Durban : un accord a minima a été trouvé sur le climat

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La Tribune Infographie
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Les négociations ont abouti à une feuille de route en vue d'un accord en 2015, mais aucun objectif de limitation d'émissions de CO2 n'a été revu.

La catastrophe a été évitée de justesse. À Durban, après des négociations marathons qui ont dépassé de 36 heures l'heure de clôture prévue, un accord a finalement été trouvé. La conférence des Nations unies sur le climat se déroulait en Afrique du Sud depuis une quinzaine de jours. L'enjeu était de taille. Il fallait réussir à statuer sur les moyens à mettre en oeuvre pour lutter contre le réchauffement climatique. Ce avec quelque 194 pays autour de la table. Résultat : les négociations ont finalement débouché, dimanche au petit matin, sur une feuille de route vers un accord en 2015 englobant tous les pays.

Cet accord apporte une suite au protocole de Kyoto - qui impose aux pays industrialisés, à l'exception des États-Unis qui ne l'ont pas ratifié, de réduire leurs émissions de six substances responsables du réchauffement, dont le CO2? après 2012 et permet d'éviter un nouvel échec. L'heure était donc au soulagement pour les représentants des différents États.

Mais si la conférence de Durban a permis de ne pas faire marche arrière, les avancées sont minimes. Car l'accord trouvé dans la nuit de samedi à dimanche ne s'accompagne d'aucune révision des promesses des pays pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. En l'état actuel des choses, les limites que se sont imposés les différents pays sont insuffisantes pour limiter le réchauffement à 2°C, ce qui correspond à l'objectif affiché par la communauté internationale.

Autosatisfaction européenne

L'Union européenne (UE) avait pourtant usé de tout ce qui était en son pouvoir pour obtenir un accord juridique contraignant, mais devra se contenter d'un texte qui, s'il laisse en suspens la question d'un futur pacte climatique, ne ferme pas non plus la porte. L'UE a tout de même salué dimanche la « percée historique » réalisée à Durban. « La stratégie de l'UE a fonctionné », s'est félicitée Connie Hedegaard, la commissaire européenne en charge du climat à la présence marquée tout le long de la conférence de Durban.

Au ministère des Affaires étrangères français, on est satisfait de ce « compromis important qui préserve nos ambitions d'un accord global et efficace contre le réchauffement climatique », qualifiant la conférence de Durban sur le climat comme étant « un succès garantissant l'avenir du protocole de Kyoto ».

Du côté des États-Unis, pourtant pointés du doigt pour leur responsabilité dans l'échec des négociations en ce sens qu'elles n'ont pas abouti à l'établissement de nouveaux objectifs (cf article ci-dessous), on se félicite de l'étendue nouvelle d'un tel accord. « C'est la première fois que l'on va voir des pays en développement accepter d'être tenus par un accord légal » sur le climat, a souligné Todd Stern. Le représentant américain pour le climat, a ainsi estimé que « l'affaire [s'était] plutôt bien terminée ».

Pour les pays en développement, qui jugent que ce sont les pays du Nord qui portent une responsabilité « historique » dans la quantité excessive de CO2 qui règne dans l'atmosphère, la prolongation du protocole de Kyoto est également une bonne chose. D'autant que la conférence de Durban aura également permis d'adopter un mécanisme destiné à aider financièrement les pays en développement à faire face au changement climatique : le mécanisme de fonctionnement du Fonds vert.

Mais alors que l'objectif de Copenhague, deux ans auparavant, était d'abonder un fonds de 100 milliards de dollars par an à compter de 2020, la question centrale de la dotation de ce fonds reste sans réponse. Rendez-vous est d'ores et déjà pris pour la prochaine réunion diplomatique sur le climat, au Qatar, champion du monde d'émission de CO2 par habitant.

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a écrit le 12/12/2011 à 8:48 :
De l'impuissance et du bla bla bla. On ferait mieux dès maintenant d'organiser les populations pour ce qui va se produire inévitablement.
Réponse de le 12/12/2011 à 12:08 :
Ce que l'on ne vous dit pas c'est qu'en 2024, si l'accroissement de la consommation d'énergie se poursuit au même rythme qu'en 2011 ou 2010, l'émission de CO2 de l'année 2024 sera le double de celle de 2010 et sera supérieure à l'émission totale de CO2 depuis l'existence de l'humanité. FL/Ing.

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