Le Français Enterome veut devenir le premier labo pharmaceutique spécialisé dans le microbiote

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Enterome développe des produits concernant la maladie de Crohn et en immuno-oncologie.
Enterome développe des produits concernant la maladie de Crohn et en immuno-oncologie. (Crédits : Reuters)
La biotech multiplie les partenariats avec les big pharmas, et vient de créer une coentreprise avec Nestlé. Elle espère engranger suffisamment de financements pour lancer et commercialiser ses produits de façon autonome. Un objectif très ambitieux pour une biotech française.

Avec l'enthousiasme des investisseurs et des scientifiques pour les thérapies basées sur le microbiote, certaines sociétés nourrissent des rêves de grandeur. C'est le cas d'Enterome, une biotech française spécialisée dans le développement de diagnostic est de médicaments basés sur le microbiote, c'est-à-dire les milliards de microbes présents dans l'organisme participant à la protection de la santé humaine.

Mardi 11 juillet, la société a annoncé la création d'une coentreprise avec Nestlé Health Sciences, qui y injecte 20 millions d'euros. Et ce, "afin de créer de la valeur dans le domaine des diagnostics". Chaque partie bénéficie de 50% des parts de la société. La biotech, qui accueillait déjà Nestlé dans son capital, a octroyé à cette dernière une licence sur ses deux produits phares de diagnostics. Le premier est destiné à identifier l'activité de la maladie de Crohn et le second est dédié aux patients malades du foie afin de voir s'ils développent une forme de "maladie de foie gras" bénigne ou grave (appelée Nash). Ce joint-venture s'ajoute aux multiples partenariats qu'Enterome a signé avec les big pharmas. L'année dernière, la biotech s'est associée à BMS, un labo spécialisé en oncologie, pour développer des cibles thérapeutiques et des molécules bioactives issues du microbiote intestinal. Ou encore à Takeda pour le traitement de troubles gastro-intestinaux, et Johnson & Johnson pour trouver de nouvelles cibles et de nouvelles molécules bioactives.

Une introduction en bourse à venir ?

Mais Enterome garde jalousement les droits de ses médicaments en développement, en immuno-oncologie, et contre la maladie de Crohn (le traitement est censé bloqué l'invasion du microbiote intestinal par des bactéries pathogènes) - qui entrera en phase II en 2018 -. Cette dernière nourrit de grandes ambitions.

"Désormais, nous souhaitons grandir. Nous comptons avoir assez de financements pour utiliser nos ressources et devenir une compagnie pharmaceutique classique du développement à la commercialisation", expose à La Tribune, Pierre Belichard, directeur général d'Enterome, et désormais président du conseil d'administration de la coentreprise avec Nestlé.

Enterome obtient des financements grâce à ses différents partenariats et à l'entrée dans son capital de fonds d'investissement. Mais pour accélérer, il pourrait "éventuellement passer par une introduction en Bourse. Nous considérons toutes les options", explique Pierre Belichard. Depuis sa création en 2012, Enterome a levé 32 millions d'euros, dont 14,5 millions d'euros auprès de Nestlé Health Science l'année dernière. La biotech fait partie des cinq sociétés développant des solutions du microbiote et de la santé ayant levé le plus de fonds, un classement dominé par les Etats-Unis.

Des traitements en phases cliniques précoces

La société, qui s'est appuyée sur les découvertes réalisées par l'Institut de recherche agronomique (Inra), un pionnier dans la recherche autour du microbiote, espère devenir même le premier ou l'un des premiers labos pharmaceutique spécialisé dans le microbiote. Atteindre un tel objectif, si Enterome se donne les moyens de ses ambitions, ne devrait pas être possible avant plusieurs années, car ses traitements sont en phases cliniques précoces. Le développement d'un médicament en phase II et III dure deux à six ans au total, selon l'Agence américain des médicaments.

Plus largement, rares sont les biotechs françaises proche du modèle des laboratoires pharmaceutiques, préférant pour la majorité signer des accords de licence sur leurs molécules, en raison des coûts de la phase III des essais cliniques. Certaines sont sur le point d'y parvenir, comme DBV. Mais celle-ci a dû entrer au Nasdaq pour lever les fonds nécessaires.

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