Covid-19 : une onde de choc qui touche brutalement les groupes du CAC 40

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Total prévoit des économies sur les dépenses d'investissement de plus de 3 milliards de dollars.
Total prévoit des économies sur les dépenses d'investissement de plus de 3 milliards de dollars. (Crédits : Gonzalo Fuentes)
La crise sanitaire générée par le Coronavirus provoque une onde de choc violente, brutale et sans précédent dans les groupes du CAC40. Voici les principaux plans d'économies annoncés en urgence par les poids-lourds de l'économie française.

Article mis à jour mardi 24 mars à 9h50

Total, EDF, Airbus, Vinci, Saint-Gobain... et maintenant Bouygues. Plusieurs géants français, en particulier dans l'industrie, ont prévenu lundi qu'ils ne seraient pas en mesure de respecter leurs objectifs pour 2020 ou devraient réduire drastiquement leurs investissements face à la crise du coronavirus et ses conséquences. Voici les principaux plans d'économies annoncés en urgence par les poids-lourds de l'économie française. Une deuxième vague devrait suivre rapidement.

Total : Dans un contexte de prix du pétrole de l'ordre de 30 dollars par baril, le groupe pétrolier a annoncé un plan d'actions à mettre en œuvre immédiatement. Il prévoit des  économies sur les dépenses d'investissement (Capex) organiques de plus de 3 milliards de dollars, soit plus de 20%. Total veut réduire les investissements nets 2020 à moins de 15 milliards d'euros. Ces économies portent pour l'essentiel sur les Capex flexibles à cycle court qui peuvent être arbitrés contractuellement avec un délai très court. En outre, il prévoit des économies de 800 millions de dollars en 2020 sur les coûts opératoires par rapport à 2019 (au lieu des 300 millions de dollars annoncés précédemment). Enfin, il suspend le programme de rachat d'actions. Total, qui a déjà racheté pour 550 millions de dollars au cours des deux premiers mois de l'année, avait annoncé le rachat de 2 milliards de dollars en 2020 dans un environnement à 60 dollars par baril.

EDF : La suspension d'opérations de maintenance des installations de production due au confinement impose une remise à plat du programme d'arrêts de tranches, a annoncé l'électricien. En conséquence, "l'hypothèse de production nucléaire en France pour 2020 (375-390 TWh) est en cours de ré-examen et sera ajustée à la baisse", a-t-il précisé. L'objectif d'EBITDA fixé à 17,5-18 milliards d'euros pour 2020 est maintenu "à ce stade pour ce qui concerne le seuil bas de la fourchette". Il est susceptible d'être revu lorsque les prévisions de disponibilité ainsi que les évaluations des coûts associés auront pu être affinées. Par ailleurs, les impacts pour 2021 ne peuvent être précisés à ce stade.

Airbus : Pour lutter contre les effets économiques et financiers générés par le Covid-19, l'avionneur européen compte obtenir une nouvelle facilité de crédit de 15 milliards d'euros en plus de la facilité de crédit renouvelable existante. Il a annulé sa proposition de dividende 2019 de 1,80 euro par action, soit environ 1,4 milliard d'euros. Enfin, il a suspendu le financement volontaire des retraites complémentaires. En raison de la visibilité limitée due à l'évolution constante de la situation, les prévisions 2020 sont annulées. "Divers scénarios opérationnels, y compris des mesures visant à réduire les besoins de trésorerie, ont été identifiés et seront activés en fonction du développement de la pandémie", a expliqué le constructeur toulousain.

Bouygues : Les perspectives du groupe présentées le 20 février seront affectées par l'impact que l'épidémie de Covid‐ϣϫ aura sur les métiers du Groupe. Cet impact, "qu'il n'est pas possible de quantifier à ce jour, dépendra de multiples facteurs, et notamment pour tous les métiers du groupe, de l'étendue et la durée de l'épidémie, des mesures de prévention et d'accompagnement décidées par les gouvernements des pays concernés, des conditions d'éligibilité des collaborateurs au chômage partiel", a expliqué Bouygues dans un communiqué publié mardi. En raison de ces incertitudes pesant en particulier sur les activités de construction et audiovisuelles, le groupe "suspend ses objectifs ainsi que ceux de ses activités jusqu'à ce que la situation se clarifie", a précisé le géant de BTP.

Vinci : Le géant français du BTP s'attend à devoir faire face à "une baisse prononcée mais limitée dans le temps de son chiffre d'affaires". Il met en œuvre dans ses différents pôles de métiers les mesures permettant "d'ajuster les dépenses et de revoir le phasage des investissements". Selon le groupe, il apparaît que l'objectif, annoncé en février dernier, d'une progression du chiffre d'affaires et du résultat pour 2020 ne pourra pas être tenu. Pour autant, Vinci entend être en position de rebondir rapidement, tant dans les métiers du Contracting (BTP) que dans les concessions, dès que la crise sanitaire aura été maîtrisée.

ArcelorMittal : Le géant de l'acier a pris des mesures pour réduire la production de ses opérations européennes afin "d'assurer le bien-être de ses employés" et que la production soit alignée sur la demande, a-t-il indiqué jeudi dernier.

Saint-Gobain : S'agissant de l'activité économique, le spécialiste des matériaux de construction tente de s'adapter "rapidement à l'évolution de la demande, en visant la continuité de son exploitation" liée à la situation sanitaire et aux décisions gouvernementales de chaque pays. Dans le même temps, Saint-Gobain réduit les coûts (réduction d'équipes, chômage partiel ou arrêts) et prend toutes les initiatives nécessaires pour limiter le plus possible les effets de la pandémie sur son résultat d'exploitation et sa trésorerie. Le groupe prévoit une baisse des investissements industriels en 2020 par rapport à 2019 : elle va s'élever "très significativement au-delà des 200 millions d'euros de réduction initialement annoncés, en reportant tous les projets possibles prévus pour les prochains mois". Le groupe adapte en outre la structure de ses coûts et reporte des dépenses, en utilisant les mesures locales appropriées, notamment en matière d'emploi et de chômage partiel. Enfin, Saint-Gobain surveille de façon stricte l'évolution du besoin en fonds de roulement.

Safran : Le 12 mars dernier, l'équipementier aéronautique et de défende a annoncé devoir augmenter le montant de son programme d'économies annoncé en février en raison de l'aggravation de l'épidémie de coronavirus. Pour atteindre ses prévisions, le groupe avait annoncé en le mois dernier qu'il réaliserait 300 millions d'euros d'économies afin de faire face aux difficultés liées à l'immobilisation du Boeing 737 MAX et aux conséquences de l'épidémie sur ses activités en Chine.

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Commentaires
a écrit le 24/03/2020 à 8:23 :
Oui la crise du coronavirus impacte totalement les grandes entreprises françaises et européennes. C'est un cataclysme : un tsunami economique. Comme un virus de quelques nanomètres peut-il impacter autant le système economique français, européenne et mondial. Celà parait complètement fou et irréaliste mais pourtant c'est la réalité toute crue. Donc nous devons combattre sanitairement le virus et nous confiner. Je pense aux entreprises françaises qui sont impactées par le virus et par la forme de récession economique qu'il engendre à son passage. Oui une crise economique de plus , pire qu'en 2008 avec les subprimes. Nous n'avons pas d'autrechoix que de nous confiner pour nous retrouver plus tard, bien plus tard pour une vie "normale". Oui cette crise devra nous apprendre à revoir les règles de la mondialisation et penser le monde economique et notre rapport à la terre, à ce qu'elle apporte autrement. C'est une etape majeure pour le XXIeme siècle. Donc oui penser aux entreprises de toute taille qui souffre de la crise du COVID19.
a écrit le 23/03/2020 à 21:21 :
On en a rien à faire du cac40 qu'on les assèches comme les banquiers et trader qu'on foutra en taule !!! Comme en islande retour à la vrai démocratie du peuple (virer les bandits LREM ) et les autres !!!! retour vers la vrai valeur la valeur du travaille refaisont une économie du travaille et non de la spéculation abolissons l'euro rétablir la monnaie unique pour tout les pays devalué celle ci pour evitez l'effondrement economique
Réponse de le 23/03/2020 à 22:29 :
Pourquoi feriez vous plus peuple que d'autres? En fonction de quelles compétences? de quelles qualités? Retour à la vraie démocratie dites vous. Pourquoi est-ce que celle qui donne un bulletin de vote à chaque citoyen serait une fausse démocratie ? Les pays qui se réclament de la démocratie du peuple sont l'ancienne URSS, la Corée du nord, le Venezuela, Cuba. Jolie brochette de modèle !!!
a écrit le 23/03/2020 à 17:47 :
Lorsque l'épisode coronavirus sera terminé, on se rendra compte que le confinemement strict aura eu des effets largement autant désastreux que les problème sanitaires qu'il a créé. Faillite de milliers d'entreprises, millions de chômeurs, des populations stressées, dépressives.
Plus le temps passe, plus les problémes s'accumulent et les perspectives s'éloigner. Les Anglais ont fait machine arrière ...mais n'avaient-ils pas au fond raison ?
Réponse de le 23/03/2020 à 19:50 :
oui et d'autant plus que l'on en parle jamais et c'est bien porutant le plus grave !!!
Réponse de le 24/03/2020 à 10:57 :
GB et NL pour la sélection naturelle de ceux qui vont s'auto-vacciner par contact et ceux qui disparaitront (le groupe sanguin O semble avoir 33% de risque en moins avec covid-19 mais pas 100%, ça serait trop beau), mais quel taux est admissible ? 2%, 10, 40% de la population ? On ne le connait pas bien ce virus "astucieux"(malin, vicieux dirait-on) d'après les biologistes, 40% de perte ça serait "le prix de la guerre" ?
a écrit le 23/03/2020 à 15:53 :
Qu'attendent donc les responsables des pays du G20 pour se concerter et réaliser un gel pour un mois de l'ensemble des places boursières ?
Réponse de le 23/03/2020 à 20:52 :
Qui croyez vous qui décide? Les patrons ont tous vu le pb arriver et on vendus leurs actions à prix d'or... Demain quand la crise sera finie ils les rachèteront beaucoup moins cher et ils les véront remonter à grande vitesse... Pour quelle raison voulez vous que nos patrons et financiers la ferme et perde de l'argent demain... Ils payent plus les salaires, les commandes sont figées et ils gagnent encore plus d'"argent qu'avant la crise...
a écrit le 23/03/2020 à 13:35 :
A noter que certains PDG renoncent à leur rémunération; on ne voit pas ça dans le monde politique. Il est vrai que engager sa responsabilité avec le 49-3 est purement symbolique (je ne parle pas du ministère actuel, dont nous ne verrons pas les résultats de sa politique en manière de retraite avant un incertain temps).
Réponse de le 23/03/2020 à 20:57 :
Vous en faite pas ça politique des retraites et les effets vous allez vite vous en rendre compte... Déjà avec celles de Sarkozy puis de Hollande, a travail identique nos grands parents avaient 2600€ ou plus de retraite nos parent 1800€ et nous pas encore on aura difficilement 1200€...
a écrit le 23/03/2020 à 12:03 :
Un seul parle de ne pas verser les dividendes aux actionnaires, un.
Le reste sera de la démolition d’emploi et de la restriction budgétaire.

Magique virus !
Tu es responsable (mais pas coupable ?) de bien des maux...
a écrit le 23/03/2020 à 12:02 :
Les dragons célestes s'en fichent ils ont leur grisbi bien à l'abri, là ce sont leurs outils de production et donc le travail qui est fortement impacté en premier, ils s'en tapent donc; le travail d'une part ils n'aiment pas ça et par ailleurs il feront payer leurs pertes par l'ensemble des citoyens du monde via les États collecteurs d'argent public pour eux-mêmes comme d'habitude.

Fiction vraiment ? Ce petit virus est en train de mettre en perspective bien des raisonnements incohérents de nos dirigeants...

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