rares que l'on ne parvenait pas à soigner auparavant. Les investissements considérables en termes de recherche et développement doivent donc souvent être amortis sur des indications de niche. » Les producteurs de médicaments s'inquiètent donc de leur capacité à conserver leurs marges. « Le budget pharma en France a été décapitalisé. Alors que l'enveloppe du médicament s'élevait à 14 % des dépenses de Santé en 2007, elle est tombée à 11 % en 2022. » Le Leem vient d'ailleurs d'ouvrir un observatoire de l'accès des médicaments au marché avec une question : quels produits de santé disponibles chez nos voisins européens ne le sont pas chez nous ? Une façon de montrer que certains médicaments innovants restent "bloqués" à nos frontières administratives.
Florence Pinaud