Un diagnostic de la grippe en 20 minutes... c'est maintenant possible

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Virus de la grippe au microscope électronique.
Virus de la grippe au microscope électronique. (Crédits : © Ho New / Reuters)
Le groupe pharmaceutique suisse Roche testera cet hiver, au CHU de Grenoble, un appareil pour diagnostiquer la grippe qui affichera vingt minutes plus tard le résultat sur son écran.

Diagnostiquer la grippe en vingt minutes, ce sera possible cet hiver au CHU de Grenoble : les urgences adultes et pédiatriques utiliseront un nouveau dispositif, censé améliorer la prise en charge médicale comme l'organisation des services.

Dès l'accueil, un infirmier pourra décider de tester un patient afin de savoir s'il a contracté la grippe grâce à un prélèvement nasopharyngé de cellules et de sécrétions, analysé dans un petit laboratoire ambulant.

Tout un laboratoire dans un tube

Baptisé "cobas Liat" (Laboratory in a tube), cet appareil développé par le groupe pharmaceutique suisse Roche affichera vingt minutes plus tard le résultat sur son écran.

Automatisé, le test in vitro en temps réel nécessite un nombre minimal de manipulations et permet l'obtention rapide de résultats dans les situations d'urgence, avec un processus de travail simplifié.

"Avec les méthodes classiques de diagnostic, il peut s'écouler plusieurs heures avant que des résultats puissent être communiqués aux médecins. La rapidité et la simplicité du test en font un outil idéal pour des analyses prioritaires ou en dehors des horaires normaux, fournissant des résultats à l'endroit et au moment où on en a le plus besoin", explique la firme pharmaceutique dans une communiqué.

La grippe n'est pas le seul domaine dans lequel la pose d'un diagnostic précis en temps opportun est avantageuse pour la bonne prise en charge du patient. Le système proposé par Roche offre non seulement des réponses en temps réel aux patients et aux soignants, mais aussi toutes les garanties de la technologie PCR*, avec l'obtention de résultats en 20 minutes ou moins pour tous les tests du portefeuille : maladies respiratoires, maladies nosocomiales, etc.

Tout au long de l'année, aux urgences, "c'est tendu" et "cela explose avec l'épidémie de grippe", relève le médecin urgentiste Maxime Maignan qui estime nécessaire pour les CHU de trouver des "solutions innovantes". Testé pendant 11 jours en janvier dernier par le CHU de Grenoble, et installé pour cette saison hivernale, l'appareil permet, selon lui, de réduire d'une heure la durée moyenne d'un passage aux urgences et de diminuer le nombre d'examens.

Eviter les contaminations d'autres patients

La gravité de l'état du patient est évaluée plus rapidement, le traitement plus vite adapté, fluidifiant la prise en charge, ajoute le docteur Maignan. Avec un diagnostic classique de la grippe qui prend trois ou quatre heures, "le patient a le temps de contaminer tout le monde".

Pour le CHU de Grenoble, le surcoût par machine est évalué à 50.000 euros, chiffre l'urgentiste qui table sur une économie d'environ 100 euros par patient. L'économie réalisée sera visible "à long terme", dit-il. Le centre hospitalier prévoit entre 1.000 et 2.000 utilisations du dispositif cet hiver. Selon l'Assurance maladie, lors de l'hiver 2017-2018, l'épidémie de grippe avait occasionné près de 75.470 passages aux urgences sur l'ensemble du pays.

Selon Roche, ce procédé pourrait être utilisé à l'avenir pour détecter d'autres maladies, comme la coqueluche.

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* La PCR ou Polymérase Chain Reaction conduit à l'amplification in-vitro de plusieurs millions de fois une séquence spécifique d'acide nucléique qui peut être minoritaire voir très rare (10-2pg). Elle exploite le processus de la réplication et fait appel, pour cela, sur la capacité de l'ADN polymérase à synthétiser le brin complémentaire d'un ADN servant de matrice. Pour initier le processus, des amorces (ou primer) s'hybrident de part et d'autre de la séquence à amplifier. Cette configuration permet à l'ADN polymérase de répliquer les 2 monobrins dans le sens 5' vers 3' et ainsi aboutir à la synthèse de nouveaux ADN doubles brins.

(avec agences)

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Commentaires
a écrit le 15/11/2018 à 17:42 :
La généralisation de cette utilisation permettra sans doute de réaliser qu'il y a beaucoup moins de cas de vraie grippe qu'on ne veut le laisser penser.
a écrit le 14/11/2018 à 20:35 :
Encore une Fake News ?
a écrit le 14/11/2018 à 9:20 :
En 2016, je me suis retrouve contamine par le virus MERKS a Seoul.
Desagrements articulaires et fatigue intense. Apres prise de sang dans un hopital prive, 10 minutes + tard, j'etais diagnostique positif. La machine etait americaine. Rien de bien nouveau.
Réponse de le 14/11/2018 à 20:32 :
Pas de prise de sang
Réponse de le 14/11/2018 à 20:37 :
Mais il faudra du temps pour que la machine traverse l'AtlantiQue ?

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