Coronavirus : les usines d'Airbus redémarrent en France et en Espagne (progressivement)

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(Crédits : Joseph Campbell)
Après quatre jours de suspension le temps de mettre en conformité les postes de travail avec les nouvelles mesures de santé et de sécurité en matière d'hygiène, mais aussi de nettoyage et d'auto-distanciation, la production d'Airbus en France et en Espagne redémarre comme prévu ce lundi de manière progressive. Par ailleurs, Airbus a annoncé une série de mesures pour renforcer ses liquidités. Le groupe dispose de 30 milliards d'euros de liquidités.

Après quatre jours de suspension le temps de mettre en conformité les postes de travail avec les nouvelles mesures de santé et de sécurité en matière d'hygiène, mais aussi de nettoyage et d'auto-distanciation, la production d'Airbus en France et en Espagne redémarre comme prévu ce lundi, de manière partielle.

"Airbus a effectué avec le soutien de ses partenaires sociaux d'importants travaux visant à garantir la santé et la sécurité de ses employés, tout en assurant la continuité de ses activités", a indiqué le directeur général d'Airbus, Guillaume Faury, lors d'une conférence téléphonique.

Ne seront ouverts que les postes de travail en totale conformité avec les nouvelles exigences précise Airbus.

"Si un poste de travail n'est pas conforme, il n'ouvrira pas", a indiqué Guillaume Faury.

Des salariés ont été contaminés par le coronavirus, notamment à Toulouse.

L'usine chinoise complètement opérationnelle

Airbus emploie 48.000 salariés en France et 2.700 personnes en Espagne.

"Des mesures similaires sont appliquées à tous les autres sites du groupe dans le monde (Royaume-Uni, Allemagne, Etats-Unis) sans interruption totale des activités", a poursuivi l'avionneur.

Après avoir été suspendue, la chaîne d'assemblage final de Tianjin en Chine a repris ses activités en février et est "désormais parfaitement opérationnelle".

La semaine dernière, les syndicats français demandaient de suspendre  complètement la production.

"C'est une reprise très partielle de 5 à 10% des salariés, uniquement avec des volontaires", a indiqué à l'AFP Jean-François Knepper, dirigeant de FO, premier syndicat au sein du groupe. "On n'a pas eu le choix, la direction a décidé de reprendre, on a essayé d'encadrer tout ça le mieux possible. On aurait préféré un confinement total", a-t-il ajouté.

Pour la chaîne de fournisseurs, cette reprise d'activité est en revanche un signal fort.

"Le redémarrage du système va sécuriser la production à moyen terme. L'aéronautique est une industrie complexe. On ne peut pas l'arrêter comme ça et la refaire repartir en appuyant sur un bouton", indique-t-on en interne chez Airbus.

Guillaume Faury n'a pas souhaité donner d'objectifs de production. L'objectif de cette reprise d'activité est en effet de stabiliser ce système de production adapté.

"On veut reprendre l'activité pour soutenir les efforts de crise, les clients, les fournisseurs et la reprise de l'économie mondiale quand elle reviendra", a-t-il déclaré. Et d'ajouter : "le point aujourd'hui n'est pas le niveau ou le rythme de production, mais d'apprendre à travailler dans un nouvel environnement. Nous n'avons pas défini d'objectifs".

Report et annulations de commandes

Il n'empêche, si des compagnies prennent encore livraison des avions qui viennent d'être construits, les demandes de reports de livraisons, voire d'annulations de commandes se multiplient. Surtout sur les gros-porteurs. Si pendant la crise de 2008-2009, Airbus avait pu remplacer les livraisons reportées par certaines compagnies en anticipant celles des compagnies (se situant dans des zones moins touchées par la crise) qui souhaitaient au contraire recevoir leurs avions plus tôt, l'avionneur doit aujourd'hui faire face à des clients touchés durement à l'échelle de la planète. De fortes baisses de cadences de production sont ainsi attendues par les experts au deuxième semestre sur les avions long-courriers. Sur les avions court et moyen-courriers, les prévisions de livraisons seront forcément réduites et toucheront également 2021 estiment certains d'entre eux. Pour autant, Airbus a fait du "surbooking" sur les créneaux de livraisons des A320 et A321 et ce procédé peut lui permettre d'absorber en partie le choc en 2020 et 2021.

"Si on regarde les crises passées, il y a eu une reprise quelques mois après et la croissance a continué. Mais je ne suis pas sûr que l'on peut dire que cette crise est comme les autres. Nous discutions avec toutes les compagnies, nous regardons la situation cas par cas, et nous partageons nos points de vue pour établir des scénarios pour le reste de l'année et pour l'année suivante. Nous nous adapterons dès que nous aurons une meilleure visibilité. C'est important de regarder la situation en Chine. Le trafic a chuté très fortement et rapidement, et commence à reprendre", a-t-il indiqué.

Après avoir dégringolé de 85%, le trafic aérien chinois a repris et affiche une baisse de 70% par rapport à son niveau d'avant-crise.

Face à ces incertitudes, Airbus a suspendu ses prévisions financières.

Trente milliards d'euros de liquidités

Pour naviguer dans cette crise, l'avionneur européen a annoncé lundi une série de mesures pour renforcer ses liquidités et son bilan : une nouvelle facilité de crédit de 15 milliards d'euros en plus de la facilité de crédit renouvelable existante ; le retrait de la proposition de dividende 2019 de 1,80 euro par action soit une valeur totale d'environ 1,4 milliard d'euros ; et la suspension du financement volontaire des retraites complémentaires.

"Grâce à ces décisions, l'entreprise dispose de liquidités suffisantes pour faire face aux besoins de trésorerie supplémentaires liés au Covid-19", a déclaré Airbus, qui indique disposer d'environ 30 milliards d'euros de liquidités.

Appel aux gouvernements de supporter les compagnies et les fournisseurs

Avec ces mesures, Guillaume Faury ne demande pas d'aides directes aux Etats mais appelle les  gouvernements à soutenir fortement "tout l'écosystème", les compagnies aériennes en priorité, mais aussi la chaîne des fournisseurs.

Don de masques

Par ailleurs, Airbus a "fait don de plusieurs milliers de masques aux hôpitaux et aux services publics européens et a commencé à utiliser ses avions test pour acheminer de plus grandes quantités de Chine", selon la même source.

"En outre, un A330-800 d'essai a transporté ce week-end environ 2 millions de masques médicaux de Tianjin vers l'Europe dont une large majorité sera donnée aux gouvernements espagnols et français", a-t-il précisé, ajoutant que "d'autres vols sont prévus dans les prochains jours".

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Commentaires
a écrit le 23/03/2020 à 23:03 :
Les dirigeants d'Airbus sont des irresponsables, et osent se "verdir" avec un don de masques !

Le cours de bourse d'Airbus a perdu 13.77 % ce lundi : ce n'est sans doute pas lié à leurs décisions scandaleusement inciviques, mais c'est mérité !
a écrit le 23/03/2020 à 15:02 :
Juste un peu de bon sens,

il faut faire une pause de production industrielle

si les risques existent sur la plage et dans les bois, les parcs plein air, pour des promeneurs seuls avec personne autour d'eux à plus 15 / 20 mètres

ALORS INCONTESTABLEMENT
il est impossible de protéger les salariés dans les entreprises sur leurs postes de travail

de même dans les locaux sanitaires et les locaux sociaux

il est impossible de protéger les salariés durant leurs déplacements pour aller revenir du travail

la décision énergique, c'est de boucler les usines ... point barre
a écrit le 23/03/2020 à 12:24 :
Si un poste de travail n'est pas conforme, il n'ouvrira pas", a indiqué Guillaume Faury....

donc les 50 prochains airbus sortant des chaines n´auront qu´une aile et un moteur du coté gauche et pas de trains d´atterissage car les postes de travail du coté droit ne sont pas conforme... est ce bien raisonnable...
a écrit le 23/03/2020 à 11:51 :
Espérons que tt l'ensemble des industries mécaniques, automobile, ferroviaire, naval suivent la même démarche, en étroite concertation avec les organisations syndicales et CHSCT avec tte latitude pour ces dernières de faire valoir le droit de retrait généralisé en cas de désaccord ou d'insuffisances caractérisées sur la santé des personnels.
a écrit le 23/03/2020 à 11:18 :
Bravo Airbus. Bien qu’il faille être très prudent pour ne pas aggraver l’épidémie, il est bon de se battre aussi pour maintenir l’activité et ne pas se laisser écraser par le virus. La guerre, c’est aussi ça.
Réponse de le 23/03/2020 à 13:13 :
On a le droit de trouver ça stupide ? en quoi la construction d'avion est vitale (vitale au sens médical du terme, pas économique) ?
C'est parfait pour créer de nouvelles façons de diffuser le virus.
On devrait se battre pour sauver des vies. Et ensuite pour relever l'économie.
a écrit le 23/03/2020 à 8:30 :
les usines d'Airbus redémarrent en France et en Espagne (progressivement)

c'est une décision contraire, de violation du confinement.

il serait plus intelligent de mettre tout à l'arrêt pendant 15jours à 1 mois.
Réponse de le 23/03/2020 à 11:43 :
Ok!! Et après vous viendrez pleurer parce qu'on vous augmente taxes, cotisations, impôts ou baisse de primes, retraite...car il va bien falloir régler une note sacrément salée sur celles et ceux qui peuvent et donc doivent casquer, càd la bonne classe moyenne essorable et corvéable à merci.
Tt ça, ce st des choix d'entreprise en concertation avec des partenaires sociaux particulièrement vigilants et avertis.
Pour une fois, sachons faire confiance à une base qui est elle, plus prêt du terrain...
Réponse de le 23/03/2020 à 12:39 :
"Tt ça, ce st des choix d'entreprise en concertation avec des partenaires sociaux particulièrement vigilants et avertis." Ah bon, vous êtes chez Airbus pour en discuter?.... C'est du grand délire, à quoi cela sert-il de mettre en danger la vie des compagnons alors que ce ne sont pas des activités essentielles. Produire des avions en ce moment a quel intérêt sur la nation et sur son économie? Il y a quelqu'un pour les acheter ou même en prendre livraison? Si à la place on pouvait produire du matériel hospitalier ce serait utile au moins.
Réponse de le 23/03/2020 à 13:19 :
100 % d'accord avec Fred06. Il faut mettre l'humain avant tout. Surtout qu'Airbus aura bientôt à gérer les annulations de commande, vire faillite de ses clients.
Si les gens ont un minimum d'intelligence, j'ose espérer que le trafic aérien ne retrouvera pas son niveau d'avant la crise.
Il va falloir se battre pour relever l'économie après.
Maintenant, il faut sauver des vies. Seules les industries nécessaires devraient continuer.
Réponse de le 23/03/2020 à 15:09 :
Ce n'est pas la classe moyenne qui fabrique les Airbus.
La classe moyenne elle est à la maison, en télétravail.
Les cols bleus, eux, vont devoir aller bosser dans une boite bien incapable de garantir quoi que ce soit en terme de sécurité sanitaire!
Qui va gérer leurs gosses à ces ouvriers? Pas d'école avant le 4 Mai!
Ah oui, Airbus va leur imposer un arrêt de travail: comme ça c'est l'état qui prend le relai!
C'est bon pour le business ça et pour le cours de l'action! (Qui perd 12% ce matin à l'ouverture!)
Ah mais c'est tellement facile de raconter n'importe quoi!
Obliger les ouvriers à reprendre le boulot dans ces conditions c'est criminel, demander aux cols blanc de faire de même par solidarité c'est encore pire, les syndicats, qui sont impliqués dans cette mascarade, devront répondre de leurs actes une fois la crise passée, parce qu'elle passera forcement un jour:
"Too big to fail".
Il faudra un vrai patron à Airbus pour sortir de cette crise, ça c'est certain.
Crier au loup après 4 jours de fermeture me semble plus qu'inquiétant.
Réponse de le 23/03/2020 à 17:40 :
"les syndicats, qui sont impliqués dans cette mascarade, devront répondre de leurs actes une fois la crise passée, parce qu'elle passera forcement un jour:"
Avant de dire n'importe quoi, avez vous un syndicat chez Airbus appelant à reprendre le travail?
Réponse de le 23/03/2020 à 18:54 :
Avant d'avoir un avis sur tout, faites votre confinement et laisser ceux qui n'y sont pas tenus faire leur travail. Il y a les commentateurs et ceux qui sont dans l'action.
On serait bien dans la m... si tout s'arrêter, réfléchissez un peu. Tout est interconnecté. Les avions, les helico de secours tournent avec des pièces qui faut savoir réparer voir changer rapidement, si rien ne tourne le système se grippe. Lisez de la litérature ça cous convient mieux.
Réponse de le 24/03/2020 à 0:48 :
En réponse à "@L81"
Seule la CGT s'est fermement opposée à la reprise pour des raisons évidentes de confinement qui ne semblent pas s'appliquer aux personnels concernés.
Une autre question?

Réponse à "Nicolas"
Pour ce qui est de la maintenance et des pièces détachées, les MROs s'en charge.
Il n'est nullement question de ce type d'activités sur les sites concernés qui plus est.
Mais vous avez probablement raison, je connais sans doute mal Airbus ... Je vais "retourner lire de la littérature"(sic).
Attendons qu'une équipe bleue ou rouge soit touchée!
Si cette affaire tourne mal on saura vers qui se tourner.

Aucun de vous ne répond sur le fond.
Vous n'avez aucun argument, rien qui ne puisse justifier une reprise de l'activité avant la fin de la deuxième semaine de confinement.
Quid de Renault? Peugeot? Non, là on ne dit rien... on ne sait pas...
Vous n'y connaissez rien en réalité et vous vous posez en donneur de leçon!
Aussi paumés que le gouvernement qui demande tout et son contraire!
Réponse de le 24/03/2020 à 10:18 :
@L81. Que la CGT s'oppose à une reprise du travail n'est pas en soi surprenant, par contre auriez vous une directive à exhiber venue d'un syndicat majoritaire demandant à reprendre le travail? La position défendue est plutôt de minimiser les personnels sur site. Ce n'est nullement un quitus à la direction.
@Nicolas Et oui, la situation est inquiétante et les futures vacances de monsieur à l'autre bout de planète pourraient être perturbées, si ce n'est compromises. Quelle peine! Au lieu de contempler votre nombril, justement lisez un peu de littérature peut-être cela vous éclairera t'il sur des notions comme l'empathie, l'humanité, voire la raison.
Au fait, vous choisissez quelle couleur pour venir, bleue ou rouge?
Réponse de le 25/03/2020 à 8:20 :
Renault et Peugeot on déjà du mal à vendre leurs voitures, alors un arrêt d’ 1 mois permet de résorber les stocks qui sont achetés par des particuliers qui ne peuvent pas sortir. Alors que des avions , eux sont commandés par des gd groupes internationaux avec des pénalités de livraison. Ce n’est pas comparable, et l’industrIe aéro en France compte pour un gros pourcentage dans le PIB et les exportations. La stopper est un drame économique pour la F. Enfin, mieux vaut tourner au ralenti(20-50%), que d’arrêter complètement les chaînes, pour être prêt à repartir à la fin du confinement en mai -juin.

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