Novo Nordisk investit un montant colossal dans une nouvelle usine

Basé à Odense, dans le sud-est du pays, ce site est la première usine ouverte au Danemark par Novo Nordisk depuis le début du XXIe siècle.
TOM ITTLE

Basé à Odense, dans le sud-est du pays, ce site est la première usine ouverte au Danemark par Novo Nordisk depuis le début du XXIe siècle.
TOM ITTLE
Novo Nordisk, fabricant des traitements contre le diabète nommé Ozempic et anti-obésité, le Wegovy, a annoncé ce lundi 16 décembre qu'il investit 8,5 milliards de couronnes (1,2 milliard de dollars) dans la construction d'une nouvelle usine au Danemark pour produire des médicaments contre les maladies rares. La nouvelle a été bien accueillie en Bourse, le titre gagnant 1,13% peu après 10h30.
Basé à Odense, dans le sud-est du Danemark, ce site s'étendra sur plus de 40.000 mètres carrés et devient la « première usine ouverte au Danemark par Novo Nordisk depuis le début du XXIe siècle », a déclaré l'entreprise dans un communiqué. Les travaux devraient s'achever en 2027 et 400 emplois sont prévus.
Plusieurs types de traitements seront fabriqués grâce à une usine flexible. Surtout, ce chantier d'envergure consolide la croissance fulgurante du laboratoire après avoir enregistré une hausse de 21% de son bénéfice net trimestriel, à 27,3 milliards de couronnes (3,94 milliards de dollars) au troisième trimestre, tout en déplorant les limites de capacité de ses sites de production.
Le laboratoire a véritablement le vent en poupe. Novo Nordisk a vu les ventes de son médicament anti-obésité, le Wegovy, augmenter de 42% depuis le début de l'année, après l'approbation de son traitement en Grande-Bretagne, au Danemark, en France, en Allemagne, en Norvège et aux États-Unis. Même succès pour son autre « best-seller », le médicament anti-diabète Ozempic, star des réseaux sociaux outre-Atlantique.
Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité industrielle.

Et la fièvre n'est pas près de baisser. Le président des Etats-Unis Joe Biden a déclaré fin novembre sa volonté de rembourser ces traitements, via les dispositifs Medicare (assurance santé des seniors) ou Medicaid (pour les plus défavorisés). Une mesure qui pourrait néanmoins être avortée avec l'arrivée de Donald Trump et de son ministre de la Santé, Robert F Kennedy Jr, hostile à ce dispositif.
Surtout, le traitement anti-obésité est autorisé en Chine depuis novembre. Ce pays au 1,4 milliard d'habitants souffre d'une montée de l'obésité. Près de la moitié des adultes du pays sont en surpoids ou obèses, selon une étude publiée par les médias d'État chinois l'année dernière. Dans une récente analyse, Goldman Sachs estimait ainsi que le marché des médicaments amaigrissants pourrait atteindre 100 milliards de dollars en 2030, avec près de 15 millions d'utilisateurs prévus d'ici à 2030. Un succès qui permet au laboratoire Novo Nordisk d'investir sereinement sur plusieurs aires thérapeutiques à fortes valeurs ajoutées, comme les traitements contre les traitements contre les maladies rares.
En France, les médicaments anti-obésité sont autorisés depuis octobre. Depuis début décembre, la Haute autorité de santé (HAS) a donné un avis favorable à son remboursement pour les adultes dont l'indice de masse corporelle (IMC) est supérieur à 35 et si un changement de régime n'a pas suffi. Le traitement, actuellement au prix de 9 à 12 euros par jour, serait alors remboursé à hauteur de 65%.
À lire également
Au total, entre 1 et 2,1 millions de patients pourraient être concernés par le remboursement de ce médicament sur le territoire national, estime la HAS. Novo Nordisk table sur une augmentation de 23% à 27% de son chiffre d'affaires pour l'ensemble de l'année, révisant ainsi légèrement ses prévisions antérieures de 22% à 28%.
(Avec AFP)