Novartis, le numéro 1 mondial de l'industrie pharmaceutique, se réorganise

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David Epstein, le patron de Novartis Pharmaceuticals depuis 2010, quittera Novartis afin de relever de nouveaux défis aux Etats-Unis, a annoncé le géant suisse.
David Epstein, le patron de Novartis Pharmaceuticals depuis 2010, quittera Novartis "afin de relever de nouveaux défis aux Etats-Unis", a annoncé le géant suisse. (Crédits : © Arnd Wiegmann / Reuters)
Le géant suisse Novartis divise son pôle pharmaceutique en deux parties, et crée une unité dédiée à l'oncologie, signe de son accélération dans ce domaine très prisé par les gros laboratoires pharmaceutiques.

Le premier laboratoire pharmaceutique en terme de chiffre d'affaires (44,5 milliards d'euros en 2015) a annoncé mardi 17 mai la division de son pôle pharmaceutique en deux "unités d'affaires", l'une pour l'oncologie et l'autre pour d'autres types de traitements. "Ces deux unités formeront la division Innovative Medicines de Novartis", explique le groupe pharmaceutique dans un communiqué. Sa division pharmaceutique comprendra désormais Novartis Pharmaceuticals et Novartis Oncology.

"La nouvelle structure reflète l'importance du secteur oncologie pour Novartis à la suite de l'intégration réussie des actifs ontologiques acquis auprès de GlaxoSmithKline ", ajoute Novartis.

Le résultat d'une transaction géante avec GSK

Cette réorganisation est le résultat d'un échange de portefeuilles avec GSK. En avril 2014, le Suisse avait annoncé le rachat des activités oncologies du Britannique pour 14,5 milliards de dollars. Celui-ci avait été finalisé au début de l'année 2015. En contrepartie, ce dernier récupérait les activités vaccins de Novartis. Les deux big pharmas échangeaient ainsi 20 milliards de dollars d'actifs.

Une transaction qui marquait une concentration de Novartis sur des activités plus prometteuses. Le marché des anticancéreux représente 100 milliards de dollars par an, selon IMS Health. Le chiffre pourrait grimper à 147 milliards de dollars en 2018.

Novartis intéressé par une biotech phare dans l'oncologie

Selon un rapport d'EY publié au début de l'année, Novartis est le 2e laboratoire le plus compétitif dans l'oncologie, au coude à coude avec l'américain Amgen. Mais l'étude du cabinet prévoyait qu'en 2020 Novartis tombe à la troisième place derrière Celgene, un laboratoire américain qui connait actuellement une croissance au-delà des 20%.

L'importance accrue donnée à l'oncologie par le groupe pourrait changer la donne. D'autant plus que le Suisse lorgnerait Medivation, selon des sources, à l'instar de Sanofi, Pfizer, AstraZeneca et AMgen. Ces derniers ont des vues sur la biotech américaine et son anticancéreux blockbuster le Xtandi (1,9 milliard de dollars de revenus en 2015).

Changement de direction au sein de Novartis

Par ailleurs, David Epstein, le patron de Novartis Pharmaceuticals depuis 2010, quittera Novartis "afin de relever de nouveaux défis aux Etats-Unis", a annoncé le géant suisse.

Epstein sera remplacé par deux personnes: Paul Hudson, actuel responsable d'AstraZeneca pour l'Amérique du Nord, et Bruno Strigini, le directeur de la branche Novartis Oncology. Paul Hudson dirigera l'unité d'affaires Novartis Pharmaceuticals et Bruno Strigini l'unité d'affaires Novartis Oncology.

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a écrit le 18/05/2016 à 15:01 :
Tout le monde veut une division oncologie (traitement contre le cancer) dans sa pharma. Pour l'instant des petites unités pharma fabriquent des traitements faiblement différenciés tirés des grands brevets et, lorsqu'ils trouvent homologation auprès des autorités, les vendent à prix d'or à d'autres pharma du monde entier. Le mécanisme qui se pratique aussi sur d'autres segments, accule les grands laboratoires puisque ces nouveaux arrivants prennent des parts de marché là où ces anciens dominaient il y a peu. A tel point que certains se posent la question de devoir y poursuivre des achats. En effet, cette ruée de tous sur le même segment finit par provoquer un trop-plein d'offre tandis que les champions ramassent à tour de bras toutes les sociétés existantes sur le marché, sur tout secteur et tout spécialité, pour tenter de reprendre le contrôle. les OTC ou les vaccins, voire la santé animale deviennent des variables d'ajustement que l'on achète ou cède au gré des opportunités et des plus-values. Le jeu reste pourtant difficile d'autant que les laboratoires se livrent de plus en plus à la technique de la franchise qui permet de toucher des commissions sur des ventes de médicaments sous licence faites par d'autres faute de pouvoir les faire soi-même. Cette chasse produit des perdants car elle est, en plus, surveillée par de grands prescripteurs, les "healths", devenus géants, qui font pression sur les prix. Ainsi Pfizer pourra probablement être repris et faire l'appoint aux business de J&J et Merck pour tenter de replacer ces derniers en tête du classement mondial. Les pharma les plus faibles ou disposant de moins de crédit comme Elli Lily vont être avalés par les celles "autorisées" car le marché US, mais pas seulement, veille à ne pas accepter de nouveaux entrants étrangers. Gilead qui réalise désormais plus de 33 milliards, Celgène, mènent la poursuite mais les anciens, recomposés, Abbvie, Allergan, Amgen, BMS, attirés par les désir de survie ou celui de faire fortune se démènent avec un entrain renouvelé. L'anglais Glaxo a lui descendu 3 marches en vendant une partie de ses actifs, il tourne à présent sur un chiffre de près de 20 milliards de livres annuels, Bayer l'allemand tente de se transformer totalement en pharma, Sanofi joue la stratégie fine de portefeuille et d'autres tentent de prendre la vague au mieux sans s'y engloutir. Dans ce contexte le suisse Norvartis dont le pays n'offre pas de grandes contreparties, sait qu'il fait déjà partie des perdants potentiels, que la pharma facile a pris fin. Une fusion longtemps prédite avec Roche dont il dispose d'une belle partie du capital s'annonce peut-être avec ce premier mouvement qui préfigure une recomposition possibles des activités réciproques, d'autant que Nestlé se pose lui aussi des questions et voudrait agir sur ce marché. Une chose est sûre, le prix des médicaments va baisser.

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