Eligo Bioscience séduit un fonds américain pour développer ses nanorobots thérapeutiques

 |   |  380  mots
Eligo Bioscience espère lancer son premier essai clinique sur l'homme dans deux ans pour sa première application.
Eligo Bioscience espère lancer son premier essai clinique sur l'homme dans "deux ans" pour sa première application. (Crédits : Reuters)
La biotech française a levé 20 millions de dollars, à l'issue d'un tour de table mené par Khosla Ventures. Elle espère lancer d'ici deux ans son premier essai clinique pour développer ses nanorobots thérapeutiques, capables de cibler et tuer des bactéries pathogènes, ou de délivrer des charges thérapeutiques.

Septembre est un mois profitable pour les biotechs françaises, en particulier pour celles qui proposent des solutions contre les bactéries résistantes. Après Deinove et Da Volterra, Eligo Bioscience a recueilli 20 millions de dollars, mardi 26 septembre. Cette levée de fonds a été menée par le fonds d'investissement américain Khosla Ventures. Un fait rare performance, car peu de biotechs françaises réussissent à convaincre un "capital-risqueur" d'outre-Atlantique, surtout lorsque leurs solutions thérapeutiques en sont encore à un stade préclinique à l'instar d'Eligo.

Des nanorobots capables de sélectionner des bactéries

Eligo développe une plateforme de biothérapies programmables, avec des éligobiotiques, c'est-à-dire des nanorobots thérapeutiques capables de cibler des bactéries. "Notre technologie a une application dans tout ce qui touche au microbiome (milliards de microbes présents dans l'organisme participant à la protection de la santé humaine, NDLR)", expose à La Tribune Xavier Duportet, fondateur de la société. Pour sa première application, Eligo utilise CRISPR une sorte de ciseau moléculaire. Après avoir détecté des bactéries responsables d'une maladie, les nanorobots délivrent CRISPR sur ces dernières pour découper leur ADN afin de les éliminer.

"On cherche à tuer des bactéries avant que la maladie n'apparaisse", précise Xavier Duportet.

Mais le fondateur ne veut pas que sa technologie soit réduite à cette seule application. "On travaille sur des vaccins. Nous essayons de faire exprimer un antigène dans les bactéries pour déclencher une réponse immunitaire. On développe également des solutions pour améliorer le devenir des médicaments dans l'organisme." En clair, la biotech cherche à cibler les bactéries dans le microbiote pouvant être responsables du non fonctionnement de traitements chez certains patients. Autre indication visée : la lutte contre l'apparition de super-bactéries résistantes aux antibiotiques, un phénomène qui inquiète la communauté internationale. Les nanorobots d'Eligo peuvent également avoir un autre rôle que celui de "tueur de bactéries". Ils pourraient fournir des charges thérapeutiques aux bactéries ciblées.

La biotech française espère lancer son premier essai clinique sur l'homme dans "deux ans" pour sa première application. Celle-ci concerne "une maladie rare", évoque Xavier Duportet, sans en dire plus.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 26/09/2017 à 21:25 :
Comment ça fonctionne exactement ?
Car il y a de bonnes bactéries pour le corps mais aussi des mauvais ?
Et le nombre de bactéries dans le système 2 ,c'est des milliards...

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :