Suite au décès d'un patient, les essais cliniques des deux traitements phare de la biotech française ont été arrêtés. Cellectis devra montrer à l'Agence américaine des médicaments qu'elle a corrigé les défauts de ses traitements basés sur l’immunothérapie et l'ingénierie du génome pour pouvoir reprendre les essais.
La raison de ce coup d'arrêt est le décès du premier patient traité par la biotech dans le cadre d'un essai clinique pour une leucémie à cellules dendritiques plasmacytoïdes, "neuf jours après avoir reçu une dose d'UCART123", explique Cellectis dans un communiqué, mardi 5 septembre. La biotech utilise la méthode CAR-T. Elle consiste à modifier les lymphocytes T (des défenses immunitaires) d'un patient in vitro pour ensuite les réinjecter dans le corps du même ou d'un autre patient, afin de les aider à reconnaître l'antigène CD123 d'une tumeur pour l'attaquer. Le patient décédé a subi un "relargage de cytokine", une "complication immédiate avec l''administration d'anticorps anti-lymphocytes T," explique le laboratoire, avec des effets secondaires parfois graves, pouvant aller jusqu'à des œdèmes pulmonaires et des lésions organiques.
Cellectis peut se reprendre
Ce coup d'arrêt pour Cellectis n'est pas définitif. Pour reprendre les essais, la biotech française doit convaincre l'Agence américaine des médicaments que les corrections nécessaires ont été effectuées pour éviter un nouveau drame. Cellectis assure ainsi travailler "en étroite collaboration avec les investigateurs et la FDA afin de reprendre les essais en soumettant un protocole amendé, explorant des doses plus faibles de UCART123". Les essais thérapeutiques vont-ils reprendre rapidement ou reprendre tout court ?
Ces traitements basés sur l'immunothérapie et l'ingénierie du génome représentent une innovation importante avec des taux de rémissions impressionnants obtenus dans les essais cliniques. Mais les graves effets secondaires encore difficiles à contrôler montrent que la maturité de ce type de traitement est difficile à atteindre. Cela pousse de nombreux scientifiques à focaliser leur recherche sur des solutions pour réduire ces derniers.
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