La fusion géante Pfizer-Allergan menacée par le régulateur américain

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Pfizer n'avait pas caché que son intérêt pour le fabricant du traitement anti-rides Botox tenait au fait que le siège était en Irlande où l'impôt sur les société est presque trois fois plus faible qu'aux Etats-Unis.
Pfizer n'avait pas caché que son intérêt pour le fabricant du traitement anti-rides Botox tenait au fait que le siège était en Irlande où l'impôt sur les société est presque trois fois plus faible qu'aux Etats-Unis. (Crédits : © Cathal McNaughton / Reuters)
Les régulateurs américains ont annoncé une série de mesures pour freiner l'exil fiscal des multinationales américains. Avec dans leur viseur Pfizer qui prévoit de fusionner avec Allergan, notamment pour installer son siège en Irlande. Les deux laboratoires ont annoncé examiner les nouvelles mesures du Trésor américain.

La plus grosse fusion dans l'industrie pharmaceutique va-t-elle aboutir ? Le Trésor américain a annoncé plusieurs mesures susceptibles de pousser Pfizer et Allergan à revoir leur fusion annoncée de 160 milliards de dollars. L'objectif des régulateurs américains est de freiner l'exil fiscal des multinationales américaines qui fuient l'impôt en transférant leur siège social à l'étranger à la faveur de rachats d'entreprises.

Plus difficile pour les sociétés d'être taxées à l'étranger

Désormais, il sera plus compliqué pour les sociétés d'être taxées à l'étranger. Le Trésor va faire en sorte qu'il soit plus difficile pour un groupe étranger de revendiquer 20% du capital d'une société américaine, seuil qui permet à la nouvelle entité d'échapper à l'impôt américain.

Ces mesures vont s'appliquer aux fusions qui seront finalisées après le 4 avril. Or, celle de Pfizer avec Allergan ne l'est pas encore...

Allergan plonge brutalement en Bourse

Dès le départ, Pfizer n'avait pas caché que son intérêt pour Allergan pour récupérer les revenus générés par ses blockbusters comme le botox, mais aussi parce que le siège de ce dernier est situé en Irlande où l'impôt sur les sociétés est presque trois fois plus faible qu'aux Etats-Unis.

Désormais, le doute semble s'installer. Les deux laboratoires pharmaceutiques américains ont annoncé dans un communiqué commun le 4 avril examiner de près les nouvelles mesures du Trésor américain tout en demandant de ne pas spéculer sur un "impact potentiel". Mardi 5 avril, les investisseurs n'étaient pas sensibles à cet appel puisque Allergan chutait brutalement en Bourse suite à ces annonces. L'action du fabricant de botox perdait 16,54% à 17h11 heure française.

Certains analystes se sont montrés particulièrement pessimistes quant à l'aboutissement de la fusion. "L'accord se négocie comme s'il était mort à 95%", estime Michael Craig, un analyste travaillant pour la société Evercore ISI interrogé par Bloomberg.

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