Les salariés de deux usines avaient pu pousser un "ouf de soulagement" début mai, lorsque Sanofi avait annoncé conserver son activité de sous-traitance de principes actifs chimiques. Mais quelques jours plus tard, Sanofi a fait part de son intention de démolir un site de production de médicaments chimiques construit à Montpellier -qui n'a jamais servi-, dans le cadre de sa stratégie d'accélération dans les médicaments biologiques (médicaments issus de sources biologiques) et les vaccins. Cela pose la question de la place accordée par l'entreprise à l'activité chimique, en France notamment.
Interrogé sur l'avenir des neuf usines françaises (sur dix-huit au total, qui embauchent 12.000 salariés en France), consacrées aux petites molécules (médicaments conçus par les chimistes), Philippe Luscan s'est voulu rassurant, insistant sur leur importance dans la stratégie du groupe. "Sanofi promet un "avenir" à son activité chimie, malgré la priorité donnée aux biomédicaments. Aujourd'hui, 85% de la production française de médicaments du groupe sont exportés, dont une partie vers les pays émergents, une force de Sanofi, et une vers les Etats-Unis."
Autre facteur, justifiant l'importance des usines de chimie, selon le dirigeant: l'axe stratégique de la "santé grand public" de Sanofi -médicaments vendus sans prescription-. Celle-ci s'est accrue depuis l'acquisition des actifs de Boehringer Ingelheim.
Enfin, les usines de chimie vont produire de nouvelles petites molécules prochainement lancées sur les marchés, "dont le Sotagliflozin", un antidiabétique oral. Ce dernier est en phase III de développement clinique, dernier stade avant une commercialisation potentielle.
Néanmoins, la priorité pour Sanofi aujourd'hui est l'accroissement de ses capacités de production en biomédicaments. A l'avenir, "les deux tiers des investissements en production industrielle y seront dédiés".
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Sur les cinq dernières années, les investissements de Sanofi dans ses capacités de production ont atteint les 4,7 milliards d'euros dans le monde. Les deux tiers étaient déjà consacrés aux médicaments biologiques, et le reste, 1,4 milliard d'euros, était destiné à la production des petites molécules. Durant cette période, le groupe a investi plusieurs centaines de millions d'euros sur plusieurs sites en France, dont, 250 millions d'euros à Vitry-sur-Seine depuis 2010, 200 millions sur son site du Trait, 300 millions d'euros à Neuville-sur-Saône, pour y développer la production de médicaments biologiques.
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Si Sanofi investit massivement dans les biomédicaments, c'est parce qu'ils représentent une part de plus en plus importante de son chiffre d'affaires. Elle grimpe aujourd'hui à 45%, et, est amenée à croître avec la sortie de plusieurs blockbusters potentiels -médicaments générant un chiffre d'affaires supérieur à un milliard de dollars par an-. Parmi ceux-ci on retrouve le Dupilumab (traitement contre l'eczéma), qui pourrait générer jusqu'à 3 milliards de dollars chaque année, le Sarilumab ou encore le Dengvaxia (vaccin contre la dengue), lancés ces derniers mois. Désormais, environ 60% du pipeline (médicaments en phase d'essais cliniques) de Sanofi sont dédiés aux biomédicaments contre 43% en 2012. Sanofi prévoit de dépasser les 60% en 2020.
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