Pfizer va vendre à prix coûtant vaccins et médicaments à 45 pays pauvres

Le géant pharmaceutique américain s'est engagé mercredi, lors du Forum économique de Davos en Suisse, à vendre à prix coûtant à 45 pays pauvres certains de ses médicaments et vaccins. Ces traitements concernent des maladies infectieuses, certains cancers, des maladies rares et inflammatoires.

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Ce projet porte sur 23 traitements et vaccins brevetés contre des maladies infectieuses, certains cancers et des pathologies rares et inflammatoires.
Ce projet porte sur 23 traitements et vaccins brevetés contre des maladies infectieuses, certains cancers et des pathologies rares et inflammatoires. (Crédits : DADO RUVIC)

L'accès aux traitements innovants est un problème dans les pays les plus pauvres. Certains peuvent parfois devoir attendre quatre à sept ans de plus que le reste du monde pour obtenir ces médicaments, selon la Fondation Bill & Melinda Gates. Critiqué pour les modalités de distribution de son vaccin anti-COVID - certains pays pauvres ont dû attendre des mois après l'arrivée des premières doses dans les pays riches -, le géant pharmaceutique américain Pfizer s'est engagé mercredi, lors du Forum économique de Davos, à vendre à prix coûtant certains traitements et vaccins brevetés à 45 pays parmi les plus pauvres de la planète.

Lire aussi : Covid-19 : chaque jour, Pfizer, le leader des vaccins, a engrangé 60 millions de dollars de bénéfices en 2021

La vente à prix coûtant signifie que seuls les coûts de fabrication et les dépenses de transport seront facturés dans les pays concernés. Si un prix plus avantageux a été négocié par ailleurs dans le cadre des efforts d'équité dans la lutte contre la pandémie, c'est celui-ci qui s'appliquera, a précisé Pfizer.

« Avec tout ce que nous avons appris et accompli ces deux dernières années, il est maintenant temps de commencer à refermer davantage le fossé » séparant « ceux qui peuvent avoir accès à ces innovations et ceux qui ne le peuvent pas », a déclaré le PDG du géant pharmaceutique, Albert Bourla, au cours d'une conférence de presse présentant l'initiative mercredi, au Forum de Davos qui se tient actuellement en Suisse.

23 traitements et vaccins brevetés

 Le projet de Pfizer porte sur 23 traitements et vaccins brevetés en pleine propriété contre des maladies infectieuses, certains cancers et des pathologies rares et inflammatoires. La liste comprend tous ses médicaments brevetés, y compris le Paxlovid contre le COVID-19 et son traitement à succès contre le cancer du sein Ibrance. Elle inclut également le vaccin contre les infections à pneumocoques Prevenar 13, le traitement des rhumatismes inflammatoires Xeljanz et les traitements contre le cancer Xalkori et Inlyta. Le vaccin contre le COVID-19 développé avec BioNTech, figure aussi sur cette liste. Par ailleurs, si d'autres médicaments sont développés à l'avenir dans ces domaines, ils seront automatiquement inclus dans l'accord.

Pays à faibles revenus

Ce projet concerne l'essentiel des pays d'Afrique et une grande partie de l'Asie du Sud-Est. Pour le moment, cinq pays (Sénégal, Rwanda, Ghana, Malawi et Ouganda) ont rejoint cet accord intitulé « Accord pour un monde en meilleure santé ». A terme, il a vocation à s'appliquer à tous les pays à revenus faibles et à 18 pays à revenus faibles à intermédiaires, suivant la définition de la Banque mondiale.

« Cet engagement va accroître l'accès aux médicaments et vaccins brevetés de Pfizer disponibles aux Etats-Unis et dans l'Union européenne pour près de 1,2 milliard de personnes », a détaillé auprès de l'AFP Angela Hwang, responsable chez Pfizer.

Pfizer promet un accompagnement

Pfizer s'engage aussi à assurer une sorte de service après-vente. Le PDG de Pfizer, Albert Bourla, a précisé que l'accord annoncé tenait compte des modalités de distribution, notamment du manque d'infrastructures sanitaires entravant l'accès aux traitements dans certains pays. « Au lieu de nous laver les mains et de dire 'je vous donne le produit, faites-en ce que vous en voulez', nous disons 'nous allons vous donner les produits et nous allons nous asseoir à vos côtés pour voir comment nous pouvons vous aider à organiser un système permettant de les utiliser », a-t-il dit.

Présent à Davos, le président rwandais Paul Kagame a qualifié l'initiative de « pas important vers une sécurité sanitaire durable », ajoutant que « l'engagement de Pfizer établit une nouvelle norme que nous espérons voir imitée par d'autres ».

 (Avec Reuters et AFP)

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Commentaires 4
à écrit le 26/05/2022 à 9:26
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"nouvelle norme que nous espérons voir imitée par d'autres ». (Avec Reuters et AFP) puis le début revient : "L'accès aux traitements innovants est un problème dans les pays les plus pauvres. Certains" ... (Avec Reuters et AFP) le copier/collé...

à écrit le 26/05/2022 à 9:24
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A une époque j'avais lu que les labos vendaient à bas prix aux pays pauvres et dix fois le prix du produit (molécule active) aux pays riches, qui ont les moyens, par définition. Pour ça que le système de générique les dérange, le profit se réduisant ...

à écrit le 26/05/2022 à 1:24
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Si Pfizer souhaitait réellement favoriser l'accès aux médicaments, l'entreprise produirait localement pour favoriser l'emploi et le pouvoir d'achat des pauvres...

à écrit le 26/05/2022 à 1:22
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En d'autres termes c'est le délit de faciès pour les occidentaux sous la supervision de l'OMC...

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