Lundi, l'ONG a lancé une pétition adressée à la ministre de la Santé, et une campagne d'affichage radicale pour dénoncer les prix des nouveaux médicaments et la rentabilité de ces derniers pour l'industrie pharmaceutique. Le lobby pharmaceutique dénonce une "propagande mensongère".
"Qui doit faire la loi, le marché ou l'Etat ?Lundi 13 juin, l'ONG Médecins du Monde a lancé une campagne choc pour pousser le gouvernement à réguler le prix des médicaments les plus onéreux, nouveaux anticancéreux et antiviraux en tête. "Plus un État est riche, plus le prix d'un traitement sera élevé", assène l'organisation de solidarité internationale. Elle estime notamment que l'industrie' pharmaceutique' détourne les principes du brevet:
"Alors qu'il a été conçu comme un outil pour garantir une juste rémunération de l'inventivité, le brevet est aujourd'hui utilisé pour imposer un rapport de force dans la négociation avec les États afin d'obtenir des prix plus élevés et des situations de monopole."
Une campagne refusée par les annonceurs
Outre une pétition adressée à la ministre de la Santé exigeant la baisse du prix des médicaments, l'ONG va lancer une campagne d'affichage radicale. Radicale, car d'une part car elle se fera sans autorisation, de manière "sauvage". Elle a été refusée par l'ensemble des réseaux d'afficheurs en raison d'un risque de réactions négatives de la part de l'industrie pharmaceutique, assure Olivier Maguet, responsable à MdM de cette campagne.
Les traitements curatifs de l'hépatite C dans le viseur
Les nouveaux traitements contre l'hépatite C, dont le sofosbuvir de Gilead, font partie des principales cibles de l'ONG. Deux affiches y sont consacrées. "Seul 1% des Français peut se permettre d'avoir une hépatite C", et "1 milliard d'euros de bénéfice, l'hépatite C on en vit très bien". Les prix "exorbitants mettent en danger le système de santé et on a déjà assisté au rationnement du traitement efficace de l'hépatite C pour la première fois de notre histoire", souligne Olivier Maguet.
Le Leem en profite pour rappeler ses arguments habituels pour justifier le prix des médicaments. Celui-ci "repose avant tout sur le bénéfice thérapeutique ajouté par le nouveau médicament", ou encore, il "n'est pas le reflet des investissements passés : il permet les investissements futurs pour découvrir de nouveaux traitements dans l'intérêt des patients".